25/03/2020 francais.rt.com  4 min #171002

Les pays européens acceptent d'ouvrir les négociations d'adhésion de l'Albanie et la Macédoine

Les pays de l'UE ont approuvé l'ouverture des négociations d'adhésion à l'Union pour la Macédoine du Nord et, sous conditions, l'Albanie. «Un message fort et clair aux Balkans occidentaux», selon la Commission européenne.

Le 24 mars, les pays membres de l'Union européenne ont approuvé l'ouverture des négociations pour intégrer la Macédoine du Nord et, sous conditions, l'Albanie, a annoncé le commissaire européen à l'Elargissement, Oliver Varhelyi, à l'issue d'une réunion en vidéoconférence avec les ministres européens.

«Je suis très heureux que les Etats membres de l'UE soient parvenus aujourd'hui à un accord politique sur l'ouverture des négociations d'adhésion avec l'Albanie et la Macédoine du Nord», a-t-il déclaré sur Twitter. «Je félicite de tout cœur ces deux pays. Cela envoie également un message fort et clair aux Balkans occidentaux : votre avenir est dans l'UE», a-t-il encore écrit.

Very pleased that #EU member states today reached political agreement on opening of accession talks with #Albania and #North #Macedonia. I wholeheartedly congratulate both countries. This also sends a loud and clear message to #WesternBalkans: your future is in EU.

La présidente de la Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen s'est déclarée «ravie» de cette décision et a espéré que «les dirigeants de l'UE l'approuveront cette semaine».

Les ministres des Affaires européennes ont entériné l'accord trouvé la veille par leurs ambassadeurs à Bruxelles. Mais il ne s'agit que d'un «accord politique», a souligné le commissaire. Il doit être confirmé par une procédure écrite ce 25 mars et entériné par les dirigeants de l'UE lors de leur sommet virtuel le 26, selon un responsable européen.

A Skopje, le Premier ministre de Macédoine du Nord Oliver Spasovski a jugé que Bruxelles avait «rectifié son erreur stratégique». «L'UE est notre perspective. Un point de non retour», a-t-il estimé.

«L'Albanie va continuer à faire ses devoirs»

Le cas de l'Albanie fait aujourd'hui face aux exigences de l'Allemagne et des Pays-Bas qui demandent à Tirana des réformes à accomplir avant l'ouverture formelle des négociations.

L'Albanie doit entre autres adopter une réforme électorale, assurer un financement transparent des partis politiques et des campagnes électorales. Le pays doit également poursuivre la mise en œuvre de la réforme judiciaire, notamment en assurant le fonctionnement de la Cour constitutionnelle et de la Haute Cour, et finaliser la mise en place des structures spécialisées dans la lutte contre la corruption et la criminalité organisée, précise le projet d'accord.

«Ces conditions sont strictes mais équitables», a estimé le commissaire Olivier Varhelyi.

Le Premier ministre albanais Edi Rama a salué cette décision tout en prenant acte du chemin à parcourir. «La chambre d'attente a été enfin ouverte», a-t-il déclaré sur Facebook. «Nous allons continuer à faire nos devoirs, pas parce qu'on nous le demande mais parce que nous le devons à nos enfants», a-t-il ajouté.

Un élargissement et des réticences

Si l'ensemble des Etats membres ont finalement accepté d'ouvrir les négociations, le président français Emmanuel Macron s'était pourtant explicitement opposé à l'ouverture.

Marine Le Pen a d'ailleurs dénoncé, ce 25 mars, le retrait par le président de la République, «en catimini» et «en pleine crise sanitaire», du veto français à ce sujet. «En pleine crise sanitaire, Macron fait passer en catimini une décision rejetée par une majorité de Français ! On s'en souviendra», a-t-elle écrit.

«Plusieurs autres Etats avaient émis des doutes et des réserves», a reconnu le commissaire Varhelyi. L'Allemagne, les Pays-Bas et le Danemark ont été parmi les plus durs et ont imposé de nouvelles conditions à Tirana avant de donner leur accord pour lancer le processus d'adhésion.

La France a pour sa part obtenu une nouvelle procédure d'adhésion à l'UE plus stricte et réversible, avec la possibilité de suspendre ou d'arrêter les négociations avec les candidats.

Deux autres pays des Balkans occidentaux ont commencé le processus pour adhérer: le Monténégro en 2012 et la Serbie en 2014.

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