12/02/2020 reseauinternational.net  5 min #168903

L'Ukraine va vers le défaut de paiement, et c'est encore un scénario doux

par Christelle Néant.

L'économiste ukrainien  Alexandre Gontcharov a publié sur son mur Facebook un post pessimiste sur l'état de la dette ukrainienne, prédisant que si l'Ukraine continue ainsi, c'est le défaut de paiement qui l'attend, et que ce scénario est encore « doux ».

Dans son post, Gontcharov interpelle le premier ministre ukrainien, Alexeï Gontcharouk, sur le fait que l'Ukraine doit sortir plus de 9 milliards de dollars en 2020 rien que pour payer ses dettes en devises étrangères, et lui demande ironiquement « tu ne trouves pas que tout va parfaitement bien ? ».

Des dettes qui n'ont fait qu'augmenter encore en 2019, comme l'indique l'économiste, qui rappelle que la dette nationale de l'Ukraine a augmenté de 6 milliards de dollars en 2019, pour atteindre les 84,4 milliards de dollars au 1er janvier 2020. Résultat, rien que le remboursement des dettes en monnaies étrangères va représenter presque 10 % du PIB de l'Ukraine en 2020 d'après la Banque Nationale ukrainienne !

« D'après les calculs officiels des analystes de la Banque Nationale, par rapport au PIB, le montant des dettes en devises étrangères qui doivent être payées en 2020 se montera à 10 % de l'économique ukrainienne », a écrit l'économiste sur son mur Facebook.

Ce chiffre, même s'il est en légère baisse par rapport à 2019 (où Kiev a dû sortir 11,7 % de son PIB pour rembourser ses dettes en devises étrangères), indique clairement que le pays est dans une situation catastrophique.

Ces chiffres expliquent pourquoi  l'Ukraine risque une crise des retraites, et pourquoi  les hôpitaux psychiatriques et les hospices pour tuberculeux risquent de fermer bientôt faute de financement (et leurs patients relâchés dans la nature avec tous les risques qui vont avec), et ce alors que  tellement d'hôpitaux ont déjà fermés que de plus en plus d'Ukrainiens ne peuvent plus se faire soigner correctement. Les réformes menées par la ministre de la Santé sont tellement catastrophiques que cette dernière a été surnommée la « Docteur Mort » !

Gontcharov explique d'ailleurs que c'est à cause de ces remboursements de dette monstrueux que l'Ukraine n'a plus les moyens de payer ses retraites, les soins de santé et l'éducation.

« Le cabinet des ministres d'Alexeï Gontcharouk continue de tout payer pour ces dettes énormes, et c'est effrayant : où trouver de l'argent pour les retraites, la santé et l'éducation. Après tout, l'industrie de l'Ukraine continue de décliner en 2020 », explique l'économiste.

Une situation catastrophique qui profite à certains d'après Gontcharov, qui a cité les affaires juteuses que compte faire la société  Dragon Capital en Ukraine, société qui appartient en partie au fonds d'investissement de Georges Soros.

« Mais Alexeï Gontcharouk ne sait pas comment on peut ne pas remarquer que, sous couvert de l'effondrement du marché de la dette ukrainienne, les conditions sont créées pour que l'argent rusé et cynique des sponsors Sorosiens commence à racheter des biens ukrainiens pour beaucoup moins chers, y compris des biens immobiliers. Par exemple, Dragon Capital, une société d'investissement, prévoit de conclure un certain nombre d'opérations importantes en Ukraine, d'une valeur de plus de 200 millions de dollars dès le premier semestre 2020, » déclare l'économiste.

Comme je le craignais,  la levée du moratoire sur la vente des terres en Ukraine va transformer cette dernière en pays du tiers-monde, et va permettre à certains (comme Soros, Bayer-Monsanto, etc) via des sociétés écrans, d'acquérir de vastes surfaces de terrain pour pas cher.

Face à cette situation, Alexandre Gontcharov prédit que si l'Ukraine continue ainsi, c'est le défaut de paiement qui l'attend, et qu'un tel scénario est encore « doux ». Une prédiction qui rejoint celle de  Mikheïl Saakachvili, qui a carrément prédit l'effondrement et l'éclatement de l'Ukraine, un scénario bien moins doux que le simple défaut de paiement !

« Qu'est-ce qui nous attend ? Il n'y a pas de miracles, bien sûr ce sera le défaut de paiement. Et c'est encore un scénario doux, » a décrit l'économiste sur son mur.

Gontcharov conclut son post en disant que pour éviter cela il faut créer un climat favorable à l'investissement en votant un projet de loi sur les marchés de capitaux et en créant une société de développement ukrainienne.

De telles mesures sont utopiques car elles ne régleront pas les problèmes de fond de l'Ukraine que sont la corruption endémique, les armées privées des oligarques qui leur permettent de mener leurs affaires comme de véritables chefs de la mafia, le contrôle de ces derniers sur un certain nombre de régions du pays et leur capacité à échapper à la justice, sans parler de la guerre civile toujours en cours dans le Donbass, et de la politique russophobe de Kiev, alors que la Russie était le partenaire commercial privilégié de l'Ukraine.

Si tout cela n'est pas réglé, il ne sert à rien de voter des lois pour attirer les investisseurs. Si ces derniers, et les hommes d'affaires qui seraient prêts à travailler en Ukraine craignent de se faire dépouiller,  tirer dessus, ou de voir leur famille menacée, ils ne viendront pas relancer l'économie du pays, que la loi favorisant l'investissement soit votée ou non.

L'Ukraine a accumulé trop de dettes et se dirige manifestement, tôt ou tard, vers le défaut de paiement, voire pire. Cette évidence devient tellement visible, que tant les économistes que les hommes politiques en Ukraine commencent à tirer la sonnette d'alarme, alors que le pays va s'endetter encore plus en 2020, tant auprès du FMI que des pays occidentaux.

L'Ukraine se somalise de plus en plus vite et fonce vers le gouffre. Et ce n'est pas avec un Président et un Premier-ministre aussi incompétents l'un que l'autre en économie, et incapables de prendre les décisions courageuses qui s'imposent et qui iraient à l'encontre de l'idéologie russophobe issue du Maïdan, que les choses vont s'arranger.

 Christelle Néant

source :  donbass-insider.com

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