12/02/2020 les-crises.fr  4 min #168910

Reflets : Nous avons interrogé le fabriquant suisse du Lbd

Source :  Reflets, 01-01-2020

La France fait bien n'importe quoi avec cette arme

Il faut bien l'avouer, nous étions un peu seuls en janvier 2019 lorsque nous avancions que les blessés à la tête par les forces de l'ordre ne l'étaient pas par hasard. Un an après nous revenons sur ce sujet avec un entretien qui confirme nos hypothèses.

C'était le mardi 8 janvier dernier. Il y a pratiquement un an. Une photo de Franck, 20 ans, ouvrait notre premier article titré :  Les blessés éborgnés par les forces de l'ordre ne le sont pas par accident : le LBD 40 doit être retiré de la liste des armes de maintien de l'ordre. Franck a perdu un oeil à l'Arc de triomphe le 1er décembre 2018 alors qu'il était en train de rassurer sa mère au téléphone. Le 25 janvier, nous allions plus loin avec un deuxième article titré  Le fabriquant du LBD 40 sur un volcan : c'est pas moi c'est l'autre....

Dans ces deux articles, nous expliquions que contrairement aux premiers arguments des forces de l'ordre, le LBD est une arme très précise. L'excuse du mouvement de foule, des viseurs déréglés, des "tirs réflexe", ne tiennent pas. Il faut dire qu'à l'époque, il était presque "possible" d'avancer des "excuses" pour ces blessés. Selon le discours officiel, il s'agissait de "factieux", "d'extrémistes de droite", de personnes "haineuses", de "_ séditieux" fomentant une " insurrection". "Une foule haineuse_", selon les propres mots d'Emmanuel Macron lors de ses voeux de décembre 2018... Habillés pour l'hiver, les gilets jaunes, ces "révolutionnaires haineux", n'allaient pas venir se plaindre pour quelques blessés... On ne fait pas une révolution sans casser des oeufs... C'est sans doute l'idée qui a traversé l'esprit de certains politiques aux commandes. Ça allait passer...

En fait, non. Ces blessés, dans leur très grande majorité, l'ont été volontairement. La tête était visée alors que les règles liées à l'utilisation de cette arme sont formelles : on ne peut pas tirer ailleurs que dans les membres inférieurs, le thorax ou les membres supérieurs.

Le Salon Milipol nous a donné l'occasion de tester les viseurs holographiques EOTech.

Document de formation au tir avec LBD de la police - Taranis

Nous avons placé un de nos journalistes à 25 mètres. Lorsque la tête est visée, le cercle rouge de visée entoure justement toute la tête. Pas possible de se tromper...

Les membres des forces de l'ordre ont également évoqué les viseurs déréglés (impossible, les réglages prédéfinis pour un tir à 25m sont scellés) ou l'imprécision des tirs. Selon les propres tests du bureau de l'armement de la police nationale effectués avec un LBD 40 muni de ce viseur, le cercle de dispersion, l'écart constaté entre un point visé et l'impact à 25 mètres, est de 14 centimètres. C'est à dire moins que la distance entre le thorax et l'oeil...

Mais il y a mieux. Lors du salon Milipol en novembre dernier, nous sommes allés interroger le fabriquant suisse du LBD encore utilisé par les forces de l'ordre françaises. Et selon Brügger&Thomet, le cercle de dispersion, lors d'un tir avec ses munitions, est de 7 centimètres. Mais voilà, si les forces de l'ordre françaises sont bien équipées du lanceur de balles Brügger&Thomet, elles achètent leurs balles chez le fabricant français  Alsetex. Le fabriquant de munitions français récemment épinglé par Libération, devrait désormais équiper l'Etat français en LBD...

Nos interlocuteurs chez Brügger&Thomet sont clairs. Il n'y a qu'en France qu'il y a autant de blessés graves avec son arme. Une position compliquée pour eux. La France est leur client, mais elle donne une image déplorable de cette arme. Selon les vendeurs rencontrés sur le salon, l'utilisation de munitions autres que les siennes (Alsetex) et la présence dans les rangs des forces de l'odre d'excités de la gâchette expliquent sans doute le bilan catastrophique du quatuor Macron-Philippe-Castaner-Nuñez.

Brügger&Thomet affirme également que les tests réalisés montrent qu'il existe une possibilité infime de blessures graves avec ses munitions.

Cela veut dire deux choses :

1) Depuis le début, l'Etat français sait que les munitions utilisées sont imprécises et occasionnent des blessures graves.

2) Ayant conscience de la moindre précision et de la plus grande dangerosité des munitions Alsetex, l'Etat français a apparemment choisi de se fournir, en plus, en lanceurs de balles de la marque de ces munitions...

 Notre entretien avec Brügger&Thomet sur le salon Milipol en novembre 2019

Source :  Reflets, 01-01-2020

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