Il est beau, il est beau le chaton

par Patrick Reymond

On peut rire. L'Allemagne va fournir des chars léopard à l'Ukraine. En fait, le léopard,  c'est d'un chaton qu'il faut parler...

Un nombre impressionnant : 14.

«   Il s'agit de blindés de 62 tonnes, modernisés en 2001 et dotés de canons de 120 millimètres à haute vélocité et long rayon de tir ». Là, j'ai tellement rigolé que j'en ai failli me pisser dessus. « Modernisé il y a 22 ans », autant dire, ça remonte à la préhistoire des chars... Des chars dont la conception remonte à 1979, et chars, qui, comme tous les oxydentaux, n'ont pas de chargeurs automatiques, comme les Russes... Donc, un homme de plus dans l'habitacle.

En plus, du 120, alors, les Ukrainiens, souvent démissionnaires et en fuite on ne sait où (les responsables, pas la chair à canon), devront composer avec ce 120, le 152 soviétique, le 155 OTAN, etc... Donc, on peut imaginer un bordel monstre pour la logistique, l'intendance et la maintenance. Déjà que les effectifs de l'arrière dépassent largement ceux au front, cela va encore empirer... En 1939-1940, l'intendance française s'était particulièrement distinguée en donnant des obus de 105 à des pièces de 75 et de 75 au canon de 105...

Le trublion de l'Élysée, pour ajouter au bazar ambiant, parle d'envoyer, lui, des Amx 30 leclerc. Avec, bien entendu, les mêmes problèmes de biotope logistique et des problèmes d'embouteillages qui empirent... Et vu qu'il faut renvoyer le dit Leclerc au garage au bout d'environ 16 heures de fonctionnement, il passera beaucoup, beaucoup plus de temps en voyage que sur le champ de bataille. Avec de pareils amis, pas besoin d'ennemis...

Pour rappeler l'histoire, fin 1942, les Allemands avaient regroupé tous les chars restant du 22 juin 1941 en créant un 48° corps blindé. Un dit corps blindé qui aurait dû en posséder 600... Bien entendu, la plupart de ces chars étaient - déjà - obsolètes, et n'avaient aucune chance devant les T34.  Les souris en mirent hors d'état de nuire la plupart, et le reste se perdit dans la débâcle de l'armée roumaine pendant la bataille de Stalingrad...

Les souris actuelles s'appellent cannibalisation, manque de pièces détachées, conflits coloniaux lointains ne nécessitant jamais de gros moyens, surfacturations...

Un autre travers était de considéré des reliquats, des restes, des morceaux de panzer division comme des divisions à part entière. Ce n'est pas le cas. Les 600 qui n'étaient que 100... 14 chars, et l'autorisation donnée aux clients d'en fournir, ça ne dépassera pas les 200, et vu les délais d'arrivages et la cadence de destruction, il n'y en aura pas 10 en simultané sur le champ de bataille. Il faut en moyenne 6 mois aux armées oxydentales pour se concentrer. Un vrai train de fonctionnaires... Dans les armées en attrition, on garde les anciennes appellations, qui créent des illusions de puissances. Les divisions n'ont plus 20 000 hommes, mais 17 000, ensuite 10 000 puis, 3000... Avec une chute de puissance équivalente, mais qui dans les têtes des napoléons, des Hitlers et des Bidens, leur font croire que tout est possible.

En Syrie, de plus, les léopards turcs engagés se sont surtout distingués pour s'être fait massacrer...

Des Abrams viendront aussi, au compte-goutte. 30 Apparemment. Comme, à l'américaine, ces blindés sont des gloutons, il y a aussi de très fortes chances qu'on ajoute encore aux problèmes...

Là aussi, on ne comprend pas que les Russes jouent à domicile, ou pas loin. Et que les oxydentaux, eux, traversent tout le pays et tout le continent...

 Les cartes de readovka indique une extension des bombardements, tout le long de la frontière russe au nord de Karkhov, en plus des concentrations qui s'opèrent en Biélorussie. Sans, bien entendu, que les bombardements du Dniepr à Karkhov perdent en intensité. Si la poussée russe qui s'opéraient à partir du sud n'est plus aussi forte, et que certains pensent l'offensive qui devait avoir lieu, finie, il me semble que ce raisonnement est erroné. Cela me semble correspondre aux offensives soviétiques de 1943 qui martelaient à différents endroits le front, progressaient là où c'était possible, et passaient à un autre secteur, dès que l'élan était passé. Cela avait pour avantage, outre de faire tourner en bourrique l'ennemi, de l'épuiser et notamment, de gaspiller l'essence à courir partout, aggravant les problèmes de logistique.

Là, la puissance de l'artillerie russe, déjà proverbiale devient plus accentuée encore, et garde de nombreuses pièces en réserves pour servir de contre-batterie.

Le principal problème oxydental, c'est la désindustrialisation, et notamment, la militaire. Il y a belle lurette que les complexes militaro-industriels en oxydent-oxydés fonctionnent à 100% de leurs capacités, une capacité réduite à l'état de string brésilien. Et le problème de dépendance aux intrants extérieurs se pose à tous les secteurs, pas seulement militaires... L'armée russe détruit patiemment les arsenaux oxydentaux-oxydés, sans que les remplacements puissent avoir lieu, d'abord par manque de capacités, ensuite par manque de moyens financiers pour acheter des armes survendues, pas seulement financièrement...

Pour la russophobie, elle est simple à comprendre. Aux différentes époques de l'histoire, combattants et généraux russes n'ont pas été tellement plus nombreux, ils ont été meilleurs.

source :  La Chute

 reseauinternational.net

 Commenter