19/03/2020 les-crises.fr  3 min #170589

Coronavirus, le récit choc d'un infirmier : « On dirait que les poumons s'éteignent »

Un patient et un personnel soignant

Source :  ANSA,, 16-03-2020

« La nuit est le pire moment parce que la fatigue pèse »

Un patient et un personnel soignant

Services épuisants, patients de tous âges et pas exclusivement des personnes âgées dont l'état empire soudainement « sans raison apparente », à cause d'un virus qui semble ne suivre aucun « schéma précis » : c'est ce récit qui désormais est devenu le quotidien d'un soignant du San Gerardo de Monza à l'époque du coronavirus qui a également le pouvoir de séparer les familles.

« Ce serait beau d'avoir la possibilité de mettre en contact les patients en réanimation et leurs proches, mais malheureusement ce n'est pas possible », a-t-il expliqué. Les patients sont à l'isolement et « quand sans aucune raison logique les poumons arrêtent subitement de fonctionner, comme s'ils s'éteignaient, parfois sans que l'on puisse inverser la situation, il n'y a pas de temps pour penser aux appels téléphoniques ». Il n'y a pas de tablettes. Et les masques manquent également. « Disons qu'il n'y en a pas toujours, leur nombre diminue », a poursuivi l'infirmier, « et depuis qu'il a été décidé de suspendre les tests pour les personnels soignants, beaucoup d'entre nous vivent seuls, après avoir envoyé les familles à la maison des amis et proches, pour ne pas les mettre en danger, et c'est très dur. »

Pour les infirmiers, comme l'a raconté le professionnel de Monza, « la sécurité n'est pas garantie parce que la protection réduirait drastiquement les effectifs, mais si nous ne faisons pas ce sacrifice, même s'il est difficile à accepter, qui le fera ? » Le décret du Président du Conseil des Ministres, impose de rester à la maison mais « évidemment beaucoup ne le comprennent pas encore, et la nôtre est une prière, après l'aimable demande, peut-être trop aimable, de l'État », a poursuivi le professionnel « si les indications sont respectées peut-être que dans un délai de 20, 30 jours on verra une amélioration ». Ce soir, pour lui comme pour ses collègues, s'ouvre une autre nuit longue : « le pire moment, parce nous sommes peu nombreux, la fatigue pèse et il y a tant de silence ».

REPRODUCTION RÉSERVÉE © Copyright ANSA

Source :  ANSA,, 16-03-2020

Traduit par les lecteurs du site  les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

 les-crises.fr

 Commenter