14/05/2020 tlaxcala-int.org  8 min #173887

Clown bavarois contre Hezbollah ou L'art allemand d'interdire une organisation sans l'interdire tout à fait

 Yavuz Özoguz

La politique étrangère allemande n'existe plus dans la pratique et ne peut être considérée que comme un spectacle de marionnettes actionnées par les USA et Israël. Néanmoins, même dans le cadre de cette politique étrangère asservie, il existe encore des lignes de faille qui doivent évidemment être cachées aux yeux du peuple allemand, car une politique totalement dégénérée ne pourrait pas expliquer les circonstances.

"Pour une interdiction du Hezbollah", "Israël est sur la carte pour y rester", "Solidarité avec Israël" : manifestation sioniste à Belin en 2016

Selon sa propre déclaration sur la page d'accueil du ministère de l'Intérieur, le ministre fédéral de l'Intérieur Horst Seehofer, de la CSU a, le 30 avril 2020, en plein mois de Ramadan, « interdit l'activité de l'organisation terroriste chiite Hizb Allah (en allemand : « Partei Gottes » également « Hisbollah ») en Allemagne. Les autorités policières ont perquisitionné des objets [sic] à Berlin, Brême, Münster, Recklinghausen, Dortmund et dans d'autres endroits ce matin (le 30/4.), à 6 heures » (1). Afin de donner du poids à son ordre d'interdiction, il a effectué des raids dans quatre mosquées, qui étaient complètement vides en raison des dispositions coronavirales, avec environ 400 policiers armés jusqu'aux dents. La qualification d' « Organisation terroriste chiite » est à elle seule une insulte à plus d'un million de citoyens chiites allemands. Indépendamment de la position du Hezbollah, il a toujours été une organisation libanaise, qui, comme on le sait, était également soutenue par des chrétiens et des personnes d'autres confessions. Mais cette déclaration n'est pas la première expression de haine du ministre de l'Intérieur, qui de toute évidence ne veut de toute façon pas de l'Islam en Allemagne.

Une des cibles des perquisitions : la mosquée Al Irchad à Berlin (voir ci-dessous)

Après les vives protestations de presque toutes les associations et fédérations chiites connues en Allemagne et les innombrables réactions de l'étranger - également en raison des profanations de mosquées accomplies de manière délibérément provocante - aujourd'hui, l'ambassadeur allemand au Liban Georg Birgelen a été convoqué au ministère libanais des Affaires étrangères. Cela fait désormais partie du quotidien journalistique médias allemands de se contenter de garder secrètes des informations qui contredisent leur propre propagande. Dans sa convocation chez le ministre libanais des Affaires étrangères Nassif Hitti, Birgelen aurait déclaré que l'Allemagne n'avait pas expulsé l'ensemble du Hezbollah en tant qu'organisation terroriste, mais avait seulement interdit ses activités en Allemagne (2). Quelques jours plus tôt, le Conseil central des Juifs d'Allemagne avait pourtant salué l'interdiction de tout le parti. « Il était grand temps que l'Allemagne suive d'autres États et interdise le Hezbollah », a déclaré le président du Conseil central, Josef Schuster (3).

La perception du public - en particulier les lecteurs excités par la presse de Springer - était que le Hezbollah n'était que « partiellement » interdit en Allemagne jusqu'au 30 avril 2020, et qu'il désormais complètement interdit. Curieusement, le ministre fédéral de l'Intérieur a également la phrase suivante sur sa page : « Puisque le Hizb Allah est une organisation étrangère, il n'est pas possible d'interdire et de dissoudre l'organisation en tant que telle » (1).

Il n'est donc pas possible d'interdire le Hezbollah parce qu'il s'agit d'une organisation étrangère. C'est vrai : Le Hezbollah est une organisation libanaise et n'a eu aucune intention d'être actif en Allemagne de quelque manière que ce soit. Mais est-il vraiment impossible pour un ministre de l'intérieur d'interdire une organisation étrangère ? En matière de communication, même le ministère de l'intérieur a une opinion différente. Par exemple, dans le rapport de 2018 sur la protection de la constitution, le « Parti des travailleurs du Kurdistan » (PKK) est « interdit » (4). Le rapport est consultable sur le site ouèbe du ministère fédéral de l'intérieur (BMI). Personne ne doute que le PKK est une association étrangère. Si l'on poursuit les recherches, on constate que, bien qu'il soit question d'une interdiction, le ministère de l'Intérieur a « seulement » émis une interdiction des activités contre le PKK. Le fait que cette interdiction n'ait jamais été correctement appliquée parce que la politique allemande est du côté du PKK est une autre histoire.

On peut affirmer, à titre provisoire, qu'il n'y a en fait aucune différence juridique entre une interdiction d'association et une interdiction d'activité, mais qu'il existe des différences dans les motivations données. On peut donc imaginer que l'action du 30.4. a surtout servi le but d'offrir un spectacle pour les médias embarqués au bon moment. Selon la police, l'un des objectifs était de recueillir des preuves afin d'interdire les associations concernées (et d'autres).

Alors comment évaluer la question de la classification du Hezbollah en tant qu'organisation terroriste ? Jusqu'au 30 avril, « seule » la branche militaire du Hezbollah était classée comme organisation terroriste en Allemagne, conformément à la liste des organisations terroristes de l'UE. Aucune nouvelle entrée n'a été enregistrée sur la liste du terrorisme de l'UE depuis août 2019. On y trouve toujours la mention « Hizballah Military Wing » (aile militaire du Hezbollah) (5). On ne voulait (encore) plaisanter avec l'ensemble de cette organisation, qui après tout siège au parlement libanais et fournit parfois aussi des ministres. L'Allemagne elle-même ne dispose pas de sa propre liste de terroristes, qui s'écarterait de la liste de l'UE. Le ministre de l'Intérieur s'est-il contenté d'interdire le fonctionnement de la branche militaire du Hezbollah ou a-t-il interdit l'ensemble du parti ? Et s'en tient-il au point de vue de l'UE selon lequel seule la branche militaire est classée comme organisation terroriste, ou a-t-il plus ou moins secrètement ouvert sa propre liste allemande de terroristes à cet égard en interdisant le Hezbollah ?

Attention, maintenant les choses se compliquent ! Permettez-moi de vous rappeler une fois de plus : sur la page d'accueil du BMI, il est écrit : « Étant donné que le Hizb Allah est une organisation étrangère, il n'est pas possible d'interdire et de dissoudre l'organisation en tant que telle » (1). Mais vous pouvez également lire sur la page d'accueil du ministère fédéral de l'intérieur l'« Annonce d'une interdiction d'association contre l'association Hizb Allah (en allemand : "Partei Gottes") alias "Hezbollah" alias "Hizbollah" alias "Hisbollah" (6). Soit dit en passant, le Hezbollah n'est pas une association, mais un parti politique. Et c'est certainement une innovation du ministère fédéral de l'Intérieur d'interdire un parti politique par ordonnance. Lorsque l'ancien ministre fédéral de l'intérieur de Meziere a interdit d'activités Daech, il ne l'a pas qualifié d' interdiction d'une association, comme on peut également le lire chez le BMI (7). On peut donc se demander ici si l'interdiction d'activités de Seehofer n'était pas juridiquement nulle et non avenue, ne serait-ce que pour des raisons formelles, parce qu'elle a été faussement déclarée comme une interdiction d'association et que, par conséquent, non seulement l'ensemble de l'action policière, mais aussi le ministre de l'intérieur étaient illégaux ?

L'objectif des raids sur les mosquées est également quelque peu flou. Supposons que les fonctionnaires irrespectueux trouvent effectivement une ou deux indications que ces associations avaient une quelconque relation avec la branche non militaire du Hezbollah avant l'interdiction d' activités, qu'il serait possible de s'aventurer à reconstituer. Le ministre de l'Intérieur veut-il alors interdire l'association allemande parce que son interdiction d'activités est également valable rétroactivement ? Mais si le contact n'était pas interdit auparavant et qu'il ne l'est qu'avec l'interdiction d'activité, quel sens ont des fouilles de sept heures avec une demi-centaine de fonctionnaires dans une salle qui pourrait être complètement fouillée en une heure par deux ou trois personnes ?

Résumons : Nous avons donc une interdiction d'activités du Hezbollah en Allemagne, qui est annoncée comme une interdiction d'association, bien qu'une interdiction d'association des contre les organisations étrangères ne soit même pas possible. Et toutes les informations se trouvent sur la page d'accueil du BMI. Pas étonnant que le ministre libanais des Affaires étrangères ait convoqué l'ambassadeur allemand pour avoir une explication. Car, indépendamment du caractère anticonstitutionnel de l'attaque contre les mosquées, ce méli-mélo allemand est difficile à comprendre.

Je ne sais pas comment le pauvre ambassadeur allemand a expliqué une interdiction d'activités étiquetée « interdiction d'association » d'une association qui n'existe même pas en Allemagne. Et parce que probablement même le ministre fédéral de l'Intérieur n'a jamais compris ce qu'il a fait et les immenses dégâts qu'il a causés à l'Allemagne, l'affaire est maintenant balayée sous la table par les pressetitués. L'Allemagne ne reçoit plus que les applaudissements des USA et d'Israël. Quelle situation pitoyable pour un pays qui était autrefois considéré comme le pays des poètes et des penseurs. Il est devenu le pays des lâches et des sournois. On exécute chaque ordre des USA et d'Israël comme des moutons. À cette occasion, les citoyens allemands ont appris - tout à fait en passant - que la participation nucléaire de l'Allemagne signifiait qu'en cas de guerre, l'Allemagne devrait transporter les bombes nucléaires usaméricaines vers leur destination dans ses propres avions. Un homme politique allemand [Rolf Mützenich, chef du groupe parlementaire SPD] a voulu remettre cela en question et a été immédiatement puni pour cela (8). L'Allemagne reste complice de tous les crimes commis par les USA et Israël. Voyons voir combien de temps encore ?

J'entends déjà le lecteur : « Ne sois pas si optimiste ! » L'Allemagne sera le tout dernier État à abandonner sa loyauté envers les USA et Israël. C'est exact. Mais je spécule non pas tant sur le fait que l'Allemagne abandonnera son soutien aux crimes, mais plutôt sur le fait que les USA et Israël n'existeront bientôt plus sous leur forme actuelle. Et alors nous vivrons un miracle similaire à celui qui s'est produit en Allemagne après la Seconde Guerre mondiale. Il ne se trouvera plus aucun Allemand ayant jamais soutenu les USA ou Israël.

Notes

(1)  bmi.bund.de

(2)  islamtimes.org

(3)  zeit.de

(4)  bmi.bund.de

(5)  eur-lex.europa.eu

(6)  bmi.bund.de

(7)  bmi.bund.de

(8)  sueddeutsche.de

Photos cachées des raids sur les mosquées

Il est toujours étonnant de voir à quel point les journalistes et les presstitués allemands sont embarqués qu'ils dissimulent des détails cruciaux d'une scandaleuse attaque de mosquée.

Un témoin oculaire fiable nous a décrit l'incident suivant et nous a envoyé des photos d'amateur prises de loin. On peut supposer qu'il y a de bien meilleures photos de cela chez les pressetitués, mais la population allemande ne doit pas voir qu'il y a aussi des Allemands courageux qui se rebellent contre un État policier islamophobe.

La mosquée Al Irschad à Berlin, qui a été forcée le 30 avril 2020 et perquisitionnée par des dizaines de policiers lourdement armés, se trouve au rez-de-chaussée et aux deux premiers étages d'un immeuble de plusieurs étages. Au-dessus de la mosquée, il y a au troisième étage un appartement communautaire d'étudiants allemands qui ne sont pas musulmans. Les étudiants, dont la composition change de temps en temps, comme c'est habituel dans les communautés d'étudiants, ont toujours eu de bonnes relations avec la mosquée. Celle-ci les invitait parfois à des événements, surtout des repas, ce que ces étudiants acceptaient avec gratitude. Le jour du raid de la police, les étudiants de l'étage supérieur ont vu ce qui se passait. Avec présence d'esprit, ils ont sacrifié un grand drap et ont écrit dessus :« Pas de raids sur les mosquées, les bars à chicha, HANAU, ni pardon ni 'oubli ». Hanau, c'est cette ville de Hesse où, en février de cette année, neuf personnes innocentes, pour la plupart musulmanes, ont été assassinées par un raciste.

Les étudiants ont accroché le drap à la fenêtre. Pas une seule des plus de 30 feuilles de propagande présentes n'a rapporté le fait. Pas une seule n'a publié une photo de la banderole.

Oui, ils existent encore, les étudiants allemands vigilants et rebelles qui s'engagent pour la justice. Alors que de nombreuses associations musulmanes ont baissé la tête face à ce raid sur les mosquées, une poignée d'étudiants allemands ont fait preuve de plus de courage et ont contribué à l'histoire de ce raid sur les mosquées, qui pourrait plus tard avoir une grande importance pour le pays.

Nous exprimons par la présente notre respect pour ces étudiants que nous ne connaissons pas : Que Dieu vous protège et vous récompense abondamment !

Courtesy of  Tlaxcala
Source:  muslim-markt-forum.de
Publication date of original article: 05/05/2020

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