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17/05/2021 les-crises.fr  4 min #189703

Washpost : L'auteur d'une tribune opposée au retrait d'Afghanistan était lié à l'industrie de la défense

Le Washington Post a récemment publié  une tribune opposée à l'engagement du président Joe Biden de retirer les forces militaires américaines d'Afghanistan d'ici le 11 septembre 2021, rédigée par Richard Haass, président du Council on Foreign Relations, et Meghan O'Sullivan, « professeure à la Harvard Kennedy School et présidente nord-américaine de la Commission trilatérale » selon le Post. Cette biographie, telle qu'elle a été publiée vendredi, omettait un poste crucial et très lucratif occupé par O'Sullivan : membre du conseil d'administration de Raytheon Corp, l'un des cinq plus grands fabricants d'armes au monde.

Source :  Responsible Statecraft, Eli Clifton

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

Photo: Nicole Glass Photography via shutterstock.com

Le billet contestait le retrait des troupes engagées en Afghanistan proposé par Biden et ne mentionnait pas, à l'origine, l'intérêt financier que revêtait ce point de vue pour l'auteur.

La semaine dernière, le Washington Post a publié  une tribune opposée à l'engagement du président Joe Biden de retirer les forces militaires américaines d'Afghanistan d'ici le 11 septembre 2021, rédigée par Richard Haass, président du Council on Foreign Relations, et Meghan O'Sullivan, « professeure à la Harvard Kennedy School et présidente nord-américaine de la Commission trilatérale » selon le Post. Cette biographie, telle qu'elle a été publiée vendredi, omettait un poste crucial et très lucratif occupé par O'Sullivan : membre du conseil d'administration de Raytheon Corp, l'un des cinq plus grands fabricants d'armes au monde.

Raytheon, qui a un contrat de 145 millions de dollars pour former les pilotes de l'armée de l'Air afghane, est un important fournisseur d'armes à l'armée américaine. En d'autres termes, les armes de guerres sont le coeur d'activité de Raytheon et la fin de la plus longue guerre de l'Amérique constitue presque certainement une menace pour les résultats de l'entreprise.

O'Sullivan et le Post ont omis de noter le rôle de celle-ci dans le commerce des armes pour lequel elle a été payée 940 000 dollars en espèces et en actions entre 2017 et 2019.

Image saisie via un portable le 20 avril 2021

En effet, l'article a également omis de noter que le rapport du Groupe d'étude sur l'Afghanistan, que les auteurs ont cité et révélé que O'Sullivan était membre du groupe, était également largement composé de personnes ayant des liens financiers étroits avec l'industrie de l'armement.

Le rapport, que Haass et O'Sullivan ont cité pour contester l'évaluation de Biden selon laquelle al-Qaida ne représente plus un risque significatif et que la présence de troupes américaines en Afghanistan n'est pas dans l'intérêt vital de la sécurité nationale des États-Unis, a été rédigé par 15 anciens responsables politiques, officiers militaires à la retraite et experts régionaux. Une enquête menée par Responsible Statecraft et The Daily Beast [2 sites d'information, le premier ayant publié le présent article, NdT] a révélé que 11 des 15 membres, dont O'Sullivan, avaient des liens financiers actuels ou récents avec de grands fabricants d'armes.

Le Post, pour sa part, a discrètement modifié la biographie d'O'Sullivan mardi matin à la suite d'un tweet, et de la tempête de tweets qui s'en est suivie, que j'ai publié et qui soulignait l'appartenance non divulguée d'O'Sullivan au conseil d'administration de Raytheon.

Sa biographie modifiée reconnaît qu'elle « fait partie du conseil d'administration de Raytheon Technologies » mais ne souligne pas le conflit d'intérêt potentiel entre son opposition au retrait des troupes américaines d'Afghanistan et son rôle bien rémunéré dans l'industrie de l'armement.

En effet, la clarification de sa biographie par le Post est utile, mais le fait que le journal n'ait pas divulgué le conflit d'intérêts potentiel en permettant à un membre du conseil d'administration d'une entreprise d'armement de s'opposer à la fin d'une guerre de près de 20 ans sans même divulguer son appartenance au conseil d'administration encore quatre jours après la publication, montre la faible exigence en matière de divulgation des conflits d'intérêts dans les pages d'opinion d'un grand journal et dans le débat de politique étrangère.

Source :  Responsible Statecraft, Eli Clifton, 20-04-2021

Traduit par les lecteurs du site Les-Crises

 les-crises.fr

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admin [Commentaire] 2021-05-17 #10630

???

ce qui est fascinant c'est comment marche le cerveau suite à une affirmation de type "scandale", et qu'après il faille lire un truc autocontradictoire pour tenter de s'en dépêtrer