20/01/2023 legrandsoir.info  6 min #222720

De la grève à l'insurrection

Claire VÉRILHAC

Le Macron n'est pas humain c'est le nom du robot qui réunit dans notre pays tous les pouvoirs : politique, économique et médiatique. A la faveur d'une Constitution archaïque, de courtisans avides, d'argent-roi, et grâce au séparatisme érigé en mode de gouvernement, il s'est emparé du pouvoir et prépare activement sa reconversion sur notre dos. Et nous alors ?

C'est ce séparatisme, voulu par ceux qui se partagent le pouvoir, qui est à la base de tout conflit. Le riche contre le pauvre, le jeune contre le vieux, la Moselle contre Saint-Denis, le fusil contre le randonneur...

On n'en finirait pas d'énumérer tous les séparatismes mis en œuvre par le pouvoir pour arriver à ses fins : un bon job bien payé à la fin de son mandat ! Car ne nous y trompons pas c'est de cela qu'il s'agit.

Macron est un pur produit de la finance internationale qui convoite nos retraites. Il joue là son avenir en Europe ou ailleurs.

En l'absence de projet, le séparatisme a fait office d'Union Sacrée autour du Monarque Macron et il a réuni des politiciens avides, que ce soit face au terrorisme, au Covid, à la guerre ou... au football !.

Voyons de quels moyens, réels ou illusoires, disposent les citoyens, pour dire qu'ils ne sont pas d'accord avec les décisions qui les visent.

1 - La grève

Vous aurez sans doute remarqué que les riches ne font jamais grève !

Ce qu'ils font (ou ne font pas) ne s'arrête jamais. Ils continuent d'engranger des milliards, de faire des placements juteux, d'arroser les paradis fiscaux, en toute tranquillité. Ainsi en 2022, les entreprises du CAC 40 ont reversé 80,5 milliards d'euros à leurs actionnaires. Grâce à tous les cadeaux consentis par les gouvernants. C'est un record !

La fortune de Bernard Arnault, l'homme le plus riche du monde, a par exemple doublé depuis le début de la pandémie, passant de 85,7 milliards d'euros en 2020 à 179 milliards d'euros en 2022. Le PDG du groupe LVMH possède ainsi "une fortune équivalente à celle de 20 millions de Français", chiffre Oxfam France.

Parmi la soixantaine de milliardaires français énumérés dans ce rapport, Gérard Mulliez occupe le haut du podium. L'homme d'affaires originaire de Roubaix a fondé avec sa famille le groupe de grande distribution Auchan. L'empreinte carbone de son patrimoine financier est trois millions de fois plus élevée que celle d'un foyer français moyen.

Ceux qui travaillent et font grève pour une misérable amélioration de leur condition sont eux accusés de "prendre en otage" les usagers ! C'est vrai que ce sont quasiment les seuls qui agissent au service des autres.

2 - Les manifestations

Les riches n'ont pas besoin de manifester non plus. Mais ils ont parfois besoin d'un coup de pouce du monarque. Par exemple pour qu'on leur supprime l'ISF (Impôt de Solidarité sur la Fortune).

Mais il faut reconnaître qu'ils n'ont rien demandé. Pas une pétition, pas une manif, pas une seule occupation de rond-point. Aucun riche n'a eu besoin d'affronter la police, de risquer d'être gazé, de perdre un œil ou une main.

Et pourtant le cadeau qui leur est tombé tout cuit dans le bec était de taille. Autre chose que les misérables augmentations de revenus que réclament salariés, retraités, et autres Gilets Jaunes, parfois au péril de leur vie !

3 - Les pétitions

A priori on croit que tout le monde s'en fiche.

Mais il en est une qui a retenu notre attention. Celle intitulée "loi travail non merci", la dernière sous Hollande. La loi travail, présentée par les socialistes et d'inspiration libérale, offrait entre autres plus de souplesse aux entreprises pour embaucher et licencier, elle était souhaitée par l'Europe. Les syndicats salariés et étudiants l'avaient vivement combattu.

Deux semaines après son lancement, la pétition en ligne avait atteint le record de un million de signatures.

C'est intéressant car le public ciblé par la loi travail et la réforme des retraites est le même. Et vise toujours à prendre aux pauvres pour donner aux riches.

4 - La menace

Sans doute le meilleur moyen de faire entendre sa voix (sa voie !).

Alors que 80 % des Français souhaitent des dimanches sans chasse, l'exécutif décide le maintien de la chasse ce jour là. Et pour annoncer quand même quelque chose, sans rire, ils ont décidé qu'il serait désormais interdit de chasser... bourré. Alors là bêtement, on croyait que c'était déjà interdit ! Mais non, il fallait le préciser.

De plus en plus de Français et d'ONG souhaitent que l'espace public profite à tous et pas seulement aux chasseurs. La "sociologie a changé" appuie Yves Vérilhac, ancien directeur général de la LPO (Ligue de Protection des Oiseaux). Il y a environ un million de chasseurs actifs contre 27 million de randonneurs et 12 millions de cyclistes.

Mais il faut dire que le président de la Fédération Nationale des chasseurs (FNC), Willy Schraen, s'y connaît. Il a assuré en 2017 au Parisien réserver son bulletin de vote « dès le premier tour » à Emmanuel Macron. À l'aube de la crise des Gilets Jaunes, le patron des chasseurs avait publié une lettre ouverte à l'ensemble de ses adhérents pour les inciter à ne pas se joindre aux manifestants.

'Si je n'avais pas stoppé tout de suite, ils étaient 500 000 sur les ronds-points, et il y aurait eu des gars armés. J'ai beaucoup parlé, beaucoup écrit, tous au début étaient Gilets Jaunes. Mais eux, ils ont des fusils', a-t-il dit.

Cet appui n'est pas gratuit, il est le fruit d'une longue liste de cadeaux adressés par Macron au monde de la chasse,

5 - Gilets jaunes

Quelques titres de journaux de l'époque nous montrent bien la crainte que ces occupations soudaines de ronds-points par le populo inspiraient aux media : chaos, guérilla, violence etc.

Mais reconnaissons qu'ils ont fait réfléchir. Après des mains et des yeux arrachés !

A lire  "Salut aux Gilets Jaunes" de Raoul Vaneigem.

Ou  Raymond Macherel : "Nous vivons un moment sans retour. Les Gilets Jaunes étaient et sont des surgissants. A l'époque, pourquoi ne nous sommes-nous pas engagés avec eux sur le terrain ?"

6 - L'insurrectionI

Et pour finir cette première journée de lutte contre la Réforme des Retraites, juste un extrait de la Constitution du 24 juin 1793 article 35 :

« Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

Claire Vérilhac

Illustration : La Révolte des Canuts (image l'Humanité)

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