30/11/2019 2 articles francais.rt.com  7 min #165288

Prix du carburant des engins de chantier : des agents Btp bloquent des dépôts pétroliers

A grand renfort d'engins de BTP, de tractopelles, de bennes et de porte-chars stationnés, des dépôts pétroliers de l'ouest de la France ont été bloqués. Une mobilisation qui intervient à quelques jours de la grève du 5 décembre et qui pourrait durer.

A moins d'une semaine du mouvement national contre la réforme des retraites, des professionnels du BTP de l'ouest bloquaient le 29 novembre différents sites de dépôts pétroliers pour défendre la détaxe sur le gazole non routier (GNR),  emboitant le pas aux routiers mobilisés contre la hausse du carburant.

🇫🇷 Colère: Les accès au dépôt pétrolier Stock Brest à #Brest sont coupés depuis hier soir. Des dépôts également bloqués à #Lorient et Vern-sur-Seiche, près de #Rennes, par des patrons de #BTP contestant la fin du GNR et la hausse de 45 % de leur #carburant. (Ouest-France) #blocus

Des engins de BTP, tractopelles, bennes, porte-chars, ont été stationnés devant les accès des dépôts pour empêcher les camions-citernes d'y accéder. «La fin du gazole non routier va nous coûter 10% d'impôts supplémentaires sur notre chiffre d'affaires, c'est intenable», a déclaré Norbert Guillou, patron d'entreprise de travaux publics et président du syndicat professionnel CNATP du Morbihan, devant le dépôt de Lorient. «On ne bougera pas tant que le gouvernement ne cédera pas. Ils nous prennent pour des imbéciles, donc on est déterminés. On restera une semaine minimum», a-t-il assuré.

Cette mobilisation des artisans des travaux publics et du paysage vise à protester contre une mesure de la loi de finances 2020 ayant pour objectif final de supprimer le gasoil blanc. Ce carburant qui fait fonctionner les engins de chantier bénéficiait jusqu'à présent d'une détaxe, contrairement au gasoil rouge des véhicules légers. Si cette mesure venait à être appliquée, les entreprises du BTP seraient obligées d'utiliser un carburant identique à celui des voitures, plus cher. Le gouvernement avait déjà tenté de supprimer la détaxe sur le gazole non routier fin 2018, avant de faire machine arrière.

Blocage des dépôts pétroliers de Saint Pierre des Corps, dès 7 h 30, ce jeudi, par les patrons d’entreprises de travaux publics. Ils dénoncent la fin de la défiscalisation du gazole qu’ils utilisent. #BTP #spdc

Les dépôts pétroliers de Vern-sur-Seiche, au sud de Rennes, de Lorient et de Brest étaient toujours bloqués le 29 novembre en fin d'après-midi, ont assuré les préfectures concernées. Le dépôt du Mans est lui bloqué depuis le 28 novembre après-midi, les autres l'ont été dans la nuit par quelques dizaines de personnes.

Blocage jusqu'au 5 décembre ?

A Vern-sur-Seiche, les manifestants ont pendu un mannequin avec un casque de chantier au sommet d'une pelle, selon une vidéaste de l'AFP. Jean-Marc Pelatre, chef d'entreprise de travaux publics, a promis de tenir «bon jusqu'au bout». «A vouloir nous étrangler comme veut le faire le gouvernement, avec toutes ces taxes []..., on va plutôt tuer les PME des régions bretonnes et de la France entière», a-t-il ajouté.

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Au Mans également, une dizaine de professionnels du BTP bloquaient l'accès au dépôt pétrolier avec des engins de chantier. «Le GNR est une niche fiscale ? Non, c'est l'énergie de notre outil de travail», pouvait-on lire sur une banderole. Les manifestants envisagent une poursuite jusqu'à  la grève du 5 décembre contre la réforme des retraites qui promet d' être très suivie.

Le 28 novembre au matin, des dizaines de routiers avaient déjà participé à  deux barrages filtrants sur l'autoroute à la frontière belge, à l'appel de la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) du Pas-de-Calais et de l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) Hauts-de-France, pour protester contre le projet de hausse de 2 centimes d'une taxe sur le gazole. L'OTRE a appelé ses adhérents à «exprimer dans la rue la légitime colère de la profession», sans toutefois être suivie par les deux principales organisations du secteur, la FNTR et l'Union des entreprises transport et logistique de France (TLF).

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