Guinée : au moins un mort dans des manifestations contre un troisième mandat du président sortant

16-10-2019 francais.rt.com 6 min #163087

A l'appel d'un collectif d'opposition et de la société civile, des milliers de manifestants ont occupé les rues de Conakry pour exprimer leur refus de voir l'actuel chef d'Etat guinéen, Alpha Condé, briguer un troisième mandat à la tête du pays.

La capitale guinéenne Conakry a été le théâtre, le 14 octobre, de violents heurts entre les forces de sécurité et des milliers d'opposants à un troisième mandat de l'actuel président Alpha Condé. Cette journée de mobilisation à l'appel d'un collectif d'opposition et de la société civile renforce l'inquiétude dans l'éventualité où Alpha Condé, 81 ans, confirmerait son intention de briguer un troisième mandat fin 2020.

Citant un responsable hospitalier, Reuters a rapporté que sept personnes tuées par balle ont été acheminés vers plusieurs structures de santé.

Le gouvernement a, pour sa part, fait état d'un gendarme tué par balle dans la ville de Mamou, à l'est de Conakry, et d'un civil décédé, Mamadou Lamarana Bah, dans la capitale dans des circonstances qui «restent à élucider». Mais selon son père Tély Oury Bah, Mamadou Lamarana Bah «a été froidement abattu par un agent de la force publique, armé par l'Etat guinéen».

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La quasi-totalité des quartiers périphériques de Conakry a été la proie d'affrontements entre petits groupes dressant des barricades, incendiant des pneus, lançant des pierres, et des centaines de policiers et gendarmes répliquant par des tirs de gaz lacrymogène et de grenades assourdissantes, mais aussi à balle réelle, a rapporté un correspondant de l'AFP. Plusieurs autres villes ont été paralysées par la contestation, ont indiqué des habitants et des journalistes sur place.

Le gouvernement a déclaré que la mobilisation était illégale faute de déclaration préalable. Il avait prévenu qu'il ne céderait pas «le moindre centimètre carré au règne de l'anarchie».

L'opposition guinéenne dénonce une dérive dictatoriale»

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Le ministre de l'Intérieur, le général Bouréma Condé, a indiqué que la mobilisation s'était limitée à «quelques regroupements et échauffourées». Plusieurs personnes ont été arrêtées et les forces de l'ordre maîtrisent globalement la situation, a-t-il affirmé dans un communiqué.

La tension n'a cessé de monter depuis l'appel à la manifestation lancé il y a une semaine par le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC). Cette coalition rassemblant des partis d'opposition, des syndicats et des membres de la société civile s'oppose résolument à une révision de la Constitution évoquée par le pouvoir. Elle permettrait à Alpha Condé de se présenter pour un troisième mandat, alors que la Constitution en limite le nombre à deux.

L'opposition s'attend à ce qu'il officialise bientôt la tenue d'un référendum constitutionnel. Elle dénonce un projet de coup d'Etat institutionnel et la dérive «dictatoriale» de celui qui fut lui-même un opposant historique ayant connu la prison pour son engagement contre différents régimes autoritaires, avant de devenir le premier président démocratiquement élu de cette ex-colonie française d'Afrique de l'Ouest.

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