03/04/2024 infomigrants.net  3min #246074

« Sous la pluie et sous des bâches » : une centaine de migrants campent devant la mairie de Paris sans tente

Environ 150 personnes ont installé un campement sur la place de l'Hôtel de ville de Paris, lundi 1er avril 2024. Crédit : Utopia 56

Ils ne partiront pas sans solution d'hébergement. Depuis lundi 1er avril, environ 150 migrants occupent la place de l'Hôtel de ville, en plein cœur de la capitale. Dès 19h30, ils se sont installés sur le parvis de la mairie de Paris, n'ayant nulle part où dormir.

"Sous la pluie et sous des bâches", les exilés ont entamé leur première nuit sur les trottoirs de la ville. La police, venue massivement sur les lieux, est repartie vers 23h. "Ils ont dit que les gens pouvaient rester là s'ils ne déployaient pas de tentes", affirme à InfoMigrants Nikolaï Posner, coordinateur d'Utopia 56 à Paris.

À Paris, une cinquantaine d’enfants sans abri et leurs parents passent la nuit sous des bâches, sous la pluie. Ces familles ne veulent plus se cacher, elles sont épuisées. De son côté, l’État garde le silence.

La majorité de ces migrants sont des femmes et des enfants originaires d'Afrique subsaharienne. "On compte une cinquantaine d'enfants, dont sept de moins d'un an et 16 de moins de trois ans", précise à Nikolaï Posner. "Le plus jeune a trois mois".

"Ces familles ne veulent plus se cacher"

Les mères présentent divers profils : certaines sont des réfugiées statutaires, d'autres des sans-papiers ou des déboutées de l'asile. Mais toutes partagent le même quotidien d'une vie à la rue. Tout comme la vingtaine de mineurs isolés que compose ce campement de fortune. En attendant leur recours auprès du juge pour faire reconnaitre leur minorité, ils ne sont pas pris en charge par les autorités et viennent grossir les camps de Paris.

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"Le but de cette occupation est, comme d'habitude, de rendre visible la situation de ces personnes", insiste le coordinateur d'Utopia 56. "Ces familles ne veulent plus se cacher, elles sont épuisées (...) Nous attendons simplement le respect de la loi : un toit", dit l'association sur sa page X (ex-Twitter).

Ces trois derniers mois, ces personnes étaient hébergées dans un espace d'accueil ouvert par l'association dans le 20e arrondissement de Paris. Mais lundi matin, l'espace vacant doté de 180 places a fermé, comme prévu dans l'accord passé avec le propriétaire en début d'année.

"Nettoyage social"

Ce n'est pas la première fois que des familles posent leurs bagages sur la place de l'Hôtel de ville. Plusieurs actions spontanées ont eu lieu ces derniers mois, toujours dans le but d'obtenir un hébergement.

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L'été dernier, environ 200 personnes avaient déjà pris place sur le parvis de la mairie. Au bout de trois semaines, les familles avaient finalement été évacuées par la préfecture après un long bras de fer entre l'État et la municipalité. Elles avaient été logées dans "une structure d'accueil temporaire" avant un transfert en région.

Depuis quelques mois, les associations dénoncent un "nettoyage social" dans la capitale, à l'approche des Jeux olympiques de cet été. Elle alertent sur la "précarisation" de publics déjà très vulnérables. Les JO pourraient "aggraver l'exclusion sociale en Ile-de-France", ont à nouveau estimé des organisations françaises dans un communiqué, lundi 5 février.

 infomigrants.net

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