Conflit en Ukraine : Les États-Unis reçoivent à domicile les pays de l'Axe à Ramstein

par Karine Bechet-Golovko

La coalition élargie de l'Axe atlantiste se réunit aujourd'hui sur la base militaire américaine de Ramstein en Allemagne, la plus grande base militaire américaine en Europe construite dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, qui il y a 10 ans de cela était censée être fermée et se porte toujours à merveille, avec plus de 50 000 Américains, civils et militaires. Et le secrétaire américain à la Défense, en personne, va accueillir ses hôtes à domicile, en Allemagne, ces représentants de la cinquantaine de pays, qui contribuent à l'effort de guerre de l'Axe en Ukraine contre la Russie. Toujours plus de chars, toujours plus d'implication car, comme les officiels européens le déclarent de plus en plus souvent : seule la défaite militaire de la Russie est acceptable. Mais comme l'a rappelé Dmitri Medvedev, une puissance nucléaire ne perd pas une guerre, dont dépend son existence. Il semblerait que nous arrivions, à presque une année de conflit, à un nouveau tournant : va-t-on entrer dans une guerre totale, la Première Guerre globale ?

Comme toute la presse l'annonce depuis quelques jours, la rencontre des pays soutenant l'effort de guerre atantiste en Ukraine contre la Russie, qui va se tenir aujourd'hui 20 janvier dans la base militaire américaine de Ramstein. Le but est simple : renforcer la livraison d'armes lourdes à l'Ukraine, puisque c'est en son nom que le monde global mène sa guerre. Dixit le  NYT  :

« Des véhicules blindés, des roquettes et des missiles, des obus d'artillerie et des systèmes de défense aérienne ne sont qu'une partie d'un programme d'aide, qui devrait totaliser des milliards de dollars de matériel, lorsque les responsables de pas moins de 50 pays vont conclur un accord final vendredi ».

Une question se pose : l'Allemagne et la France vont-elles finalement fournir des tanks ? L'Allemagne est prête à sauter le pas, mais la France hésite encore à faire le grand saut. Et pour que la rencontre soit bien solennelle, les membres seront accueillis par le  secrétaire américain à la Défense. Faire pression sur l'Allemagne en Allemagne et prendre les responsables européens en otage sur leur propre territoire, c'est une belle opération de gouvernance.

Cela intervient après une rencontre des chef d'armées de  l'OTAN à Bruxelles le 18 janvier, en parallèle aux déclarations de dirigeants à Davos. Autrement dit, l'artillerie lourde géopolitique est de sortie, les pays contributeurs doivent être maintenus sous pression, pour qu'ils n'aient surtout pas le temps de respirer, ni de reprendre leurs esprits. Si lors de la rencontre de l'OTAN, le discours est classique : renforcement de l'intégration des pays et augmentation du budget militaire et de la production d'armes, lors de Davos, nous avons eu droit à des déclarations intéressantes.

Zelensky a été mis dans le rôle du clown, conduit à produire un discours totalement décalé. Or, cela intervient après la visite du chef de la CIA à Kiev (comme l'écrit le NYT) pour le briefer - c'est donc bien un choix volontaire. Alors que les médias atlantistes ne cessent de parler d'un Poutine malade, voire mourant,  Zelensky va encore plus loin :

« Je ne sais pas vraiment à qui parler et à quel sujet », avant d'ajouter : « Je ne suis pas sûr que le président russe, qui apparaît parfois devant un écran vert, soit vraiment le président russe ».

De son côté, le président polonais a fait une déclaration, qui est reprise dans tous les médias  ukrainiens, et parfaitement ignorée dans les médias français et atlantistes, qui ne reprennent que la première partie des paroles de Duda, sur la nécessité de renforcer la fourniture d'armes à l'Ukraine - mais pas les conséquences. Ils oublient ainsi délicatement de poursuivre :

« La situation est complexe, et les mois voire les semaines à venir seront un moment clé de cette guerre. A ce moment, on verra si l'Ukraine y survivra ou non ».

Il s'agit bien d'un combat à mort, notamment à mort de l'Ukraine. Et le fanatisme qui s'est emparé des politiciens européens continue à produire une rhétorique de plus en plus irresponsable, n'envisageant que la défaite militaire de la Russie. Ainsi le Chancelier allemand  Scholz de déclarer à Davos :

« La Russie doit perdre pour mettre fin à la guerre, nous fournissons donc des armes à l'Ukraine en communication étroite avec nos partenaires ».

Dmitri  Medevev a rappelé que cette logique est une logique de guerre totale :

« Et il ne vient jamais à l'idée d'aucun de ces misérables d'en tirer la conclusion élémentaire suivante : la défaite d'une puissance nucléaire dans une guerre conventionnelle peut provoquer le déclenchement d'une guerre nucléaire. Les puissances nucléaires n'ont pas perdu les grands conflitsn dont dépend leur sort ».

Les pays, participant à l'effort de guerre atlantiste, devraient y réfléchir lors de la réunion de  Ramstein, organisée par les États-Unis sur le sol européen, avant de décider à la légère de s'engouffrer dans la voie irréversible de la guerre totale. Guerre, qui va encore se dérouler sur le sol européen. Guerre, qui n'a rien à voir avec les intérêts nationaux des pays européens. Guerre, qui se joue contre les États, pour l'instauration d'un régime totalitaire de gouvernance globale. Guerre, dans laquelle se lancent les pays européens, sans l'approbation de leurs populations. Guerre des élites globales pour leur pouvoir.

PS : On ne fait pas éternellement la guerre par procuration. Les pays européens, sont-ils prêts à entrer réellement dans une guerre conventionnelle, avec toutes les destructions, humaines et matérielles, que cela entraîne ? L'Ukraine vassalisée en fait déjà les frais, ne pourrions nous pas tirer les conséquences de la vassalité ?

 Karine Bechet-Golovko

source :  Russie Politics

 reseauinternational.net

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