Il y a 75 ans: Rapport sur la conférence des trotskystes dans l'Europe sous occupation nazie

06-11-2019 wsws.org 3 min #163948

6 novembre 2019

Le 4 novembre 1944, The Militant, journal du Socialist Workers Party (Parti ouvrier socialiste (SWP) américain, alors le parti trotskyste américain, rapportait une conférence organisée par cinq partis trotskystes européens en France le février antécédent. Le rapport a été publié en première page sous le titre «Nouvelles inspirantes de la réunion de février en France sous la terreur nazie.»

Pour illustrer les immenses défis auxquels la Quatrième Internationale a dû faire face pendant la Seconde Guerre mondiale et la répression des régimes fascistes, démocratiques, impérialistes et staliniens, il a indiqué que le SWP avait seulement appris que la réunion avait eu lieu le mois précédent dans une lettre du Revolutionary Communist Party (Parti communiste révolutionnaire) britannique.

Headline from The Militant

The Militant décrivit l'information comme «une nouvelle du caractère le plus inspirant pour les travailleurs avec une conscience de classe en Amérique» et une preuve du «pouvoir invincible des idées et de l'organisation du trotskysme.» La conférence a révélé que «le mouvement trotskyste européen a survécu sous les coups terribles des nazis. Après quatre ans de terreur nazie, nos camarades trotskystes européens ont brisé le mur de fer de la censure impérialiste...»

La conférence de six jours avait impliqué des trotskystes de France, d'Espagne, de Grèce, de Belgique et d'Allemagne. Elle avait abouti à la formation d'un comité exécutif européen et d'un secrétariat de la Quatrième Internationale, et avait discuté de la lutte pour un programme révolutionnaire et internationaliste en opposition aux préparatifs des puissances impérialistes et des mouvements officiels de résistance pour rétablir le pouvoir bourgeois après la Deuxième Guerre mondiale.

La lettre des camarades britanniques note que toutes les sections nationales présentes à la réunion ont été frappées par la répression nazie, déclarant que des dizaines de trotskystes avaient été fusillés «en France et aux Pays-Bas, en Grèce et en Belgique. Des centaines d'autres ont été arrêtés et déportés en Allemagne. Parmi les principaux camarades: en France, huit membres de la direction ont été déportés en Allemagne; en Belgique, deux, dont le secrétaire du parti. En Grèce, le secrétaire du parti C. Poulipoulos a été abattu avec deux autres membres de la direction. Le camarade Wintley, camarade de tête du groupe allemand en France, a récemment été assassiné par la Gestapo.»

La lettre notait que les défaites des nazis avaient assoupli les conditions pour les trotskystes. Elle a fait état du fait qu'en France, il y avait un mouvement semi-insurrectionnel de la classe ouvrière, marqué par des occupations d'usines et des grèves. Elle rapportait que dans les conseils ouvriers un certain nombre de comités d'usine avaient été établis, et déclarait que «à la tête de la plupart de ces comités d'usine, il y a des camarades du Parti», c'est-à-dire des trotskystes.

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