L'attaque contre un convoi de la Semafo au Burkina Faso confirme l'immense fiasco des opérations militaires internationales au Sahel

07-11-2019 reseauinternational.net 4 min #164015

Sur le  site Web de la compagnie canadienne SEMAFO on peut lire la description suivante :

« SEMAFO est un producteur d'or canadien de calibre intermédiaire qui cumule plus de vingt ans d'expérience en construction et en exploitation de mines en Afrique occidentale. La Société exploite deux mines, les mines Boungou et Mana au Burkina Faso. SEMAFO s'est engagée à créer de la valeur par l'exploitation minière responsable de ses actifs de qualité et en tirant profit de son pipeline de projets en développement«.

Un convoi de SEMAFO protégé par une forte escorte militaire à été attaqué par un groupe armé au Burkina Faso. L'assaut a visé le convoi sur la route entre Fada et Boungou dans la région de l'Est à quarante kilomètre du site d'extraction aurifère.

C'est la deuxième attaque contre un convoi de la SEMAFO depuis août 2018. Cependant, le bilan de la nouvelle attaque est très lourd : des sources locales évoquent près de 100 victimes entre morts et blessés. D'autres sources sécuritaires avancent un bilan initial et temporaire de 40 morts et 92 blessés. Parmi les victimes figurent des civils, des militaires et des membres d'une compagnie de sécurité privée.

Le groupe ayant mené l'attaque est très aguerri. Il n'en est pas à son premier coup d'éclat et il semble que certains de ses éléments aient été impliqués dans la récente attaque sanglante d'un camp militaire fortifié malien près d'Indelimane sur la route d'Ansongo, non loin de la frontière avec le Burkina Faso. Cette attaque serait la réponse des groupes armés écumant le Sahel et plus particulièrement le triangle de la mort entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso aux initiatives tactiques françaises avec notamment le plan Taquba (Sabre en Tamacheq). La cible de cette attaque semble indiquer que les groupes armés identifiés par les médias occidentaux comme relevant d'une branche africaine de Daech-ce qui n'est pas le cas en réalité-tentent de gagner la sympathie des populations locales en s'attaquant à l'exploitation opaque des ressources minières africaines par des multinationales avec la complicité de gouvernements extrêmement corrompus.

L'attaque de la SEMAFO au Burkina Faso, comme celles, de plus en plus meurtrières, ayant visé cette année des convois et des camps militaires au Mali et au Niger, démontre que les capacités des groupes armés combinés ont grandement augmenté en dépit de l'engagement de plus en plus important de forces militaires étrangères au Sahel.

C'est un autre immense fiasco annoncé.

source :  strategika51.org

 reseauinternational.net

 Commenter