Palestine : Un seul État

par VHS

Comme l'ennemi (l'Occident) et aussi les indécis (Russie, Chine) on est obligé de se répéter. Leur blabla à «deux États» est le signe pour le premier de tenter de prolonger le statu quo favorable à l'occupation sioniste qui est la capitale d'Orient d'un empire en perte de vitesse ; et pour les seconds le refus de prendre leurs responsabilités. Les Palestiniens ne pourront se satisfaire d'un regroupement de confettis - ce qui est précisément le résultat pour la soi-disant Palestine dans la solution des deux pseudo États clamés et sabotés depuis Oslo - et d'une discontinuité des zones qui leur reviennent. Et l'inverse serait vrai aussi. Une Palestine continue supposerait un Israël tronqué à son tour.

Militairement la prétendue solution à «deux États» est encore plus risible : comment s'assure-t-on d'un équilibre des forces pour ne pas revenir à la situation ante avec des lance-pierres pour l'un et la bombe atomique pour l'autre ? La seule solution, on se répète, est un État unique, certes plus difficile à réaliser que dans le cas de l'autre apartheid (Afrique du Sud) où la minorité blanche a su reconnaître son illégitimité à dominer la majorité noire. Ici il est peu probable que les protagonistes y parviennent sans une intervention extérieure coordonnée, qui sera le fait du «machin» (ONU) ou de son successeur.

Gaza : responsabilité de la Russie

C'est elle, pas seule mais décisive, qui pourrait mettre fin aux souffrances des Palestiniens avec l'accord de la Chine, en libérant les forces de l'Axe de la Résistance (Iran, Liban, Syrie, Yémen) s'ajoutant à celles de la résistance palestinienne. Chacun sait que l'hégémon US (avec ses satellites) ne passera pas le milieu du siècle dans cette position. Alors pourquoi refuser l'affrontement aujourd'hui si on peut sauver quelques centaines de milliers de vies tout en mettant un point final à la dernière expérience explicite de colonialisme ? Plutôt que de go ou d'échecs il s'agit ici de poker. On attend autre chose de Poutine que des déclarations apitoyées. Je rappelle la position exprimée ici avec le SMS à Biden : «Salut Jo, je t'informe que dorénavant, plus aucun missile ne sortira d'Israël pour canarder l'Axe de la Résistance, Syrie, Liban, Irak, Iran. L'axe suffira à stopper le génocide en cours à Gaza sans que la Russie ait à intervenir. Tu devras donc avoir une attitude symétrique. Tu peux laisser tes porte-avions dans le coin mais ces derniers ne décolleront pas. Libre à toi d'envoyer tes GI se dérouiller les jambes».

Hégémon en papier

Lorsque dans 10 ou 20 ans l'hégémon USrael sera encore plus affaibli, le risque d'un acte suicidaire (aux conséquences planétaires catastrophiques) pourrait être plus important qu'il ne l'est aujourd'hui. Après tout, les humiliations ou défaites récentes n'ont pas manqué depuis le début du siècle : Irak, Syrie, Venezuela, Afghanistan, Ukraine... alors pourquoi pas une de plus avec l'acceptation de la fin de l'occupation sioniste ? D'autant qu'il n'est pas impossible que le prochain président US refasse le choix du «pivot» asiatique, lequel était commun à des dirigeants apparemment aussi opposés qu'Obama et Trump. Ce faisant la Russie et la Chine avec leurs associés les plus constants - Iran, Corée du nord, voire Venezuela - en sortiraient grandis en ayant montré leur capacité à stopper une entreprise coloniale génocidaire, le tout avec l'approbation d'une immense majorité de la population mondiale.

Il y a parfois des occasions historiques à ne pas manquer comme ce fut le cas en 2003. Après la large réprobation mondiale (déjà) de la destruction de l'Irak, la «vielle Europe» (dixit Rumsfeld) avait eu une chance unique de se refonder avec le geste d'indépendance de deux membres éminents de l'Alliance Atlantique, la France nucléaire (de Chirac) et l'Allemagne économique (de Schroeder) qui auraient alors été immédiatement suivies par l'Espagne et la Suède. Mais il a manqué quelque chose dans les pantalons et on voit ce qui en est résulté : France, Allemagne, Suède de purs paillassons de Washington.

À supposer que dans la guerre en cours, les puissances dominantes des BRICS prennent leurs responsabilités, il restera le nettoyage à faire à domicile (UE et notamment FR) et là on ne pourra que «compter avant tout sur ses propres forces», dixit Mao Ze Dong pour la libération de la Chine, un remake du chrétien «aide-toi, le ciel t'aidera». Et là il y a du boulot.

 reseauinternational.net

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