02/04/2024 logic.ovh  5 min #246000

Les limites d'un système

La censure avance inexorablement dans le silence et la complaisance.
Les sénateurs ont voté POUR la loi SREN.
Après l'article 4 de la loi sur les dérives sectaires, après le DSA, après toutes les lois récentes allant toutes dans le sens de la fin de la liberté d'expression,…

En terme général la loi est fondée sur l'abus du langage. On confond les lois physiques, inviolables, les lois biologiques, régies par des règles qui s'adaptent, et les lois civiles, décidées librement. Elles ne tombent pas du ciel.

Une des spécialités américaines est de jouer sur les mots de façon puérile et clairement démontrable comme étant de la mauvaise foi. La logique syntaxique supplante la logique opérationnelle.

Il existe des milliers, dizaines de milliers de lois, et pour quoi ? Pour rendre l'humain meilleur ? Non, pour servir un système élaboré de domination impulsé à l'origine par l'appât du gain égoïste au détriment des autres.

Je ne m'inquiète pas de ces lois absurdes, car au final elles poussent les gens à développer des arguments sensés et rationnels, inéluctables, simples et suffisamment parlants en eux-mêmes.

Il est vrai que pendant la période covid on a senti la chape de plomb qui rendait l'expression de la vérité difficile, même dans le but de sauver la vie des gens. Mais c'était l'occasion de faire des cours de biologie élémentaire.

Il est certain, et ce point est saillant, que la crainte est qu'en toute hypothèse on se dirige vers une dictature hallucinée où la réalité est remplacée par une illusion fantasmatique dont tout le monde fera les frais sans comprendre ce qui leur arrive.

Mais le point essentiel à intégrer dans son esprit est ontologique : qu'est-ce la réalité ? Qu'est-ce que la vérité ? Pourquoi la liberté d'expression, les droits de l'homme, sont opérationnels et corrects ?

Parce qu'ils ouvrent la voie à une réalité qui sera meilleure. Elle permet le progrès qui définit une humanité. Et pourtant cela ne se situe pas dans le cadre ontologique des faits démontrables.

Avec ces lois absurdes, caractérisées par la prééminence de l'hypothétique sur ce qui est déjà réellement existant, certain et clairement établi, on viole les principes de la vérité.

Ce qui relève de l'hypothèse, ne peut être prouvé. Cela appartient au cadre de réalité dit statistique, comme la physique quantique. Il faut un avènement pour que la réalité devienne effective.

Quand une chose relève de la réalité effective, alors la loi peut agir dessus. Mais tant qu'elle appartient au cadre de réalité statistique, on ne peut pas la traiter comme si elle était déjà existante. C'est une erreur ontologique.

Hypothéquer sur des événements qui n'ont pas eu lieu est inutile. Par contre cela ouvre un sujet de discussion très intéressant, qui mérite d'être débattu, et qui est justement oblitéré.

Le premier de se demander comment aurait été le monde aujourd'hui si on avait fait les bons choix dans le passé. Ou encore, à côté de quoi passons-nous aujourd'hui ?

Quand une décision est prise, comment comparer la situation créée avec celle qui aurait été réelle si une autre décisions avait été prise ? Heureusement on a des simulation informatiques puissantes pour le savoir.

La seconde question philosophique est d'observer le statut de la loi dans la mesure de la portée de sa puissance. Elle ne peut intervenir qu'une fois le crime commit, pas avant.

La loi est sensée apporter une réparation à une lésion dans la mesure, principalement, où elle tente de décourager que de tels crimes se reproduisent.

Là encore c'est très insuffisant, dans une société où "la loi" est ridicule, abusive, utilisée à contre-escient, ou encore ouvertement violée en toute impunité par ceux-là-mêmes qui les promulguent.

On commet des guerres où il est autorisé de tuer, voler, violer, sans aucune réprimande, mais avec des limites comme ne pas tirer sur les civils, les ambulances, les ambassades. Mais, fi de tout ça.

En fait la loi semble comme une moquette trop petite pour la pièce, plus on tire dessus d'un côté, du côté de la mafia du profit et de l'esclavage, plus on la retire aux civils, emprisonnés sur simple soupçon.

Ce glissement vers l'abime de la dictature est bien connu, c'est la gravité à laquelle est soumise toute civilisation, elle est constante, et il faut sans cesse lutter contre.

Le fait est que, face à ce qui est hypothétique, et qui transcrit une crainte maladive, on peut facilement opposer ce qui est objectif et réellement existant.

Pour faire cela il faut néanmoins nager à contre-courant des idées reçues et de la façon dont des cerveaux se sont mal programmés à force de vivre dans une réalité alternée.

Le fait est que, la société, ce monde, ses paradigmes et ses postulats, arrivent à expiration. Tout principe, toute "loi" n'est qu'une catégorisation de la réalité, qui a ses limites.

Le principe qui régit cette civilisation, comme je le nomme, "de répartition des richesses en fonction du profit individuel", n'est plus opérationnel à grande échelle, dans un monde connecté et informé.

Quand un système arrive à ses limites, il se heurte à sa logique, comme les vagues de l'océan contre une falaise. Ces limites prennent forme de contradictions de plus en plus douloureuses.

"Sa logique" est celle qu'il engendre et comment cela s'intègre dans le schéma plus global des grandes questions, et de l'univers, des lois physiques et éthiques.

Et dans ce cas les humains sont comme des avatars d'un jeu vidéo qui marchent en patinant contre un mur invisible. Ils continuent de croire en des principes déjà révolus.

Et même en bas de la falaise, allongés sur le sol, ils continuent à agiter les jambes en croyant avancer vers un avenir meilleur. C'est à ce stade de déliquescence qu'en est arrivée notre société.

Si vraiment on se souciait, pour revenir à l'essentiel, la recherche du bien de l'humain, sensé justifier l'essence-même de la loi, et l'inquiétude lancinante de ce qui est hypothétique, alors autant s'en occuper franchement et s'intéresser à l'éducation, la prévention, la santé.

Si vraiment ce qui compte, et qui entre fraîchement et dans l'étriquée conscience publique, est de s'inquiéter de l'avenir, alors peut-être qu'il est temps d'intégrer, dans la réflexion et dans ce qui fait système, la recherche du bien à grande échelle et sur le long-terme.

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