21/05/2020 francais.rt.com  3 min #174217

Les Etats-Unis bloquent un texte de l'Onu sur la tentative de coup d'Etat au Venezuela

La Russie avait proposé au Conseil de sécurité un communiqué commun dénonçant le recours à des mercenaires au Venezuela, où d'anciens militaires américains ont été arrêtés après une tentative de coup d'Etat contre Nicolas Maduro.

Lors d'une réunion Conseil de sécurité de l'ONU, dans la nuit du 20 au 21 mai, les Etats-Unis ont opposé leur refus à l'adoption d'un communiqué de presse commun, rédigé par la Russie,  dénonçant le recours à des mercenaires au Venezuela, où d'anciens soldats américains ont récemment été arrêtés après une tentative de coup d'Etat contre Nicolas Maduro. Pour être adopté, le texte devait réunir l'unanimité des 15 membres de l'organisation onusienne.

Une décision accueillie avec une certaine circonspection par Dmitri Polyansky, représentant permanent adjoint de la Russie auprès de l'ONU. Selon lui, l'initiative proposée ne contenait pas «d'accusations». «Elle a été tuée en neuf minutes par la représentation américaine à l'ONU», a-t-il fait valoir sur Twitter, concluant ironiquement : «Des questions sur la position "constructive" des Etats-Unis à propos du Venezuela ?»

This is the draft proposed by Russia to be adopted after UNSC VTC today. No accusations, only support of basic common things. It was killed by the ⁦@USUN⁩ within 9 min from the start of silence procedure. Any questions on how “constructive” US position on #Venezuela is?

Le diplomate russe a également mis en ligne un brouillon du communiqué de presse commun proposé. «Les membres du Conseil de sécurité rejettent la menace ou l'usage de la force, comme stipulé dans la charte de l'ONU, réaffirmant leur engagement dans la condamnation du terrorisme dans toutes ses formes ainsi que l'usage de mercenaires», peut-on lire dans le document.

«Les membres du Conseil de sécurité appellent à une résolution de la situation au Venezuela par un dialogue entre les Vénézuéliens, sans ingérence, par des moyens pacifiques et politiques», est-il précisé.

Une «perte de temps» pour la représentation américaine

De son côté, l'ambassadrice américaine à l'ONU, Kelly Craft, a qualifié l'initiative russe de «perte de temps». «Les seules nations qui semblent violer la souveraineté du Venezuela sont la Russie et Cuba, qui - sans l'approbation du Parlement national - envoient régulièrement des militaires et des mercenaires dans le pays», a-t-elle encore fait savoir lors de  son discours devant l'assemblée, sans toutefois se donner la peine de produire des preuves à ces accusations.

Nous appelons à condamner sans équivoque la tentative d'invasion sur le territoire souverain du Venezuela

Elle a simplement évoqué «l'ingérence du vaste appareil du renseignement cubain» ainsi que des «rafles», «exécutions extrajudiciaires» et «tortures» prétendument ordonnées par Caracas, résultant selon elle de la «répression» exercée par «le gouvernement illégitime de Nicolas Maduro», pourtant démocratiquement élu.

Quelques minutes auparavant, Dmitri Polyansky avait insisté lors de  sa prise de parole sur l'importance pour les membres du Conseil de sécurité de «condamner sans équivoque la tentative d'invasion du territoire souverain du Venezuela».

Deux anciens soldats américains toujours prisonniers

Le 3 mai dernier, un commando avait tenté une incursion maritime le long des côtes de l'Etat de la Guaira avec l'objectif, selon le président Maduro, de le renverser.  Celui-ci avait alors accusé directement Donald Trump d'être derrière l'opération.

Deux vétérans de guerre américains, Luke Denman, 34 ans, et Airan Berry, 41 ans, avaient été fait prisonniers. Ils appartiennent tous deux à l'entreprise de sécurité Silvercorp USA, basée en Floride et fondée par un certain Jordan Goudreau, décrit sur le site de la firme comme «vétéran hautement décoré des forces spéciales américaines». Ce dernier a confirmé, en personne, l'identité des deux mercenaires.

Le 4 mai, la journaliste vénézuélienne Patricia Poleo, opposée au gouvernement de Caracas, avait révélé un document portant sur un accord passé entre Silvercop et l'opposant vénézuélien Juan Guaido, qui bénéficie du soutien de nombreux pays occidentaux, dont la France et les Etats-Unis, et cela même s'il peine à faire l'unanimité,  même au sein de l'opposition dans son propre pays. D'une valeur de 213 millions de dollars, le contrat portait sur un projet de renversement de Nicolas Maduro.  L'information avait été confirmée quelques jours plus tard par le Washington Post.

Ni les Etats-Unis, ni Juan Guaido,  n'ont reconnu avoir un quelconque rôle dans cette tentative ratée de coup d'Etat, qui n'est pas sans rappeler le célèbre débarquement de la baie des Cochons, à Cuba,  mené par des exilés cubains adoubés par le président américain John Kennedy en avril 1961. A l'époque, le commando avait pour objectif de renverser le leader socialiste Fidel Castro, récemment arrivé au pouvoir sur l'île et soutenu par l'URSS de Nikita Krouchtchev. En vain.

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