22/03/2020 les-crises.fr  4 min #170763

Claudio, gendarme et père de famille : tué à 46 ans par le Coronavirus

Cette reprise de ce type d'article - qui sera évidemment unique sur ce site - vise simplement à sensibiliser au fait que les moins de 60 ans ne doivent pas se sentir démobilisés par ce coronavirus.

Source : Fabio Conti, pour  L'eco Di Bergamo, le 21/03/2020.

Le gendarme, 46 ans, laisse derrière lui sa femme et sa petite fille de 10 ans. Il était confiné chez lui depuis le 28 février, suite à la disparition de son beau-père positif au Covid-19.

«Allo, gendarmerie». Ce ton calme et ferme, qui rassurait avec seulement quelques mots. Cette sérénité que ceux à l'autre bout du fil espéraient souvent entendre en appelant le numéro d'urgence. Et Claudio Polzoni, gendarme affecté au centre d'appels de gendarmerie de Bergame, pendant presque douze ans, a rassuré, guidé, aidé, réconforté, soutenu et parfois consolé ou bien même, quand c'était nécessaire, soigné des milliers d'habitants de Bergame. Le coronavirus a encore frappé et emporté cette belle voix amicale. Il l'a emporté jeudi soir, à seulement 46 ans, l'arrachant à sa femme Christina et sa fille de seulement dix ans, ainsi qu'à tous ses collègues de centre de commandement départemental où il avait été en service jusqu'au 28 février dernier.

Claudio, ce gendarme et papa nous a quitté en peu de jours, comme cela est souvent le cas dans le drame que l'on vit avec ce virus maudit. A la fin du mois de février son beau-père, habitant de Treviglio (Lombardie), a disparu lui aussi, arraché aux siens par le Covid-19. Le gendarme Polzoni habitait à Brignano Gera d'Adda avec sa femme, originaire de Treviglio, et sa fille. Depuis 2012 sa vie était partagée entre sa famille - avec des journées faites de quotidienneté mais aussi de nombreux moments d'évasion et de voyages - et sa vie professionnelle au centre opérationnel. En service avec le grade de « sous-officier qualification spéciale », Claudio Polzoni est né à Sesto San Giovanni, aux portes de Milan, le 22 mai 1973. Diplômé de l'institut ITITS de Sesto San Giovanni, il s'est engagé dans la gendarmerie à vingt-et-un ans: c'était en 1994, le jeune Polzoni a commenc » par suivre une année de cours à Rome. Entre 1995 et 1999 il fut en service en Sardaigne, à la gendarmerie de Sadali, petit centre du sud de l'île. Pour lui cette expérience a été une école de la vie autant que professionnelle: le rapport direct avec les personnes, la capacité empathique, la prise en charge en première ligne des problématiques des citoyens, qu'elles soient grandes ou petites. Un «passage forcé pour monter en grade" comme on dit, qui vaut aussi pour les militaires de la gendarmerie, et qui allait servir à l'opérateur dans les années suivantes au service du centre de commandement opérationnel, entre autre de Bergame.

Après une parenthèse en Vénétie, de 1999 à 2000 dans le centre de gendarmerie de San Giovanni Lupatoto, où il continua le même type de travail que celui initié sur les terres sardes, en 2000 Polzoni se spécialisa opérateur du centre opérationnel.

Avant d'arriver au commandement de la province de Bergame, Polzoni y était en service de 2000 à 2002. En 2002, il est retourné dans sa Lombardie natale, en passant douze ans au centre de commandement de Seregno, dans la province de Monza et Brianza.

Suite à la rencontre dans ces années-là de sa future femme, sa fille naît il y a dix ans, et en 2012 ils déménagent au commandement régional de la province de Bergame. Toujours avec le rôle d'opérateur de la centrale, Polzoni gérait une administration ordinaire faite de milliers d'appels chaque jour: des appels qui vont de simples demandes d'informations à des cas plus graves : les vols, les enlèvements, les meurtres. Un travail d'équipe avec un ou deux collègues par tour de garde: parce qu'au centre opérationnel on ne reçoit pas seulement, et ça va sans dire, des milliers d'appels quotidiens. Il y a aussi les caméras de vidéo-surveillance à contrôler, la coordination avec les centrales opérationnelles des autres compagnies de la province de Bergame (Treviglio, Clusone e Zogno), ainsi que la gestion de toutes les patrouilles de la gendarmerie sur le territoire, à travers les radios et au contact des officiers pour les cas les plus graves.

À la centrale Claudio Polzoni était présent jusqu'au 29 février. Puis il avait pris quelques jours de repos suite à la disparition de son beau-père pour rester proche de son épouse dans un moment où, ne serait-ce que dire adieu à nos proches, sans pouvoir voir le corps ni organiser de funérailles, devient un calvaire supplémentaire.

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