Réaction à la résolution adoptée par le Parlement européen sur l'importance de la liberté d'expression

08-10-2019 les-crises.fr 5 min #162692

Ce billet fait suite à  notre analyse de cette résolution du Parlement européen.

La porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Maria Zakharova, répond à RIA Novosti sur la résolution adoptée par le Parlement européen sur l'importance de la liberté d'expression.

Source :  Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie, 20-09-2019

Question : Le 19 septembre, le Parlement européen a adopté une résolution sur l'importance de la mémoire européenne pour l'avenir de l'Europe. Pouvez-vous réagir à ce document ?

Maria Zakharova : Le ministère russe des Affaires étrangères s'abstient de faire des commentaires sur les actions du Parlement européen. Toutefois, nous sommes contraints de faire une exception dans ce cas particulier parce qu'il s'agit d'une nouvelle série de graves falsifications historiques.

Cette résolution n'est rien moins qu'un lot d'allégations révisionnistes. Le Parlement européen a fait une nouvelle tentative scandaleuse de mettre sur le même pied l'Allemagne nazie, pays agresseur, et l'Union soviétique, dont les peuples ont payé un prix extrêmement élevé pour libérer l'Europe du fascisme.

L'affirmation du Parlement européen selon laquelle la Seconde Guerre mondiale aurait commencé suite à la signature du Traité de non-agression entre l'Union soviétique et l'Allemagne le 23 août 1939 n'a rien à voir avec les faits historiques. Dans le même temps, la résolution ne mentionne pas la politique des pays occidentaux, complaisante envers l'agresseur pour tenter de réorienter la stratégie expansionniste d'Hitler depuis l'Ouest vers l'Est, ni que ces manœuvres ont conduit à la trahison de Munich en 1938. Les signataires des accords de Munich ont jeté un État souverain, la Tchécoslovaquie, en pâture à la prédation nazie. Cette mémoire historique sélective est un scandale et une honte quand elle aborde la « tragédie sans précédent » de la Pologne, pays qui d'ailleurs a lui-même participé au démembrement de la Tchécoslovaquie et signé un traité de non-agression avec l'Allemagne en 1934.

Nous voudrions souligner une fois de plus les dangers inhérents à la politisation de l'histoire et à la révision des faits. Tout en mettant de côté des faits historiques qui lui sont désagréables et en interprétant à sa guise une version révisée des événements, le Parlement européen coupe le dernier lien avec la réalité. La réalité est actuellement une réhabilitation de la mémoire des criminels nazis, avec des défilés de vétérans de la Waffen SS et de leurs partisans et des organisations néonazies absolument sans entraves dans certains pays européens. Il s'agit là d'une menace bien réelle pour les principes démocratiques fondamentaux et les droits de l'homme.

Aucune tentative de formuler un projet de cohésion de l'UE en déformant la vérité historique ne contribuera à vaincre l'intolérance en Europe. La manipulation des faits à des fins intéressées ne saurait être ni une ligne de conduite morale ni une ligne de conduite politique. Au contraire, elle risque de saper la confiance des Européens, surtout des jeunes, dans les valeurs européennes dont Bruxelles aime tant se gargariser.

Nous considérons que la falsification du passé est inacceptable. Nous sommes fermement convaincus que l'histoire doit rester du ressort des professionnels responsables plutôt que de celui de politiciens y ayant recours par intérêt personnel.

Source :  Ministère des affaires étrangères de la Fédération de Russie, 20-09-2019

Traduit par les lecteurs du site  www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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