17/11/2023 logic.ovh  3min #237414

l'insouciance

[À VOIR ABSOLUMENT] #GideonLevy, éditorialiste à #Haaretz, le plus grand quotidien de gauche en Israël.
"La société israélienne s'est enfermée derrière des boucliers, des murs, non seulement physiques mais aussi mentaux. Je vais simplement énoncer les trois principes (Israël peuple élu, la victimisation des Israéliens, la déshumanisation des Palestiniens) qui nous permettent, à nous Israëliens, de vivre avec cette réalité brutale :
A. La plupart, sinon tous les Israëliens, croient profondément que nous sommes le peuple élu. Et si nous sommes le peuple élu, nous avons le droit de faire ce que nous voulons !
B. Il n'y a jamais eu dans l'Histoire une occupation où l'occupant se présentait comme la victime. Non seulement la victime, mais la seule victime ! Cela permet également à tout Israélien de vivre en paix parce que nous sommes les victimes !
C. Mais le troisième ensemble de valeurs est le plus dangereux. C'est la déshumanisation systémique des Palestiniens, qui nous permet à nous, Israëliens, de vivre en paix avec tout, car s'ils ne sont pas des êtres humains comme nous, alors il n'y a pas vraiment de question de droits de l'homme !"

"Un occupant qui se présente comme la victime". Je pense que c'est généralisable. Un pays comme la france dont la capitale est un bidonville, les politiciens délirants et autoritaires, les médias d'une ahurissante mauvaise foi, les médecins accoutumés aux mauvaises pratiques, l'éducation tirant les élèves vers le bas, vassal d'un empire en déclin, et qui se présente comme un donneur de leçons, une démocratie... c'est la même psychopathologie. La paille dans l'œil du voisin...

Au fond c'est une affaire de "procuration". On finit par devenir réalité une crainte irrationnelle qu'on pointe du doigt. On accuse par procuration et on se procure les motifs de sa propre haine. C'est au fond une haine de soi.

Cette haine de soi est occultée, contre toute évidence, et à cause de cela, du fait de ne jamais s'excuser, ne jamais avoir honte, les motifs réels de se haïr soi-même ne font que croître et devenir de plus en plus réels, probants, évidents, et graves.

Il faut qu'on les rassure et qu'on leur dise "Oh le pauvre petit chou, t'inquiète pas maman est là", mais on n'en est plus là. À un moment donné le mal a été commit en pleine possession de sa liberté, et le crime a été consommé. Et la réponse négative à ce crime doit sonner.

Du coup les deux psychopathologies bien distinctes, la projection de la haine et la haine par procuration, fonctionnent ensemble en se renchérissant l'un-l'autre. Pourquoi tant de haine ? Ces gens ne vous ont rien fait. Ce sont d'humbles croyants, nobles et dignes devant Dieu.

Et c'est là qu'on en arrive à a question fondamentale et ontologie, qui est l'enjeu du progrès de l'humanité. Le moment où arrive la réponse à la question Pourquoi tant de haine ? - Parce que on sait jamais, ils pourraient nous faire du mal. Aaah oui. alors donc tu leur en fais.

Tu n'as pas l'impression d'être la seule et unique cause de tes propres souffrances, par l'entremise d'une victime que tu as prise en grip ? Et occasionnellement, d'être pour ta victime, la souffrance que toi tu crains de subir ?

Le truc central qui aide énormément au développement des psychopathologies en terme général (outre les médias et la peur, l'effroi, et les motifs de projections qu'ils véhiculent) c'est d'accorder à ce qui est hypothétique la valeur d'une vérité dont il faut se débarrasser.

La plupart, sinon toutes les constructions mentales, sont d'office hypothétiques. Il faut bien se rentrer cela dans le crâne. C'est une question de point de vue. Les pires craintes peuvent disparaître d'un coup de baguette magique, avec une seule considération oubliée.

C'est donc en se basant sur des hypothèses que les crimes sont commis. Ces hypothèses qu'on nomme "la sécurité" sont typiquement le genre de situation qu'on construit et qu'on génère à force de focaliser dessus. La sécurité, c'est les armes, le plus gros business du monde.  #mafia

Le problème est donc très vaste, pas que occidental, mais mondial, et de l'époque. Il faut prendre le temps de s'attendrir sur le sens des mots. La sécurité c'est quoi ? De ne pas avoir d'ennemis. La sérénité de l'esprit. La confiance en l'étranger. Un brin d'insouciance.

Et cette insouciance se construit, se mérite, et s'obtient par le travail. En fait dans nos sociétés, l'insouciance est une drogue, une récréation, une récompense possible à obtenir avec des billets, tout en semant aveuglément le chaos.

Quel besoin de travailler à faire qu'on puisse vivre sans trop avoir de soucis, si cette récompense est fournie de façon artificielle dans des biens de consommation ou des drogues chimiques ?

Mal élevés, les gens drogués à l'insouciance gratuite ont tendance à se montrer ultra violents dès lors que leur petit confort est vaguement en danger, y compris à cause de leurs propres actes. Ils ne s'en rendent pas compte parce que ce sont des enfants.

 logic.ovh

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