09/05/2020 reseauinternational.net  11 min #173611

Covid-19 - Point de situation du 9 mai 0h00 Gmt

par Dominique Delawarde.

Avant-propos : Aujourd'hui c'est le thème « du patient zéro et du pays responsable de l'épidémie » que nous évoquerons. Chacun le sait, deux grandes thèses s'opposent :

1 - Responsabilité chinoise avec trois hypothèses :

- Origine accidentelle soit venant du marché aux animaux de Wuhan (H1), soit d'une « fuite » du laboratoire P4 (H2). C'est la première de ces deux hypothèses qui est majoritairement et officiellement retenue, aujourd'hui, par les services de renseignement des grands pays occidentaux. Ces deux premières hypothèses me paraissent plausibles sans être certaines.

- Origine délibérée (H3). Les chinois auraient fabriqué une arme biologique et auraient volontairement initié la pandémie pour « abattre l'occident et s'emparer de la suprématie mondiale ». Ce genre de thèse a un degré de plausibilité proche de celle de la poudre de Perlin-Pimpin de Colin Powell à l'ONU, poudre étant censé représenter un échantillon des armes de destruction massives de Saddam Hussein. Pourquoi cette thèse n'est-elle pas crédible ? Parce que les Chinois ont toujours inscrit la montée en puissance de leur pays dans le temps long et que, contrairement à leurs concurrents occidentaux, ils privilégient la paix, favorable aux activités commerciales, leur domaine de prédilection, à la guerre, toujours désastreuses pour ceux qui la font. Pourquoi la Chine irait-elle se fourvoyer dans ce genre d'opération à haut risque face à un occident en déclin et alors même que la suprématie économique mondiale lui est promise à moyen terme. Par ailleurs, les sites internet qui tentent de promouvoir cette thèse sont des sites souvent anglosaxons qui représentent la frange la plus extrême des néoconservateurs : Ceux qu'une guerre contre la Chine ne dérangerait pas, persuadés qu'ils sont qu'ils la gagneraient. Observons qu'aucun service de renseignement et aucun média mainstream n'a jamais repris cette thèse à son compte.

2 - Responsabilité US : C'est une thèse défendue par les Chinois, donc quasi-totalement absente de nos médias, et qu'il nous faut par conséquent détailler davantage.

La délégation militaire US aux Jeux Mondiaux militaires d'octobre dernier auraient, par accident ou délibérément, importé le coronavirus en Chine et y aurait donc initié l'épidémie.

Cette thèse est-elle possible et plausible ?

Sans pour autant la privilégier, ma réponse est oui pour les raisons suivantes :

- Un reportage de la chaîne TV israélienne Channel 12, repris par la chaîne TV française i24 nous apprend qu'un rapport de la CIA a été remis dans la deuxième semaine de Novembre 2019 au Président Trump. Ce rapport annonçait l'épidémie de coronavirus en Chine. Ce rapport classifié n'aurait pas été jugé « intéressant » par Trump, mais ses conclusions auraient été transmises à l'OTAN et à Israël. Cette information venue d'Israël est particulièrement intéressante. Visionnez la vidéo.

Les chaînes TV Channel 12 et i24 n'ont pas la réputation d'être des chaînes TV à Fake News lorsqu'elle traite d'un sujet concernant leur allié US. En clair, cette information est très probablement vraie. Elle n'a d'ailleurs pas été démentie par le Secrétaire d'État US et par la CIA qui n'hésitent jamais à le faire lorsque c'est nécessaire...

Décryptons : Pour qu'un rapport soit remis au Président US en deuxième semaine de Novembre, son rédacteur doit se fonder sur des certitudes, collectées et assemblées dans les jours précédents, donc juste après les Jeux mondiaux militaires. Certains athlètes français pensent et/ou déclarent aujourd'hui avoir été contaminés lors de ces championnats. Selon TF1 d'hier soir, on aurait trouvé en France un possible patient zéro français en deuxième quinzaine de novembre.

Questions :

- Comment la CIA pouvait-elle savoir avec autant de certitude à la fin des jeux mondiaux qu'un virus dangereux allait initier une épidémie à Wuhan ?

- Pourquoi a-telle rédigé un rapport « classifié », alors qu'une information concernant le monde entier aurait dû recevoir une diffusion plus large ?

- Pourquoi la CIA n'a-t-elle prévenu que l'OTAN et Israël, ses alliés militaires, alors que la nouvelle aurait dû intéresser la Chine et beaucoup d'autres partenaires asiatiques qui auraient peut-être pris des mesures plus tôt ?

- Comment se fait-il que des accusations soient portées contre la Chine d'avoir alerté trop tard en Janvier alors que la CIA savait dès Novembre et avait déjà alerté l'OTAN et Israël.

- La CIA aurait-elle pu, de son plein gré et à l'insu du Président US, jouer un coup qui aurait plutôt bien débuté entre novembre et février, mais qui aurait très mal tourné pour les occidentaux entre mars et mai ?

Quelques renseignements complémentaires permettent de prendre cette hypothèse au sérieux.

1 - Il y a des précédents dans les mensonges avérés US et les coups tordus : on se souvient tous de la poudre de Perlin Pimpin de Colin Powell à l'ONU pour déclencher une guerre meurtrière de changement de régime en Irak, mais aussi de l'affaire des couveuses du Koweït, des faux massacres de Timisoara, de Racack ou de Benghazi... Le mensonge et les coups tordus sont donc dans les gènes de la CIA. Son ancien chef et actuel Secrétaire d'État US Mike Pompeo n'a-t-il pas déclaré lui-même : « Lorsque j'étais directeur de la CIA, nous avons menti, triché, volé... C'était comme si nous avions reçu une formation complète pour le faire »...

2 - On sait que la Chine menace la suprématie économique mondiale des USA et a, pour cela, été inscrite comme la menace numéro un dans la «2018 National Military Strategy » US.

3 - On sait que les USA ont de nombreux laboratoires d'études pour élaborer des armes biologiques (Quelques-uns sur leur territoire dont celui de Fort Detrick, mais 25 autres dans des pays étrangers) et on sait aussi qu'ils ont déjà travaillé sur le coronavirus.

4 - On sait qu'il existe dans la gouvernance US ou dans l'oligarchie financière qui la conseille et la soutient des gens assez fous et malintentionnés pour tenter ce genre de coup tordu.

Conclusion : Je n'écarte encore aucune des thèses évoquées ci-dessus, mais j'ai tendance à en privilégier une. À chaque lecteur de privilégier la sienne....

*

Point de situation du Samedi 9 mai 0h00 GMT

Depuis le début de l'épidémie :

212 pays ou territoires ou bateaux (2) ont été affectés par le virus, pour 4 009 292 (+ 190 149 en 48 h) cas déclarés.

275 976 (+ 11 139 en 48 h) décès ; 1 382 772 guérisons (+ 83 510 en 48 h) ;

2 350 944 patients en cours de traitement (+ 95 200 en 48 h), dont 48 703 en état critique (+ 489 en 48h)

À noter que :

8 pays ou territoires ne seraient toujours pas affectés par l'épidémie à ce jour (Corée du Nord, Turkménistan, Lesotho, Tonga, Salomon, Îles Marshall, Micronésie, Palaos)

8 pays qui ont été affectés ne le sont plus, par guérison des cas enregistrés. (Saint Barth, Groenland, Anguilla, les Falklands, Surinam, Belize, Papouasie-Nlle Guinée, Nlle Calédonie). 3 pays qui en étaient sortis sont retombés dans l'épidémie (Yemen, Mauritanie et Sainte Lucie)

56 pays ou territoires ont eu de 1 à 100 cas détectés depuis le début de l'épidémie (28 d'entre eux ne comptent aucun décès, et les 28 autres ne comptent, au total, que 93 décès.)

68 pays ou territoires comptent entre 101 et 1 000 cas détectés depuis le début de l'épidémie pour un total de 906 décès

Sur les 210 pays ou territoires ayant été concernés par l'épidémie, 143 ont déclaré de 0 à 50 décès.

  • 5 589 décès du coronavirus déclarés le 7 mai et 5 550 le 8 mai
  • 22 pays ont déclaré plus de 1 000 décès depuis le début de l'épidémie : dans l'ordre des pertes (USA, Royaume Uni, Italie, Espagne, France, Brésil, Belgique, Allemagne, Iran, Chine, Pays Bas, Canada, Turquie, Suède, Suisse, Mexique, Irlande, Inde, Russie, Pérou, Équateur, Portugal). La Roumanie et l'Indonésie auront rejoint ce groupe d'États dans mon prochain rapport du 12 mai 0h00 GMT
  • Sur les 275 976 décès enregistrés dans le monde depuis le début de l'épidémie, 261 028 l'ont été dans ces 22 pays (94,6 %) et 234 579 (85%) dans les pays occidentaux (US, UE, OTAN).
  • 4 162 des 5 550 décès déclarés hier (75%) sont « US, UE, OTAN ». C'est ce camp qui paye aujourd'hui et payera demain le prix le plus fort tant sur le plan humain que sur le plan économique (récession + crise économique et sociale probable)

Au niveau de la planète, l'épidémie reste vive tant aux USA qu'au Royaume Uni. Elle s'étend en Amérique latine et particulièrement au Brésil. Elle reflue ailleurs en Europe qui a, très majoritairement, commencé son déconfinement depuis la mi-avril.

Les bilans devraient encore s'alourdir aux USA, au Royaume Uni et au Brésil. Le cap des 4 millions de cas a été franchi hier, celui des 300 000 décès le sera le 11 ou 12 mai.

Les bilans les plus lourds de la journée d'hier restent ceux des USA, du Brésil et du Royaume Uni, Ces pays ont déclaré hier, à eux trois : 45,3% des nouveaux cas, 56% des nouveaux décès et 55,1% des cas critiques de la planète.

Un tableau du bilan actuel du nombre de cas et de décès par grande région du monde permet de réaliser celles qui s'en sortent bien, pour l'instant, et celles qui ont souffert et continuent de souffrir.

L'Asie, à l'exception de la Turquie, de l'Iran, du Japon, de l'Inde et du Pakistan, est quasiment sortie de l'épidémie. Sa part est désormais stable. La part du continent américain (Nord et Sud) et de l'Afrique s'accroît très progressivement. L'analyse du tableau ci-dessus montre que les pays en développement, les plus pauvres, s'en tirent mieux que les pays riches qui ont pourtant les moyens de mieux soigner. Avec 25,94% des cas déclarés, les pays en développement n'enregistrent que 15,31% des décès....

Pour relativiser encore et toujours les bilans humains de cette pandémie, l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) nous apprend que, chaque année, la grippe saisonnière est responsable de 5 millions de cas « graves » qui entraînent entre 280 000 et 600 000 décès. Le Covid-19 n'a, à ce jour, affecté que 4 millions de personnes (testées) dont près de 600 000 cas graves qui se sont traduits par 276 000 décès.

Situation par pays

Les USA ont enregistré hier, à eux seuls, 30% des cas Covid de la planète. Ils ont les pertes cumulées les plus élevées (près de 78 600 décès). Le nombre des décès quotidiens se maintient au-dessus des 1 650. Le nombre de patients en cours de traitement a dépassé le million. Il a fortement augmenté hier (+ de 21 000). Celui des cas critiques augmente encore à près de 17 000). Les USA ne sont toujours pas au bout de leur peine.

La situation du Royaume Uni reste mauvaise. Le nombre de patients traités continue d'augmenter rapidement. Il est proche de 180 000. Le nombre des décès quotidiens devrait rester, quelques jours encore, au-dessus des 600. Le Royaume uni est loin d'en avoir fini avec l'épidémie.

La situation du Brésil continue de s'aggraver. Tous les indicateurs sont au rouge. Les nombres des nouveaux cas (3ème au monde derrière USA et Russie) et des cas critiques (2ème derrière les USA à 8 318) restent très élevés. Le nombre de décès est resté élevé lors des dernières 48 heures. Le Brésil est maintenant dans le dur de l'épidémie.

La situation de la France continue de s'améliorer. Le nombre de cas critiques est en baisse. Le taux de mortalité est, à ce jour, de 401 décès par million d'habitants (hors décès à domicile), pour une moyenne mondiale de 35,4. Ce taux de mortalité est le 5ème de la planète.

Alors que l'épidémie s'achemine vers sa fin, la France s'est enfin mise à tester et commence à rattraper son retard. Avec 21 213 tests par million d'habitants, la France est désormais à la 46ème place mondiale pour cette activité recommandée par l'OMS dès le 17 mars. Elle pourrait atteindre, en fin d'épidémie, le nombre quotidien de tests qu'elle aurait dû réaliser au début, pour espérer ralentir la propagation du virus et sauver un maximum de vies. À ce jour, son nombre de tests par million d'habitants reste plus de 2 fois inférieur à ceux du Portugal et de l'Irlande et derrière ceux de la Biélorussie et de la République Tchèque, pays pourtant peu affectés par l'épidémie: c'est « encore trop peu et surtout beaucoup trop tard » pour un grand pays développé.... (décision prise avec trois semaines de retard par le ministre de la santé pour exploiter les capacités existantes des laboratoires vétérinaires).

Avec un taux de guérison, à ce jour, de 40% des cas confirmés, au niveau national, la France fait moins bien que l'Espagne qui a en déjà guéri 64,7%. Elle a beaucoup moins guéri que l'Allemagne qui a déjà renvoyé 83% de ses patients chez eux, que la Suisse qui en a guéri 86%, que l'Autriche qui en a guéri 87,7%... etc. Il semble donc que l'on reste beaucoup plus longtemps à l'hôpital en France qu'ailleurs. Peut-être est-ce parce que l'on y est admis trop tard et qu'aucun traitement préalable sérieux et efficace n'a été donné à de trop nombreux patients, en amont de leur admission, pour faire baisser leur charge virale...

Les conséquences de l'interdiction faite aux médecins de ville de prescrire certains médicaments pour aider les patients à faire baisser cette charge virale devront être étudiées de près après l'épidémie. Les responsabilités politiques et celles du fameux « conseil scientifique » devront être évaluées. Les liens de chacun des membres de ce conseil scientifique avec les laboratoires pharmaceutiques devront être recherchés sur plusieurs années. Il nous faudra comprendre pourquoi ce genre de décision n'a été jugée intelligente qu'en France...

Les résultats du sondage en ligne du journal « le Point » ont évolué. À la question : « Faites-vous confiance à Emmanuel Macron et à son gouvernement pour mener à bien le déconfinement de la France ? », 10 975 (15,8%) ont répondu oui et 58 325 (84,2%) ont répondu non (le 9 mai à 0h00 GMT).

Les situations de l'Italie et de l'Espagne s'améliorent, avec une baisse des cas critiques, une hausse très sensible des guérisons dont le nombre est beaucoup plus important que les nouveaux cas. Les décès restent sous la barre des 250/jour pour ces deux pays.

La situation de l'Allemagne poursuit son amélioration alors même qu'elle déconfine : trois fois plus de guérisons que de nouveaux cas hier, baisse sensible du nombre des patients sous traitement (- 1 200 hier), baisse des nouveaux cas, des cas critiques et des décès. L'opération de déconfinement, commencée il y a déjà 19 jours, semble parfaitement réussir jusqu'à présent, si l'on s'en tient aux indicateurs. Il y a peut-être quelques retours d'expériences à prendre en compte pour la nôtre.

La Belgique : Avec un taux de mortalité de 735 décès par million d'habitant, la Belgique est et restera le leader incontesté de cet indicateur. La Belgique a commencé son déconfinement avec des indicateurs (rapportés à la population) bien moins bons que ceux de la France aujourd'hui. Il y aura peut-être des enseignements à tirer...

Les situations de la Belgique, de la Suède, de l'Iran, du Canada, de l'Inde, de l'Irlande, du Portugal et de l'Équateur sont stables, celles de la Turquie et de la Suisse s'améliorent, celles de la Russie et du Brésil se détériorent. À noter que pour la Turquie le nombre de guérisons est désormais plus important que celui des nouveaux cas. Si les pertes restent très importantes pour un petit pays comme la Belgique et importantes pour l'Irlande, la Suisse et la Suède, elles restent faibles pour l'Iran, la Turquie et le Canada et très faibles pour la Russie.

La Russie teste toujours énormément (175 000 tests hier), d'où un nombre très élevé de nouveaux cas détectés (encore 2ème derrière les USA avec 10 700). Le compteur des cas sérieux ou critiques est bloqué à 2 300 depuis plusieurs jours. Avec près de 160 000 patients sous traitement, la Russie arrive en 3ème position derrière les USA et le Royaume Uni. Le nombre des décès devrait croître dans les jours qui viennent mais il restera faible car la politique « Test, Test, Test,... et traite » préconisée par l'OMS et appliquée dès le départ en Russie paye. Les patients détectés et traités au plus tôt ont beaucoup plus de chance de survie que ceux admis et traités trop tard dans les structures hospitalières...

L'épidémie continue de s'étendre progressivement en Amérique latine. C'est particulièrement vrai au Brésil, mais aussi, dans l'ordre des pertes humaines, au Mexique, en Équateur, au Pérou, en Colombie, en République Dominicaine, au Chili, en Argentine, et au Panama.

Les taux de mortalité par million d'habitants des 22 pays ayant dépassé les 1 000 décès, dans le tableau ci-dessous, donne une petite idée des zones géographiques les plus touchées et de la qualité de la gestion de l'épidémie par les gouvernances de chacun des états.

Pour mémoire, le taux de mortalité Covid-19 est de 35,4 décès par million d'h. au niveau mondial.

Le tableau présenté ci-après ne comporte que les 66 pays ayant enregistré plus de 3 000 cas. Il représente plus de 98,7% du bilan des pertes humaines déclarées de la pandémie.

Ci-après, voici le tableau de données concernant l'Europe et l'UE face à l'épidémie.

Europe (et l'UE) face à l'épidémie

Rappel : à ce jour, le taux « mondial » de mortalité du Covid-19 est de 35,4 décès par million d'habitants

 Dominique Delawarde

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admin 2020-05-11 #9490
Ya qq jours #SibethNdiaye critiquait l’Italie. Aujourd’hui la France décroche la palme. Mais c’est bien géré sinon