Le Chu d'Amiens ouvre une consultation spécialisée pour enfants victimes des pesticides, un pas vers la reconnaissance et l'indemnisation

France-Soir

L'exposition prénatale aux pesticides peut entraîner de graves pathologies : leucémies, tumeurs cérébrales, autisme et malformations.

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SANTE - À Amiens, en Picardie, le centre hospitalier universitaire propose une  consultation spécialisée pour les enfants souffrant de maladies liées à l'exposition prénatale aux pesticides, une première en France. Les pathologies concernées incluent la leucémie, les tumeurs cérébrales, les troubles autistiques, et diverses malformations, reflétant l'impact sévère de ces substances sur la santé des plus jeunes. Cette consultation vise à accompagner les familles, et à faire reconnaitre l'exposition professionnelle d'un parent ou des deux parents aux pesticides. Seulement une poignée de familles a jusqu'à présent sollicité cette consultation. Mais les spécialistes estiment que jusqu'à une centaine d'enfants pourraient bénéficier de ce service rien qu'en Picardie, signalant un problème de santé publique notable.

Remise en question des pratiques agricoles

Les parents qui ont participé à cette consultation ont découvert que les maladies de leurs enfants pouvaient être directement liées à une exposition aux pesticides. Un sujet sensible notamment pour les agriculteurs qui doivent concilier les pratiques agricoles avec les risques pour la santé.

L'initiative essuie pourtant des critiques : elle remet en question des pratiques agricoles, peut être perçue comme simplifiant les causes des maladies et génératrice des tensions avec l'industrie agrochimique, au lobby dévastateur, quant à son infiltration profonde dans le monde politique. Malgré tout, elle vise à éclairer sur les dangers des pesticides et à faciliter l'accès à l'indemnisation des victimes. Les fonds d'indemnisation existent et sont sous-utilisés. La consultation cherche donc à briser le silence autour de sujet en mettant en avant l'importance de la reconnaissance et du traitement des conséquences de l'exposition aux pesticides.

L'effort d'Amiens met en lumière le besoin urgent de normes renforcées et de véritables alternatives aux pratiques agricoles intensives.

Malgré certaines avancées en matière de prévention et de protection, l'exposition indirecte reste un risque pour les familles d'agriculteurs ou les riverains vivant à proximité d'exploitations. Cette initiative révèle à la fois les défis à surmonter, les actions à mettre en place et l'impact des pesticides sur la santé publique. Il s'agit d'un appel fort à une prise de conscience et à une action politique enfin courageuse et volontaire pour protéger les générations futures.

 francesoir.fr

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