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Un génocide à Gaza ?
18/11/2023 reseauinternational.net  8min #237507

Un génocide à Gaza ?

par Candice van Eijk

Dans le Washington Post du 9 novembre 2023, plus de 750 journalistes du monde entier ont signé une lettre ouverte dans laquelle ils déclarent que le mot «génocide» devrait être utilisé pour faire comprendre se qui passe actuellement à Gaza. Parmi les signataires, il y a des journalistes de Reuters, du Los Angeles Times, du Boston Globe et du Washington Post. (1)

Craig Mokhiber, un haut responsable aux droits humains de l'ONU a écrit, récemment, dans sa lettre de démission pour protester contre l'inaction de l'ONU concernant le massacre actuel des Palestiniens à Gaza : «Une fois de plus, nous voyons un génocide se dérouler sous nos yeux». (2)

««Vous devriez vous réveiller dans cette salle. C'est un massacre, c'est un génocide. (...)», a déclaré le diplomate palestinien Ibrahim Khraishi, ambassadeur palestinien auprès de l'Organisation des Nations unies (ONU), devant les représentants des Etats membres à Genève, parlant des opérations menées par l'armée israélienne dans la bande de Gaza», écrit Le Monde le 16 novembre 2023. (3)

Un génocide est un crime commis dans l'intention de détruire, ou tout, ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux, selon le droit international expliqué sur le site de l'ONU. «L'intention est l'élément le plus difficile à établir» car il faut la démontrer. L'ONU précise : «L'idée que se fait le grand public de ce qui constitue un génocide va généralement au-delà de ce que renferme la norme au regard du droit international». (4)

Les dirigeants et militaires d'Israël font-ils un génocide des Palestiniens à Gaza, depuis le 7 octobre 2023, suite à l'attaque du Hamas en Israël ?

Des habitants de Gaza (Gazaouis) indiscriminés meurent sous les bombes d'Israël.

Des Gazaouis meurent faute de soins car les hôpitaux sont détruits, hors services, ou dans un état désastreux. (5)

Au 10 novembre 2023, donc en un peu plus d'un mois de guerre, 11 320 Palestiniens ont été tués dans les bombardements sur Gaza, dont 4650 enfants et il y a 29 200 blessés, selon le gouvernement du Hamas (6). 42 journalistes et travailleurs des médias ont été tués entre le 7 et 16 novembre 2023, selon le Committee to Protect Journalist (7). 59 employés de l'UNRWA, l'agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens, ont aussi été tués. (8)

Il y a un meurtre de masse des Gazaouis et de leurs conditions de vie/survie, à Gaza.

Morts, blessés, grave pénurie d'eau potable, de nourriture, de médicaments (9) ; manque d'eau pour se laver ; 1,5 million de personnes déplacées [forcées] selon les Nations unies au 4 novembre 2023 (10) ; stress, traumatismes ; destruction d'infrastructures civiles dont des installations humanitaires des Nations unies pouvant servir de refuge (11) ; donc beaucoup de Gazaouis sans abris. Cadavres non enterrés faisant craindre un «nouveau risque sanitaire» selon un cardiologue de Gaza (12). Mardi 14 novembre 2023, le système d'approvisionnement en eau et d'évacuation des eaux usées est également tombé en panne, rapporte l'Office d'aide humanitaire des Nations unies (OCHA), qui met en garde contre l'apparition de maladies. (13)

Dans un tel état de misère et d'insalubrité, les Gazaouis vont souffrir ou mourir de toute sorte de maladies. Est-ce l'intention de l'État et des militaires israéliens ?

On peut se poser la question si l'État et les militaires d'Israël tirent ou détruisent tout sans motif, ou sans proportion.

Craig Mokhiber, cité ci-dessus, écrit dans sa lettre de démission à l'ONU : «À Gaza, des habitations civiles, des écoles, des églises, des mosquées et des établissements médicaux sont attaqués sans motif tandis que des milliers de civils sont massacrés». 2

L'ancien Premier ministre Dominique de Villepin, dit le 7 novembre 2023 que la riposte d'Israël menée à Gaza depuis l'attaque du Hamas le 7 octobre dernier n'est «ni ciblée, ni proportionnée». (14)

Y a-t-il un risque de famine à Gaza ?

Oui. Le Programme alimentaire mondial des Nations unies alerte sur le «risque immédiat de famine» à Gaza. Le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies écrit : «Gaza est maintenant confrontée à un déficit alimentaire massif et à une faim généralisée, la quasi-totalité de la population ayant désespérément besoin d'une aide alimentaire». (15)

Y a-t-il aussi un risque grave d'épidémie pouvant décimer la population de Gaza ?

Pr. Bernard La Scola, médecin microbiologiste, virologue et directeur du laboratoire P3 de l'Institut Hospitalo-Universitaire en Maladies Infectieuses de Marseille écrit : «Oui, il y a des épidémies liées aux guerres, famines, etc... Notamment des diarrhées plus ou moins sévères en fonction du microorganisme (les enfants y sont les plus sensibles), les épidémies liées au poux de corps, notamment le typhus, mais aussi toutes les infections liées à la promiscuité comme les infections respiratoires type tuberculose». «Le choléra fait partie de ces diarrhées [sévères]. Le typhus est mortel dans environ 30% des cas sans traitement. La tuberculose est aussi mortelle mais c'est beaucoup plus lent. Même si ce qui se passe à Gaza est terrible, notamment pour les civils et les enfants, je n'y vois personnellement pas une volonté génocidaire». (16)

Avec tous ces faits, on peut tout à fait concevoir qu'Israël ait l'intention de faire un génocide des Palestiniens dans le sens de la définition du droit international. Et on peut tout à fait concevoir que le grand public y voit directement un génocide. Ce qui est certain, c'est qu'il s'agit bien d'un crime de masse de citoyens palestiniens innocents et de leurs conditions d'existence.

Que peut-on faire ?

Alerter, dire, manifester...

Alerter sur la pénurie d'eau potable,

le «risque immédiat de famine»,

la nécessité urgente et vitale de l'aide humanitaire,

et de l'arrêt immédiat de tous les bombardements à Gaza.

Alerter qu'un crime de masse se passe à Gaza. Dire que beaucoup de journalistes mainstream et un ancien haut responsable de l'ONU pensent qu'Israël commet un génocide des Palestiniens à Gaza.

Contacter des organisations avec qui réfléchir (pour agir) à comment arrêter ce meurtre de masse et faire advenir la paix. Peut-être, par exemple, avec la Fondation pour la Mémoire de la Shoah à Paris dont les missions sont la «recherche sur les autres génocides [que la Shoah] ou crimes contre l'humanité» et «le dialogue interculturel». (17), (18), (19)

Enquêter, constituer des dossiers aussi documentés que possible pour préparer, organiser un procès de Nuremberg numéro 2 (comme celui qui a permis de juger les Hauts responsables criminels génocidaires nazis de la Seconde Guerre mondiale) pour juger les hauts responsables d'Israël de ce crime de masse à Gaza ?

D'ores et déjà, la riposte d'Israël à l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023 est qualifiée par Volker Türk, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l'homme de «crime de guerre» (20). On peut aussi s'interroger s'il n'y a pas crime contre l'humanité, au sens juridique du terme, puisque 1,5 million de Gazaouis innocents ont dû partir de leur logement et se déplacer vers le Sud de Gaza pour éviter de se faire bombarder. (21)

 Candice van Eijk

 reseauinternational.net

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