Sergueï Choïgou: une figure mystique dans la politique russe

08-10-2019 mondialisation.ca 6 min #162670

La Russie est qualifiée d'un pays le plus sombre, le plus sinistre et en plus, d'une source de tous les maux. Mais il est mal connu que le numéro deux au sein de l'élite politique russe est né dans la région asiatique du pays, où les rituels chamaniques sont toujours pratiqués.

Alors que la Varsovie commémorait 80 ans du début de la Seconde Guerre mondiale, le chef du Kremlin, Vladimir Poutine, s'est rendu en Mongolie au lieu de participer à ces événements mémorables qui embrument toujours les relations entre la Pologne et la Russie. A la veille de cette visite du président russe, les journaux locaux ont consacré une large part de leur contenu au week-end déjà devenu traditionnel que Poutine et le ministre de la Défense, Sergueï Choïgou, passent dans la taïga sibérienne.

Il est à noter que Choïgou est originaire de la République de Touva, une petite région russe à la frontière avec la Mongolie et la Chine, qui a longtemps fait l'objet de revendications de la Chine et qui est devenue l'une des dernières acquisitions territoriales de la Russie en Asie. Touva ne rejoigne officiellement l'URSS qu'en 1944.

Il faut dire que dans le coin, le bouddhisme se combine avec d'autres croyances traditionnelle comme le chamanisme. A proximité de cette région, il existe le site d'une puissante explosion, connue sous le nom « météorite de Toungouska » qui reste toujours un mystère non seulement pour les scientifiques, mais aussi pour les chamans.

Bien que Sergueï Choïgou se considère comme un chrétien orthodoxe et fait son signe de croix avant d'assister au défilé militaire sur la place Rouge, la plupart de ses activités soulignent son lien particulier avec les pratiques occultes des chamanes d'Altaï. L'ancien président du parlement de Touva Kaadyr-ool Bicheldey dit que Choïgou lui rappelle l'image du général de Gengis Khan, Subötaï, dont l'armée a remporté de nombreuses victoires en Europe et en Asie centrale.

En Mongolie, en Russie, et particulièrement à Touva, on dit que depuis l'enfance, Choïgou possède la connaissance secrète des chamanes, qui l'a aidé à devenir l'allié le plus proche et le confident des présidents russes.

En effet, Choïgou est une figure assez paradoxale, qui a gardé son rang ministériel sans discontinuer depuis 1990. Proche du premier président russe, fondateur du parti Russie unie, Boris Eltsine, il est resté depuis longtemps l'homme d'État le plus populaire après Poutine. Maintenant Choïgou a l'honneur d'accompagner le président russe pendant quelques jours, loin de la civilisation, dans les montagnes pittoresques de l'Altaï.

A vrai dire, Choïgou a gagné la confiance et la popularité lorsqu'il dirigeait le Ministère des Situations d'urgence russe de 1991 à 2012. Il a aidé les victimes de diverses catastrophes ou des attentats. Il est évident que ce sont les situations où le chamanisme ne pouvait pas aider. Mais une série d'événements terribles, qui se sont succédés en Russie, a fait développer l'habitude du ministre de prévoir de mauvaises nouvelles. Depuis 2012 il dirige le ministère de la Défense russe. Quelles sont les innovations introduites par un adepte possible des cultes bouddhistes mystérieux ?

Après sa nomination, les médias russes ont commencé à publier des articles, dont ils s'agissaient de la parapsychologie dans l'armée, par exemple de l'unité militaire № 10003, se référant à son ancien chef lieutenant-général Alexeï Savine.

Le magazine « Armeisky Sbornik », une revue officiel du ministère de la Défense russe, a publié un article « Un Super-soldat pour les guerres du futur ». Le colonel Nikolai Poroskov, l'auteur du texte, affirme que l'armée russe possède des méthodes de la parapsychologie, capables de « pénétrer dans les pensées de l'ennemi et pirater des programmes informatiques ». En même temps, l'Occident a commencé à s'inquiéter de l'existence des hackers militaires russes.

En outre, selon les médias, depuis l'arrivée de Sergueï Choïgou, Moscou a repris des recherches du développement d'armes basées sur de nouveaux principes physiques. Bien que ces recherches soient très confidentielles, Poutine fait comprendre aux États-Unis et l'OTAN que la mise au point d'armes est une haute priorité de la Russie.

Le système de défense antiaérienne russe attire une grande attention. Il n'est pas exclu que la Russie a réussi à déployer des systèmes antimissiles S-200 et S-300, sous prétexte de défendre la sécurité les alliés contre des missiles américains.

Selon les informations disponibles, ces systèmes ont provoqué des problèmes avec GPS dans la péninsule Arabique. Choïgou les aurait déjà installés en Crimée, en Syrie, en Turquie, en Iran, en Inde, en Chine, au Venezuela et à Cuba. La supériorité des Russes dans le domaine de la guerre électronique en Syrie et dans d'autres régions du monde fait s'inquiéter L'OTAN. Le lieutenant-général Ben Hodges, commandant des troupes américaines en Europe, a dit que les avancées de la Russie dans la guerre électronique en Syrie sont « incroyables ».

Plus tard, on a parlé du soi-disant « Dôme de puissance de Choïgou ». En Russie orthodoxe, cette expression symbolise l'Intercession de la Mère de Dieu, qui avait protégé des peuples croyants à Constantinople il y a plus de 1000 ans. Elle est aussi associé aux pratiques bouddhistes.

La présence du porteur d'une culture orientale dans l'entourage de Poutine souligne l'alliance puissante russo-chinoise, dont les États-Unis ont peur. En effet, Choïgou symbolise l'union de l'église orthodoxe russe et des traditions orientales, de Shambala, que les membres de « l'Annenerbe » cherchaient pour gagner la confrontation d'Hitler avec l'Occident. L'histoire tourne-t-elle en rond et qu'est-ce qu'attend-il le monde si cette union se constitue ?

Christine Benoît

Source de la photo en vedette représentant Sergueï Choïgou :  Flickr.com

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