06/06/2024 logic.ovh  11 min #250000

Discernement et magie

La magie existe puisqu'elle se définit comme ce qui dépasse notre entendement, mais qui pourtant serait parfaitement explicable compte tenu de conceptions simples, claires, et indubitables, que pour l'instant nous ignorons superbement en raison du fait que notre conception de la réalité est une entéléchie fondée sur des postulats erronés.

La magie est la preuve de la fausseté de nos paradigmes.

Pourtant l'auréole mystique qui entoure la magie semble si fascinante et hypnotique que bon nombre de personnes désirent s'y fourvoyer et pour cela, afin d'accentuer l'effet dopant de sidération, ils assument comme une volonté propre le conditionnement déshumanisant qui leur a été infligé.

Entériner sa maladie mentale pour en faire une fière carte de visite est propre à une génération qui se cherche une identité au moyen de laquelle ils s'amusent à briser des tabous, les murs de poussière séchées, que sont les paradigmes frauduleux dont ils se font eux-mêmes la caricature.

En fait ce genre de sujet est vite complexe car il y a le dedans et le dehors qui interagissent en se faisant passer l'un pour l'autre. Mais pour essayer d'y voir clair, et c'est le but de la science, on va tenter de poser les bases de notre réflexion en définissant le dedans et le dehors comme deux champs ontologiques distincts.

Faire ceci permet de très bien discerner que l'ensemble des maladies mentales et des troubles cognitifs, s'ils s'expliquent par des particularismes génétiques ou malformations du cerveau (100% des cerveaux sont tous complètement différents de absolument tous les autres), ils se fondent en premier lieu et avant tout sur l'erreur de paradigme qui gouverne l'ensemble de la société. Et qui est sans cesse ressassée.

Avoir une vision claire de "la réalité" est un but pour une civilisation et elle doit tendre, par ses efforts constants, vers des petites victoires qui permettent d'augmenter son discernement.

C'est dommage car justement tout ce qui est dit et fait (dans une société) est fondé sur une conception de la réalité qui, en réalité, n'est qu'une croyance et une interprétation des choses existantes ; une construction mentale particulière qui aurait pu être celle d'un seul cerveau, qui dominerait tous les autres.

Il n'est pas utile de s'étendre davantage (que je ne l'ai déjà fait) sur les deux champs ontologiques distincts qui abrogent et rendent caduques la quasi totalité des affirmations et croyances prononcées dans cette civilisation à son stade actuel : sans cesse deux types de verbes "être" sont confondus (absence de discernement) :

- celui qui concerne ce qui est prouvable à l'intérieur du cadre spatio-temporel de la réalité matérielle et mesurable,

- et l'émergence qui émane de jonctions entre des considérations syntaxiques ou culturelles, avec ce premier niveau de réalité.

En particulier, pour faire simple, le deuxième champ de réalisme est statistique, probabiliste, éventuel, imaginaire, supposé, éventuel, et complètement visqueux, et "ondulatoire". Mais cela n'empêche pas les gens de s'énerver à cause de l'angoisse lancinante que représente cette incertitude factuelle. Pourtant ils ne feront rien pour arranger les choses et éviter ces éventualités. Au contraire, ils les considèrent comme prouvées sur le plan spatio-temporel et agissent comme si elles étaient déjà actées.

Ce qui, comme on s'en rend vite compte en grandissant entre l'âge de dix et de vingt ans, ne fait que renforcer les probabilités de leur avènement.

À aucun moment, n'effleure leur esprit que leur seule façon de voir les choses est à l'origine de leur propre angoisse, et qu'ils peuvent aussi bien changer de point de vue, adopter une nouvelle posture plus efficace, et comme par enchantement, leur angoisse lancinante disparaîtra et il ne restera plus qu'à boire un pastis au soleil en riant avec ses amis.

Par contre il également est absolument certain que le désir d'avoir raison et de prouver qu'on a toujours raison, qu'il faut sans cesse être infaillible afin d'avoir de l'autorité et du pouvoir, et ainsi gagner sa vie pour acheter à manger, incite les plus immatures à eux-mêmes provoquer les craintes qu'ils prédisent afin de prouver l'exemplarité de leur façon de penser. Ce qui est un comble. Si tout le monde faisait pareil, rien n'irait. Mais non, cela justement, c'est un des fondements paradigmatiques, ils ne se l'imaginent pas, parce que c'est trop complexe pour eux.

*

Il y a de nombreux effets de la magie dans cette société et on peut finir par les constater assez régulièrement. Comment est-on parvenu à vendre une boisson morbide, aussi bien à la fabrication qu'à la consommation, comme Coca-Cola, qui prive le corps de tous les métaux alcalins dont il a besoin pour se régénérer ? Grâce à la magie, car en buvant on a l'impression publicitaire d'être une bonne personne parfaitement intégrée à la société et très bien dans sa peau. Ce faisant, on rend la société meilleure, et soit-même on se sent mieux. C'est vraiment un sentiment magnifique, de n'avoir rien à se reprocher et d'être parfaitement à l'aise et en bon terme avec les jeunes filles en maillot de bain qui passent devant en riant et en vous jetant un regard intéressé.

Ou bien : pourquoi va-ton jeter son dévolu sur des personnes médiocres qui font des chansonnettes aux paroles déprimantes et égocentriques, les acclamer et les soutenir sans condition, alors que pendant ce temps aucune énergie ne sera disponible pour accorder la moindre attention au scientifique qui, preuve à l'appui, tentera de vous sauver la vie ?

La réalité, froide et sans émotion, et la réalité mentale, pétillante et sucrée. Ce sont bien deux choses distinctes, et dans la logique qui est dominante, binaire, elles semblent opposées, concurrentes, et il est clair que l'humanité veut vivre dans le pétillant, et non pas dans la froideur de la gravité. À moins que ce ne soit un exutoire pour fuir cette folie, ce qui ne fait qu'accréditer l'erreur initiale de paradigme.

Quand ce discernement n'est pas correctement établi dans un cerveau inculte, il lui arrive de parvenir à un début de lucidité qui peut prendre forme d'un nihilisme et d'une désaffection émotionnelle qui va le pousser à tout considérer, dans la vraie vie, comme n'étant rien d'autre que de froides particules sans aucune signification, qu'il suffit de juguler pour en faire ce qu'on veut, si tant est qu'on veuille quelque chose, puisque rien n'a de sens.

Et au contraire le crétin alarmiste /ou/ désinvolte va considérer la réalité comme étant ce qu'il a envie en fonction de ses besoins et ira frapper /ou/ ridiculiser ceux qui ne sont pas d'accord avec la première impulsion cérébrale qui leur aura nécessité un effort de 0.00026 seconde de réflexion et sur laquelle il ne sera jamais question de revenir pendant toute leur vie.

On peut considérer le nihiliste comme un progrès par rapport à l'ignorant comme le bébé qui rampe est un progrès par rapport et bébé qui agite les jambes en l'air, mais il est encore loin le temps de se tenir debout en tenant ses abdos et en regardant au loin.

Le passage de l'un à l'autre nécessite la conscientisation et puis ensuite la maîtrise des différents muscles que nous avons encore à développer et à apprendre à coordonner *distinctement*, le tout en étant régi par une réelle intention et détermination qui soit capable de focaliser patiemment et humblement sur des tâches qui sont choisies pour contribuer à un grand tout.

Ces "muscles", sont des compétences intellectuelles et des aptitudes psychiques, qui sont encore inconnues et confuses, et parfois s'activent par hasard en provoquant des surprises, comme le bébé se donne des coups de pieds à la tête. Ensuite de quoi il cherche à manger ses doigts de pieds pour bien mémoriser ce qui vient de se passer. C'est un peu à ce stade qu'en est notre civilisation. Je ne veux pas être trop méprisant.

Pourtant c'est simple à comprendre. À partir de bons prémisses tout se déduit naturellement. Mais quels sont-ils ?

*

À l'heure où je parle, la question est de savoir qui a raison dans les diverses "guerres" qui sont menées. Il faut trouver a posteriori les justifications qui permettent à chacun de s'en sortir la tête haute ; sans quoi les guerres continueront. Tout le monde veut avoir raison, ça c'est sûr.

Le meilleur (l'un des meilleurs) analystes en géostratégie ramène souvent les situations de guerre à des conflits qu'on trouve dans les écoles maternelles, à base de "c'est lui qui a commencé", "j'ai rien fait m'dame", etc. La guerre israël/Liban est de cet ordre. Le Liban répond, et à chaque fois l'isisraël se sent insulté, et donc répond. La guerre Otan/Russie via le défunt pays "introuvable 404"-sur-Ukraine consiste à dire c'est qui qui est le plus fort, et donc c'est qui qui a raison, bombe à l'appui. Il est certain que l'Otan se sent menacé, puisque ce n'est qu'un club de pays qui payent pour se soumettre aux Usa, "en échange de sa protection", et que ce business mafieux ne peut subsister que tant qu'on y croit. La Shoah des palestiniens, que cette fois on accuse d'être "nazis", au grand dam de la logique, est encore un autre sommet d'inversion accusatoire, tant est éprouvée - sur le plan marketing - la méthode qui consiste à assigner à un pauvre innocent qui passait par là la totalité des critiques qui peuvent être faites à celui qui vend des sandwiches sur la plage.

Dans tous les cas, par la force de la logique, qui a une tendance naturelle à conduire les événements à entrer en collision avec la Vérité - c'est à dire, les paradigmes sur lesquels ces événements se fondent - les preuves de l'inanité d'un comportement se retrouvent toujours, dans une première phase de la prise de conscience de sa propre erreur, à être "assignées" (comme je disais) à un coupable innocent sur qui on va vouloir se décharger de sa responsabilité d'avoir été parfaitement crétin et aveugle.

Mais il faut leur dire à ceux-là, que ce n'est pas grave de se tromper. C'est humain et c'est comme ça qu'on progresse. Prenons les acquis en les regardant en face et tentons d'en tirer des enseignements pour que tout le monde en profite en construisant un avenir de paix où chacun ira mieux, sans regret et sans rancune, si tant est que c'est ainsi que cette civilisation, à son stade primitif, a été contrainte de progresser.

*

Il y a deux choses très notables qui permettent d'affirmer que ce cette analyse est correcte, objectivement : les contradictions et les déplacements.

Les contradictions, dans cette société, sont flagrantes. à tel point que pour ne pas en discuter la discussion est interdite. Ceci est extrêmement grave. On la trouve à différents niveaux

- du point de vue de la prise en compte de normes éthiques, telles que la réciprocité et la généralisation d'un concept : ce qui est fait est dit va à l'encontre des motivations qui sont déclarées, si on tient compte de ces prémisses ;

- au niveau de la signification intrinsèque de ce qui est dit et fait, qui va à l'encontre des règles existantes et des lois, tout en se prévalent relever de leur esprit, tout en s'obstinant à se comporter de façon technocrate et aveugle, en vertu de ces-mêmes considérations auto-contradictoires ;

- au niveau du langage et des nominations, en accusant spécifiquement tout ennemi dans la dialectique d'être exactement ce que le fait de les accuser fait de l'accusateur ;

- en piétinant et en foulant du pied les lois les plus élémentaires de la décence et de l'équilibre mental (et psychosexuel), qui pourtant sont les seules garantes d'une quelconque légitimité.

Il y a que l'autorité, quand elle émane du personne ou d'un groupe qui s'autorise à faire fi de toute décence, de toute logique, de tout bon sens, et qui a le sang de millions de personnes sur les mains, est difficile à contredire. Et ils peuvent toujours compter sur cette fameuse frange irréductible de gens inconsciemment terrifiés qui sont prêts à tout renier pour se ranger aux côté des dominants (et se rassasier des miettes qu'ils laissent).

Le deuxième aspect flagrant de la déliquescence d'une civilisation qui se confronte à la Vérité qui s'érige comme un mur évolutif afin de hurler haut et fort l'inanité de ses paradigmes, est le déplacement :

- Au niveau politique, il consiste à fixer des objectifs qui permettent de nier, tout en les sublimant (en les récupérant), les objectifs réels qui seraient salvateurs ;

- Au niveau social, il consiste à rediriger l'attention du public pour la cause réelle des problèmes vers leurs propres congénères ;

- Au niveau psychologique et individuel, il consiste à adopter, entretenir et galvaniser le schéma comportemental qui consiste à requalifier tout ce qui peut rendre incertaines les croyances confortables en certitudes confortables, et en particulier à "déplacer" toute expérience inconfortable sur un plan symbolique, afin de faire la leçon aux autres ;

- Et sur un plan dimensionnel, il s'agit de changer les mœurs, les pratiques, les relations physiques et humaines, en "droits conditionnés", privilèges, et clans spécialisés et incompatibles entre eux.

En terme général, l'atomisation (la désagrégation) de la société procède du mal qui consiste à nier la réalité de ce qui est invisible mais pourtant déterminant, la façon - et la capacité - à relier les choses entres elles.

Enfin, la prémisse dont je parle et qui résout tout d'un coup, s'il est considéré comme un "Saint Graal" utopique, qui permet l'unification des champs de force (de l'infiniment petit à l'infiniment grand), n'est rien d'autre que la conciliation entre le rationnel et l'émotionnel, la capacité de discernement et la magie, la recherche d'efficacité et la sublimation de ce qui est Beau.

Pour cela, au lieu de s'obstiner à acquérir des richesses pour ensuite penser à ce qu'on pourrait en faire - ce qui ne vient jamais - il suffirait au départ de chercher ce qui est Bien - avec les moyens qu'on a - et ensuite seulement d'admirer avec quelle délicatesse l'univers se met à notre service pour nous permettre d'avancer.

Ceux qui aiment être du côté des plus forts devraient y réfléchir. L'univers, ou ton politicien illégal.

 logic.ovh

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