13/05/2024 arretsurinfo.ch  7 min #248503

Gilad Atzmon: Une leçon de privilège

Par  Gilad Atzmon

Le musicien Gilad Atzmon nous donne son analyse de la situation en Palestine occupée. Le moins que l'on puisse dire est qu'il n'est pas optimiste puisqu'il prévoit la fuite en masse des Juifs ashkénazes vers l'Europe, fuite qui aurait commencé. Atzmon sait sans doute de quoi il parle puisque lui-même a quitté définitivement l'entité il y a a un certain nombre d'années tout en renonçant au judaïsme. Il est aujourd'hui citoyen britannique et, en marge de son travail artistique, il dénonce de manière radicale le sionisme. Il publie aujourd'hui seulement sur X (ex Twitter) et sur Facebook

 Une leçon de privilège

Dans ce court texte, nous découvrirons la dynamique par laquelle les Juifs ashkénazes sionistes ont forcé les Juifs arabes à quitter leur pays et à faire l'Aliya pour être la chair à canon d'Israël. Mais aujourd'hui, alors que la situation est fatale, les descendants de ces sionistes ashkénazes fuient vers l'Europe, laissant derrière eux les Juifs arabes pour faire face au désordre qu'ils ont eux-mêmes créé.

Le sionisme est né en Europe. Il s'agissait essentiellement d'un mouvement de libération ashkénaze. Certains agitateurs juifs européens laïcs reconnaissaient que la culture juive européenne n'était pas saine : elle était trop capitaliste, exploiteuse, non productive, détachée du sol et aliénée de la condition humaine générale.

Les premiers sionistes ont juré d'arranger tout ça par le biais du «retour à la maison». Ils croyaient que les Juifs européens sont ce qu'ils sont parce qu'ils n'ont pas de terre à eux.

Les Juifs arabes ne faisaient pas partie des premières révolutions sionistes. Ils ont prospéré dans le monde musulman et arabe pendant des centaines d'années. Ils n'ont pas subi de persécutions, encore moins de pogroms ou d'holocaustes, mais cela était sur le point de changer.

En 1948, Ben Gourion, le premier Premier ministre israélien, réalisa qu'il avait besoin de beaucoup plus de soldats juifs pour soutenir le rêve d'une patrie juive. Les Juifs américains n'avaient pas l'intention de quitter leur Médina dorée et de faire leur Aliya. Faire venir les Juifs arabes était la seule voie praticable pour le jeune Israël.

Dans les années 1950, Israël a investi beaucoup d'efforts pour forcer les Juifs arabes à faire leur Aliya depuis le Yémen, l'Irak, du Maroc, la Tunisie, etc. Lorsque les Juifs arabes étaient réticents à rejoindre le rêve sioniste, les Ashkénazes privilégiés du Mossad posaient des bombes dans leurs synagogues pour les pousser dans la 'bonne direction'. Si vous ne me faites pas confiance sur ce point, recherchez  Naeim Giladi sur le net. Vous pouvez lire son récit à ce sujet.

Les Juifs arabes ont été amenés en Israël comme chair à canon. Le jeune Israël avait besoin de gens pour vivre dans les nouvelles villes frontalières. Il fallait beaucoup plus de soldats pour défendre le nouvel État juif. Et il fallait beaucoup de Juifs pour constituer une majorité démographique. Les Juifs arabes étaient soumis à une vile discrimination raciste de la part de leurs « frères » sionistes ashkénazes. Les Juifs yéménites ont été soumis à des expériences médicales extrêmes et non consenties. Leurs bambins étaient emmenés par des Ashkénazes privilégiés et vendus à de riches juifs. Encore une fois, si vous pensez que j'invente ces histoires, recherchez «  l'affaire des enfants yéménites ». Les Juifs arabes étaient surnommés le deuxième Israël, même à l'époque où ils devenaient la grande majorité.

Mais le programme ashkénaze n'a pas fonctionné comme prévu. Les Juifs arabes, une fois en Israël, n'ont pas adhéré au projet sioniste travailliste. Ils ont dû faire un effort supplémentaire pour se distinguer de « l'ennemi », c'est-à-dire des Arabes. Ils sont devenus des sionistes d'extrême droite. Ils sont devenus l'épine dorsale du parti Likoud et d'autres partis israéliens anti-arabes. Pourtant, petit à petit, ils sont devenus plus influents politiquement et culturellement, ce qui est en fait une bonne chose pour Israël.

Ce changement en Israël n'a pas été bien accueilli par les Ashkénazes privilégiés et leur progéniture ultra-privilégiée. Ils n'aimaient pas que le deuxième Israël devienne le premier. Ils n'aimaient pas l'influence croissante des Juifs arabes et Israël devenant de plus en plus oriental. Au cours des deux dernières décennies, la plupart des Juifs ashkénazes ont réussi à obtenir des passeports européens ou étrangers en fonction de leur ascendance. Étant privilégiés, ils s'achetaient une voie de sortie de la région, acceptant l'idée qu'il n'y avait pas d'avenir pour le pays que leurs parents et ancêtres prétendaient posséder.

Les juifs iraniens, irakiens, syriens ou yéménites ne bénéficient pas de ce privilège. Ils ont été violés jusqu'à faire l'Aliya par leurs frères ashkénazes. Ils se retrouvent désormais avec le monstre créé par le sionisme. Ils devront faire face à la colère des Arabes. Ils sont seuls face à cette situation alors que leurs frères ashkénazes partent en masse, acceptant que le désastre qu'ils ont créé ne peut pas être corrigé.

 Gilad Atzmon, 28 avril 2024

(Traduit par Djazaïri)

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Texte original en anglais

 A lesson in privilege

In this short piece we will learn about the dynamic in which Zionist Ashkenazi Jews forced Arab Jews to leave their countries and make Aliya to be the cannon fodder for Israel. But now when the situation is fatal, the offspring of these Ashkenazi Zionists are escaping back to Europe leaving behind the Arab Jews to deal with the mess they themselves created

Zionism was born in Europe. It was basically an Ashkenazi liberation movement. Some secular European Jewish agitators accepted that European Jewish culture wasn't healthy: it was too capitalistic they thought, exploitive, non productive, detached from the soil and alienated from the general human condition.

The Early Zionists vowed to fix all of that by means of 'homecoming'. They believed that European Jews are what they are because they don't have a land of their own.

Arab Jews were not part of the early Zionist revolution. They flourished in the Muslim and Arab world for hundreds of years. They didn't suffer persecution let alone pogroms or holocausts but this was about to change.

In 1948 Ben Gurion, the first Israeli PM realised that he needed a lot more Jewish soldiers to sustain the Jewish homeland fantasy. American Jews didn't exhibit any plans to leave their Golden Medina and make Aliya. bringing over the Arab Jews was the only way forward for young Israel.

1950s Israel invested a lot of effort on forcing Arab Jews to make Aliya from Yemen, Iraq, Morocco, Tunisia etc. When Arab Jews were reluctant to join the Zionist dream the privileged Ashkenazis in the Mossad planted bombs in their synagogues to push them in the 'right direction'. If you don't trust me on this, search the net for Naeim Giladi. You can read his account on that matter.

Arab Jews were brought to Israel as cannon fodder. Young Israel needed someone to live on the emerging border cities. They needed way more soldiers to defend the new Jewish state. And they needed a lot of Jews to make a demographic majority. The Arab Jews were subject to vile racist discrimination by their Ashkenazi Zionist 'brothers'. Yemenite Jews were subject to non consensual extreme medical experiments. Their toddlers were taken away by the privileged Ashkenazis and sold to rich Jews. Again if you think that I invent these stories, search for the "Yemenite Children Affair." The Arab Jews were referred to as The 2nd Israel even at the time time they became the vast majority.

But the Ashkenazi program didn't work as expected. The Arab Jews, once in Israel, didn't buy into the Labour Zionist agenda. They had to make an extra effort to distinguish themselves from the 'enemy' ie the Arabs. They became ultra right wing Zionists. They morphed into the backbone of the Likud Party and other Israeli anti Arab parties. Yet, step by step they became more influential politically and culturally which is actually one good thing about Israel.

The above shift in Israel wasnt welcome by the privileged Ashkenazis and their uber privileged offspring. They didn't like the 2nd Israel becoming first. They didn't like the growing influence of Arab Jews and Israel becoming more and more oriental. In the last two decades most Ashkenazi Jews managed to get themselves European or other foreign passports based on their ancestry. Being privileged, they were buying themselves an escape route from the region, accepting that there is no future for the country their parents and ancestors claimed to own.

Iraqi, Iranian, Syrian or Yemenite Jews don't enjoy this privilege. They were raped into Aliya by their Ashkenazi brothers. They are now left with the monster Zionism has created. They will be left to face Arabs' anger. They are alone with it as their Ashkenazi brothers are leaving en mass, accepting that the disaster they have created can't be amended.

 Gilad Atzmon

(Publié le 28 avril 2024 dans la page Facebook de Gilad Atzmon)

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