14/05/2024 francais.rt.com  4 min #248581

Israël n'a atteint «aucun» de ses objectifs depuis le 7 octobre, affirme Nasrallah


© ANWAR AMRO / AFP

Discours d'Hassan Nasrallah retransmis dans la banlieue sud de Beyrouth le 5 avril 2024 (image d'illustration).

«Israël n'a que deux choix : continuer ou stopper. Dans les deux cas, il a perdu.» Ce sont les mots du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, lors de son nouveau discours prononcé le 13 mai.

À l'occasion d'une cérémonie annuelle en hommage à Moustapha Badreddine, ancien chef militaire du Hezbollah en Syrie, tué en 2016 près de Damas, Hassan Nasrallah a pris la parole pour évoquer la guerre à Gaza.

«Ils avaient annoncé vouloir annihiler le Hamas, mais il est loin d'être vaincu», a-t-il poursuivi. Avant d'ajouter : «Ils voulaient récupérer les otages israéliens, mais la grande majorité d'entre eux sont toujours aux mains des résistants [...] Ils voulaient que Gaza ne soit plus une menace pour eux, mais les tirs continuent de pleuvoir sur le Sud, y compris sur Ashkelon.»

En effet, le Hamas a tiré le 13 mai une salve de roquettes depuis Jabalia dans le nord de la province gazaouie sur cette localité israélienne située à 13 kilomètres de la bande de Gaza.

«Le lien entre le front libanais et le front à Gaza reste indissociable»

Hassan Nasrallah a tenu à saluer les combattants des Brigades Al-Qassam, la branche armée du Hezbollah, qui ne possèdent selon lui que «des capacités militaires modestes, par rapport aux autres factions de la résistance». Une comparaison à peine voilée avec l'arsenal du Hezbollah.

De surcroît, le leader du parti chiite libanais a insisté sur le fait que le mouvement palestinien avait atteint ses objectifs à savoir «raviver la cause palestinienne», tout en soulignant que sans l'opération «Déluge d'Al-Aqsa» du 7 octobre, des États arabes auraient «signé l'arrêt de mort de la Palestine», en référence à la volonté saoudienne de normaliser ses relations avec Israël.

Hassan Nasrallah a également raillé la déclaration de Yoav Gallant, ministre israélien de la Défense, qui avait indiqué le 24 avril que la moitié des commandants du Hezbollah avait été tués. «Je ne peux pas ne pas revenir sur les propos du ministre israélien de la Défense Yoav Gallant qui a prétendu que la moitié des combattants du Hezbollah étaient morts et l'autre moitié se cachaient... c'est un imbécile», a-t-il lancé, ajoutant : «Ne voit-il pas que nos combattants sont partout et lancent quotidiennement des attaques ?» Le leader du parti chiite devrait apporter plus de détails sur ses objectifs sur le front nord lors de son prochain discours prévu le 25 mai prochain, à l'occasion du 24e anniversaire du retrait des forces israéliennes du Liban.

Il a par ailleurs eu un mot pour Washington et Paris, qui s'activent en coulisses pour éviter que la guerre ne s'étende encore plus au Liban. «En tout cas, le lien entre le front libanais et le front à Gaza reste indissociable. Même les Américains et les Français l'ont compris », a-t-il déclaré. Pour l'heure, le Hezbollah a toujours refusé les propositions occidentales sur un retrait de leurs forces de la frontière avec Israël.

Les Américains doutent d'une victoire totale d'Israël à Gaza

Côté israélien, dans  un podcast de Dan Senor dffusé le 12 mai, le Premier ministre Benjamin Netanyahou a indiqué que 14 000 combattants» avaient été tués et probablement «environ 16 000 civils». «Même si nous sommes confrontés à un ennemi particulièrement cynique, nous avons réussi à maintenir le ratio civils/combattants tués», a-t-il insisté. Le 10 avril dernier, le membre du cabinet de guerre israélien Benny Gantz avait déclaré : «D'un point de vue militaire, le Hamas est vaincu. Ses combattants sont éliminés ou se cachent.»

Washington doute toutefois d'une victoire totale à Gaza. Lors du sommet OTAN de la jeunesse à Miami, le secrétaire d'État adjoint américain, Kurt Campbell, a fait part de sa perplexité vis-à-vis de l'opération israélienne dans l'enclave gazaouie, comme le rapporte  un article de Reuters. «Parfois, lorsque nous écoutons attentivement les dirigeants israéliens, ils parlent surtout de l'idée de victoire écrasante sur le champ de bataille, de victoire totale», a-t-il soulevé. Avant de préciser : «Je ne pense pas que nous croyions que cela soit possible, cela ressemble beaucoup aux situations dans lesquelles nous nous sommes trouvés après le 11 septembre, où, après le déplacement de populations civiles et beaucoup de violence, les insurrections se sont poursuivies.»

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