Aurore Bergé menace de couper le financement des associations féministes «ambiguës» sur le 7 octobre


© Ludovic MARIN / AFP

Aurore Bergé à l'Élysée le 12 janvier 2024 (image d'illustration).

Le conflit israélo-palestinien s'immisce dans la politique intérieure française. Aurore Bergé, ministre chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, a fait savoir qu'elle allait passer au «crible» les associations féministes et leur positionnement par rapport à l'attaque du Hamas du 7 octobre sur les ondes de Radio J le 11 février.

Le silence est suspect, selon Bergé

«Ce qu'il s'est passé, c'est deux choses : le silence de trop nombreuses associations qui auraient dû se sentir en empathie évidente [avec] des milliers de femmes exterminées, assassinées, brûlées ou violées», a-t-elle défendu au micro de Frédéric Haziza. «Toutes les associations auraient dû être en empathie et réagir», a-t-elle poursuivi. «Qu'elles ne l'aient pas fait interroge», ajoute-t-elle, suspectant que ce silence soit dû au fait que les victimes aient été juives.

Aurore Bergé a déclaré avoir demandé cette semaine «que toutes les associations soutenues financièrement soient passées au crible». «S'il y a la moindre ambiguïté sur des propos qui auraient été tenus le 7 octobre, il ne serait pas normal que ces associations continuent à avoir des subventions de la part du gouvernement», a-t-elle précisé.

La ministre a dit vouloir une «enquête scrupuleuse». Cette enquête concernerait à l'en croire des «centaines d'associations», y compris celles accompagnées par les collectivités locales.

«Moi je suis féministe, être féministe c'est soutenir les femmes qui ont été mutilées le 7 octobre», a-t-elle encore affirmé.

Aurore Bergé, des propos régulièrement polémiques

L'attaque du 7 octobre a fait près de 1 200 victimes en Israël, dont une majorité de civils. Depuis le début du conflit à Gaza, Aurore Bergé a repris des éléments controversés. Sur le plateau de CNews, le 1er novembre dernier, s'attaquant à Jean-Luc Mélenchon et lui reprochant une «apologie de terrorisme», elle indiquait que des bébés avaient été «décapités». «Oui, un bébé a été retrouvé dans un four. Ce sont des faits. Révélés par l'armée israélienne», a-t-elle assuré.

Aurore Bergé se basait sur les propos d'Eli Beer, président de l'ONG de secouristes United Hatzalah. Le 28 octobre dernier, il déclarait à Las Vegas, lors d'un sommet annuel de la Republican Jewish Coalition, avoir «vu les choses les plus horribles que j'ai vues de mes propres yeux», dont un bébé dans le four. Cette rumeur partagée sur la toile des millions de fois s'est avérée fausse. Un journaliste du quotidien Haaretz, Chaim Levinson, expliquait dès le 29 octobre avoir «vérifié» cette information, se disant  affirmatif : cela «ne s'est pas passé». «Il y avait tellement de choses qui étaient horribles et affreuses et inhumaines que je n'ai pas entendu parler d'une chose comme ça. Je pense que ce n'est même pas la peine d'en rajouter», a déclaré le secouriste Mendy Habib, de l'organisation Zaka, cité  par LCI le 2 novembre.

Aurore Bergé avait également milité pour «le démantèlement d'Amnesty International» en février 2022. Cette demande intervenait peu de temps après la publication d'un  rapport de l'organisation qui dénonçait «l'état d'apartheid» en Israël et les nombreuses exactions israéliennes à l'encontre de la population palestinienne.

 francais.rt.com

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