13/02/2020 les-crises.fr  20 min #168961

Consortium News porte plainte en diffamation contre une agence d'espionnage canadienne et une grande chaîne de télévision - Par Joe Lauria

Source :  Consortium News, Joe Lauria, 21-01-2020

Consortium News a envoyé des plaintes en diffamation à une agence d'espionnage canadienne et à une grande chaîne de télévision après que leurs rapports ont indiqué que CN faisait partie d'une campagne de propagande dirigée par les Russes et visant les dirigeants canadiens.

La NSA canadienne et Global News ont déclaré que CN menait une « campagne de cyber-influence » dirigée par Moscou

Consortium News a envoyé des plaintes en diffamation au Centre de la sécurité des communications (CSE), version canadienne de l'Agence de sécurité nationale américaine, et à un grand réseau de télévision canadien, Global News, pour un reportage qui déclarait que Consortium News faisait « partie d'une campagne de cyber-influence dirigée par la Russie ».

Sur la base d'une fuite d'un document secret du CSE, le site web de Global News  a déclaré dans un  article du 10 décembre 2019 intitulé « Les rapports de renseignement de "Canadian eyes only" disent que les dirigeants canadiens font l'objet de cyber-campagnes d'attaques », campagnes menées par Consortium News. La première attaque a été un article de février 2017 paru dans « Consortium News Online », suivi « en peu de temps par des médias en ligne pro-russes en anglais et en russe, selon le rapport du CSE », d'après Global News.

Une légende sur le site Global News sous une capture d'écran de l'article du Consortium News du 27 février 2017  se lit comme suit « Un rapport du CSE indique que Consortium News a participé à une attaque de la Russie contre la réputation de Chrystia Freeland ». Freeland était la Ministre des Affaires étrangères canadienne à l'époque et aujourd'hui vice-Premier ministre.

Une autre légende lors  d'une émission de Global News du 10 décembre, qui montre également la capture d'écran de CN, dit : « La Russie est l'un des nombreux États étrangers hostiles qui ont récemment ciblé le Canada avec des campagnes de diffamation en ligne ».

Le site web « Global News », citant le rapport du CSE, a déclaré :

« Un petit nombre d'États nations sont impliqués dans des cyber-campagnes contre la démocratie occidentale, mais l'évaluation de la sécurité nationale avertit que la menace et l'éventail des acteurs impliqués s'élargissent. Et les tactiques utilisées par les adversaires du Canada comprennent des "opérations de renseignement humain", des campagnes d'influence en ligne et sur Internet et l'utilisation de "médias parrainés ou influencés par l'État" ». [Le renseignement humain c'est l'obtention d'un renseignement par une source humaine qui se fait par divers procédés NdT]

CN a été présenté sur l'émission Global News comme participant à la campagne de « cyber-influence russe » qui « a ciblé des politiciens canadiens de haut niveau ».

Les plaintes en diffamation ont été envoyés par un cabinet d'avocats de Toronto au nom de Consortium News, qui demande une rétractation de toute mention de Consortium News et des excuses. CN fait une demande officielle en vertu de la loi sur l'accès à l'information (Freedom of Information Act du Canada) pour obtenir une copie du rapport du CSE. Une partie du rapport du CSE, classée « SECRET CEO », CEO  signifiant Canadian Eyes Only, a été diffusée par Global News.

Intitulé « Cyber Influence Events against Canadian Politicians », [cas de cyber-influence contre les politiciens canadiens, NdT] le rapport indique :

« Au début de 2017 et au printemps 2018, des sources liées à la Russie ont divulgué des informations sur l'histoire familiale de la Ministre des Affaires étrangères Freeland, très probablement dans l'intention de nuire à la réputation personnelle de cette dernière afin de discréditer le soutien diplomatique et militaire que le gouvernement canadien continue d'apporter à l'Ukraine, de délégitimer la décision du Canada de promulguer la loi sur la justice pour les victimes de la corruption d'agents publics à l'étranger et d'expulser plusieurs diplomates russes en 2018. »

La loi en question est la version canadienne de la loi Magnitsky controversée adoptée par le Congrès américain.

Le site web de Global News indique :

« Les attaques contre Freeland, qui est maintenant vice-Premier ministre, visaient en partie à combattre son soutien aux lois visant les oligarques et dirigeants russes corrompus, selon les dossiers du CSE, et comprenaient des allégations selon lesquelles son grand-père ukrainien avait édité un journal ayant des liens avec les nazis....

La cyber-campagne dirigée par la Russie comportait des déformations des faits et était programmée, ciblée et, selon le CSE, "a amené le récit à suggérer que la famille de Freeland avait immigré au Canada dans le cadre d'une vague de collaborateurs nazis".

La première attaque a été un article de février 2017 sur "Online Consortium News", rapidement suivi par des médias en ligne pro-russes de langue anglaise et russe, selon le rapport du CSE.

Les dossiers du CSE obtenus par Global News semblent justifier pour la première fois les allégations directes du gouvernement canadien selon lesquelles la Russie a dirigé ces cyber-campagnes. »

Partie du rapport du CSE mentionnant Consortium News telle que diffusée par Global News.

L'article de CN

 L'article du Consortium News du 27 février 2017, écrit par la journaliste Arina Tuskanova en exclusivité pour CN, était intitulé « Un squelette nazi dans le placard familial ». Il révèle que Freeland avait menti sur le passé de son grand-père en tant que rédacteur en chef d'un journal nazi dans la Pologne occupée pendant la guerre. L'histoire a été  rapportée pour la première fois par John Helmer un mois plus tôt.

Tuskanova a écrit :

« Le 24 août dernier, à l'occasion de la Journée du ruban noir, qui mélange les crimes de Josef Staline et d'Adolf Hitler (Staline étant le plus célèbre), [Freeland]  a écrit sur Twitter : "Je pense à mes grands-parents Mykhailo et Aleksandra Chomiak à l'occasion de la Journée du ruban noir. Ils ont été pour toujours reconnaissants au Canada de leur avoir donné asile et ont travaillé dur pour rendre la liberté et la démocratie à l'Ukraine. Je suis fier d'honorer leur mémoire aujourd'hui".

Dans son  autobiographie, Freeland présente ses grands-parents de la manière suivante : "Mes grands-parents maternels ont fui l'Ukraine occidentale après que Hitler et Staline ont signé leur pacte de non-agression en 1939. Ils n'ont jamais osé y retourner, mais ils sont restés en contact étroit avec leurs frères et sœurs et leurs familles restés sur place".

Selon Freeland, son grand-père Mykhailo Chomiak était "avocat et journaliste avant la Seconde Guerre mondiale, mais ils [ses grands-parents] savaient que les Soviétiques allaient envahir l'ouest de l'Ukraine (et) ils se sont enfuis". Après la guerre, sa mère est née dans un camp de réfugiés en Allemagne avant que la famille n'émigre dans l'ouest du Canada, a écrit Freeland....

Le sombre secret de famille de Chrystia Freeland est que son grand-père, Mykhailo Chomiak, a fidèlement servi l'Allemagne nazie jusqu'à sa reddition. La famille de Chomiak n'a déménagé au Canada qu'après la défaite du Troisième Reich face à l'Armée rouge de l'Union soviétique et ses alliés - les États-Unis et la Grande-Bretagne...

Mykhailo Chomiak n'était pas une victime de la guerre - il était du côté des agresseurs allemands qui ont collaboré avec les nationalistes ukrainiens pour tuer des Russes, des Juifs, des Polonais et d'autres minorités. L'ancienne journaliste Freeland a choisi de blanchir l'histoire de sa famille pour laisser de côté le service de son grand-père auprès d'Adolf Hitler. Bien sûr, si elle avait dit la vérité, elle n'aurait peut-être jamais réussi sa carrière politique au Canada. Son hostilité féroce envers la Russie pourrait également être considérée sous un autre angle.

Michael Chomiak et sa femme Alexandra, avec leurs enfants au Canada en 1952. La mère de Freeland, Halyna, est la deuxième à partir de la gauche.

Le grand-père de Freeland

Selon des sources canadiennes, Chomiak a obtenu une maîtrise en droit et en sciences politiques à l'université de Lviv, dans l'ouest de l'Ukraine. Il a commencé sa carrière au sein du journal galicien Dilo (Action), publié à Lviv. Après le début de la Seconde Guerre mondiale, l'administration nazie a nommé Chomiak rédacteur en chef du journal Krakivski Visti (Les Nouvelles de Cracovie).

La vérité semble donc être que Chomiak est passé de l'Ukraine à la Pologne occupée par les nazis afin de travailler pour le Troisième Reich sous le commandement du gouverneur général Hans Frank, l'homme qui a organisé l'Holocauste en Pologne. Le travail de Chomiak était directement supervisé par Emil Gassner, le chef du département de presse du gouvernement général polonais....

Il semble donc que le grand-père de Freeland - plutôt que d'être une victime impuissante - ait reçu un travail prestigieux pour diffuser la propagande nazie, faisant l'éloge d'Hitler dans une maison d'édition volée aux Juifs et donnée aux Ukrainiens qui partageaient les valeurs du nazisme....

S'il est vrai que les péchés d'un grand-père ne devraient pas être imputés à ses descendants, Freeland n'aurait pas dû tromper le public sur une histoire d'une telle importance, surtout lorsque ses tromperies ont également dissimulé la façon dont elle a partiellement développé sa vision du monde. »

Un déni de non-déni

Chrystia Freeland. (Flickr)

Une semaine après la parution de l'article de Consortium News, le Globe and Mail, le plus grand journal du Canada,  a rapporté le 6 mars 2017 que « Récemment, un certain nombre d'articles ont été publiés sur des sites web pro-Poutine, qualifiant Mme Freeland de "ministre des affaires étrangères du Canada farouchement anti-Russe" et alléguant que son grand-père, Michael Chomiak, était un propagandiste nazi en Pologne. »

Ce jour-là, lors d'une conférence de presse à Ottawa, Freeland a été interrogée sur cette histoire. Elle a éludé la question concernant son grand-père et  a répondu : « Je ne pense pas [que] ce que des responsables américains ont déclaré publiquement soit un secret, même la chancelière allemande Angela Merkel a déclaré publiquement, que du côté russe il y avait des efforts faits pour déstabiliser les démocraties occidentales, et je pense que cela ne devrait pas être une surprise si ces mêmes efforts étaient utilisés contre le Canada. »

Le lendemain, le 7 mars, un article du Globe and Mail titrait : « Freeland savait que son grand-père était rédacteur en chef d'un journal nazi. »

L'article du journal  rapportait :

« La ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland savait depuis plus de deux décennies que son grand-père maternel ukrainien, dans la Pologne occupée, était le rédacteur en chef d'un journal nazi qui vilipendait les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale... Mme Freeland, qui a rendu hommage à ses grands-parents maternels dans des articles et des livres, a contribué à la rédaction d'un article savant dans le Journal des études ukrainiennes en 1996 qui a révélé que son grand-père, Michael Chomiak, était un propagandiste nazi pour Krakivski Visti (Les Nouvelles de Cracovie). »...

« "Depuis de nombreuses années, la ministre a soutenu les efforts de son oncle pour étudier et publier sur ce chapitre difficile du passé de son défunt grand-père", a déclaré l'attaché de presse Alexander Lawrence dans un courriel mardi soir.... [Freeland] n'a pas répondu directement aux questions sur la véracité des histoires de Chomiak. Lorsque le Globe a demandé à son bureau, lundi, de réfuter cette allégation, Lawrence a répondu : "Les gens devraient se demander d'où viennent ces informations et quelles en sont les motivations". »

Deux jours plus tard, le 9 mars 2017, Robert Parry, le regretté fondateur de Consortium News, écrivait :

« Le 27 février, Consortiumnews.com a publié un article décrivant les fausses déclarations de la nouvelle ministre des affaires étrangères du Canada, Chrystia Freeland, au sujet de son grand-père maternel ukrainien qu'elle a décrit comme un héros qui s'est battu pour "rendre la liberté et la démocratie à l'Ukraine", mais a omis de préciser qu'il était un propagandiste nazi dont le journal justifiait le massacre des Juifs....

Au cours de la semaine suivante, l'article intitulé  "Un squelette nazi dans le placard familial" de la journaliste Arina Tsukanova (que j'ai personnellement corrigé et vérifié) a suffisamment circulé pour que Freeland soit interrogée à ce sujet par les médias canadiens. Comme cela arrive souvent de nos jours, Freeland a choisi de ne pas dire la vérité, mais a plutôt présenté l'article comme faisant partie d'une campagne de propagande et de désinformation russe....

Pourtant, au lieu de reconnaître ces faits, Freeland a choisi de dissimuler et de calomnier les journalistes qui faisaient leur travail. Et les calomnies n'ont pas complètement cessé.... Ce schéma est devenu trop courant en Occident, pour insulter et discréditer quiconque n'accepte pas la "pensée dominante" sur la nouvelle guerre froide. Tout comme les principaux médias ont marché de concert à propos des mensonges concernant les armes de destruction massive en Irak, ils ont suivi de près l'hystérie provoquée par la prétendue "propagande russe" et les "fausses nouvelles". »

Timing

Le timing du rapport du CSE et l'émission Global News concernant un article du Consortium News vieux de trois ans n'est pas clair. Un journaliste de Global News  a déclaré dans  l'émission du 10 décembre que le rapport du CSE avait été « préparé en prévision » des élections fédérales canadiennes d'octobre 2019.

Après avoir été  réélue dans sa circonscription du centre-ville de Toronto, Mme Freeland a été  nommée vice-Premier ministre un mois plus tard. Un mois plus tard, elle a été nommée à la tête d'un puissant cabinet ministériel, ce qui, selon un analyste  cité par iPOLITICS, signifie que « Chrystia Freeland est maintenant de facto la Première ministre ».

« Un titre du Globe and Mail a indiqué : "Freeland savait que son grand-père était rédacteur en chef d'un journal nazi." »

La date figurant sur la première page de CN de la capture d'écran prise par Global News pour son article est le 2 décembre 2019. A cette date, Consortium News a republié un  article de Yasha Levine avec le titre « Oui, l'Ukraine est mêlée aux élections américaines de 2016 ».

Le journaliste Sam Cooper de Global News laisse entendre dans l'émission  (transcription) que  l'article de Consortium News en question « amplifiait » et « déformait » le fait réel, admis par Cooper, que le grand-père de Freeland était rédacteur en chef d'un journal nazi « laissant croire que la famille toute entière était liée à des activités nazies ». Cooper a également déclaré :

« Le Canada a mis en place des plans pour lutter contre la cyber-influence. Nous ne savons pas grand-chose de ces plans, mais les dossiers indiquent que tous les Canadiens doivent savoir qu'ils peuvent être ciblés. Que vous soyez un fonctionnaire, un électeur ou un propriétaire d'entreprise, tout le monde peut être visé. Vous êtes une cible et cela peut être le résultat d'un clic sur les mauvais liens dans votre courriel. En fait n'importe quoi, et ces attaques sont en augmentation et elles cherchent vraiment à saper la démocratie. »

Global News n'a fait aucun effort pour contacter Consortium News afin d'obtenir des commentaires avant de publier son article et de diffuser son émission.

« Ça a l'air tellement réel »

Le regretté Robert Parry.

C'est peut-être parce que dans l'émission « Global News », le présentateur  dit : « Ça a l'air si réel, c'est ça le truc, beaucoup de gens se font avoir parce que ça ressemble à une source d'information légitime ».

En fait, Consortium News est bien réel, fondé en 1995 par Parry, un ancien journaliste d'investigation de l'Associated Press et de Newsweek qui a fait éclater certaines des plus grandes affaires de l'Iran-Contra dans les années 1980, révélant l'identité d'Oliver North et son rôle dans ce scandale.

Parry a créé Consortium News après que certains de ses articles les plus importants ont été supprimés par ses rédacteurs en chef. Son idée était de fournir une possibilité de publication à un groupement de journalistes dont le travail, souvent critique envers les États-Unis, était également supprimé par leurs rédacteurs en chef.

Parry a créé le Consortium for Independent Journalism, Inc., une organisation à but non lucratif déclarée, qui publie les articles de Consortium News. Elle ne reçoit ni n'accepte un centime de la part d'aucun gouvernement, société ou annonceur. Elle est entièrement financée par ses lecteurs. Ses décisions éditoriales sont indépendantes.

Consortium News est aujourd'hui composée d'un groupement de journalistes, d'universitaires, d'écrivains indépendants, d'anciens professionnels des agences de renseignement et d'un producteur vidéo indépendant. La plupart d'entre eux ont servi au plus haut niveau de leur profession.

Le rédacteur en chef adjoint de CN est un ancien rédacteur en chef du Wall Street Journal et du Dow Jones Newswire. Ses chroniqueurs comprennent un ancien rédacteur en chef pour l'Asie de l'International Herald Tribune, un professeur de politique du Moyen-Orient à l'université de Californie et deux anciens responsables de la Central Intelligence Agency. L'un d'eux a présenté des exposés dans le Bureau ovale au président Ronald Reagan et au président George H.W. Bush. L'autre a dirigé la capture du militant d'Al-Qaïda Abu Zubaydah.

« Global News n'a fait aucun effort pour contacter Consortium News afin d'obtenir des commentaires avant de publier son article et de diffuser son émission. »

Le producteur exécutif du webcast CN Live ! de Consortium News était un professeur titulaire en post-production à Paris, enseigne dans des écoles de cinéma à Sydney et a travaillé pour l'Australian Broadcasting Corporation.

Le rédacteur en chef de Consortium News est un journaliste chevronné qui a des dizaines d'années d'expérience dans certains des médias les plus puissants de l'establishment. Son premier emploi professionnel a été au New York Times en 1976.

En 1990, il a commencé à faire des reportages sur les affaires internationales depuis le siège des Nations unies à New York pour de nombreux journaux, dont le Daily Mail et le Daily Telegraph en Grande-Bretagne, ainsi que six ans pour le Boston Globe et six ans et demi pour le Wall Street Journal.

Le rédacteur en chef de Consortium New a été journaliste d'investigation pour l'équipe du Sunday Times of London Insight et a fait de nombreuses apparitions dans les médias, notamment sur le BBC World Service, CNN et l'émission Good Morning America sur ABC.

De 1994 à 2003, il a été le correspondant des Nations unies pour Southam News, une chaîne de journaux canadiens qui possédait la Gazette de Montréal, l'Ottawa Citizen, le Vancouver Sun et plusieurs autres journaux. En 2000, l'ancien conglomérat médiatique canadien CanWest a acheté Southam au terme d'une  polémique. Le rédacteur en chef travaillait pour CanWest alors que celui-ci était également propriétaire de Global News (de 1997 à 2009).

Le rédacteur en chef de Consortium News est coauteur d'un livre avec l'ancien sénateur américain Mike Gravel, d'origine québécoise, qui est membre du conseil d'administration de Consortium News. M. Gravel était un ami personnel de l'ancien Premier ministre canadien Pierre Trudeau. Gravel a passé des vacances avec Trudeau à Noël 1977 dans une station de ski du Colorado.

Extrait de « A Political Odyssey » de Mike Gravel et Joe Lauria, Seven Stories Press, NY 2009

L'agence de renseignement du gouvernement de Justin Trudeau a accusé un organisme de presse indépendant, au sein duquel siège un ami proche du défunt père du Premier ministre, d'être « dirigé » par une puissance étrangère.

Le conseil d'administration de Consortium News comprend également le lanceur d'alerte des Pentagon Papers, Daniel Ellsberg, et le célèbre journaliste et cinéaste John Pilger. Ellsberg a travaillé pour le Pentagone et la RAND Corporation, et Pilger était correspondant pour le Daily Mirror et chroniqueur au New Statesman.

Ayant fait partie de l'establishment, ces écrivains, rédacteurs, producteurs et membres du conseil d'administration s'efforcent de fournir au public un point de vue sur les affaires américaines internationales et nationales significativement différent de celui des principaux médias institutionnels.

Dans leurs reportages, le CSE et Global News dépeignent un journalisme critique dirigé par une puissance étrangère, comme si la dissidence légitime et autochtone ne pouvait exister par elle-même.

Leur reportage s'inscrit dans le contexte d'une campagne plus large menée par des intérêts puissants pour lier leurs critiques à la Russie afin de les discréditer et de se protéger. Cela rappelle la campagne de la guerre froide du sénateur Joseph McCarthy, relancée lors de l'élection présidentielle américaine de 2016 et qui se poursuit, de toute évidence, jusqu'à aujourd'hui.

Joe Lauria est rédacteur en chef de Consortium News et ancien correspondant du Wall Street Journal, du Boston Globe, du Sunday Times de Londres et de nombreux autres journaux. Il peut être joint à l'adresse [joelauria@consortiumnews.com] et suivi sur Twitter @unjoe.

Source :  Consortium News, Joe Lauria, 21-01-2020

Traduit par les lecteurs du site  les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

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