20/06/2024 dedefensa.org  6min #250872

 Woke, ou l'esclavage des entreprises

Wokenisme, esclavage postmoderne

• Détaillées par le chroniqueur Brandon Smith, quelques réflexions peu rassurantes sur les origines, les buts et l'avenir de la vague-Woke qui continue à déferler sur l'américanisme-occidentalisme comme une sorte de bolchévisme postmoderne. • A le lire, on comprend que les Russes, les Chinois et autres multitudes des BRICS ne veulent pas en entendre parler. • Une vision moins pessimiste est d'observer que cela va si vite, avec l'appui massif de tous les grands conglomérats US, d'une façon si visible, qu'ils finiront par faire naître une contre-révolution avant de l'emporter.

Le commentateur indépendant Brandon Smith, qui a une excellente position de notoriété dans la presse dissidente US, développe, sur son site 'alt-market.us'  le 18 juin, le thème des rapports du mouvement Woke (wokenisme, LGTBQ, etc.) et du Big Business qui est un de ses premiers soutiens, et financièrement son appui massif. Ce constat critique vient de loin : en  avril 2013, l'excellentissime commentateur antiguerre et libertarien Justin Raimondo (décédé depuis), qui était lui-même homosexuel et un des artisans des droits des homosexuels, avait dénoncé avec violence la 'Gay Pride' de San Francisco et la direction de ce qui serait les LGTBQ comme complètement aliénés et subventionnés par le Big Business. Brandon Smith situe en 2016 la mise en place du développement maximal du soutien de la puissance des grandes entreprises US aux mouvements Woke, avec notamment une pénétration maximale du show-business, du monde du cinéma et de Hollywood (Disney, Netflix, etc.)

La thèse de Brandon Smith est qu'il s'agit du développement d'un mouvement de type communiste (bolchévique) qui va se poursuivre malgré la perte considérable de profit, notamment du fait du soutien financier du gouvernement. Effectivement, le mouvement Woke touche également les bureaucraties du pouvoir fédéral américaniste, qui acquièrent une autonomie grandissante à mesure que les pouvoirs politiques (exécutif et législatif) se détériorent et se désintègrent dans leurs luttes internes et leurs corruptions.

Smith s'en prend surtout aux réactions du public, qu'ils jugent insuffisantes, sinon indifférentes, et surtout très sceptiques devant la notion de guerre culturelle alors qu'il (le public) est en très forte majorité contre les absurdités déconstructrices du mouvement woke...

« Je me rends compte qu'il y a des gens qui refusent de s'engager dans quoi que ce soit de politique. Certains d'entre eux n'aiment pas s'impliquer dans quelque conflit que ce soit. D'autres se considèrent comme « au-dessus de tout » et supérieurs à quiconque consacre du temps à la politique, aux questions sociales ou aux « théories du complot ». Cela ressemble davantage à un mécanisme d'adaptation pour ceux qui ne comprennent pas la nature complexe de la division civile.

» Oui, il est plus facile de fermer les yeux sur ce qui se passe et de prétendre que le chaos est aléatoire, mais le fait est que notre civilisation évolue et se désagrège rapidement et c'est intentionnel. TOUT LE MONDE sera affecté par ces conditions et conséquences, qu'il croie ou non à la guerre culturelle. »

Son inquiétude et son pessimisme fondamental poussent Brandon Smith à une conclusion plutôt catastrophique, tenant pour acquise la victoire du mouvement Woke dans son entreprise de subversion sociale et sociétale.

« C'est là tout l'enjeu de la guerre culturelle. Il y a ceux qui veulent embrasser le système dystopique (principalement les gauchistes) et ceux qui voient ce système pour le mal qu'il est vraiment. Il y a ceux qui veulent perpétuer le culte de l'éveil et ceux qui le boycottent. Les sceptiques qui restent ignorants de cette guerre n'ont pas d'importance ; ils sont des déchets flottant sans but sur les marées de l'histoire. Ils s'en moquent aujourd'hui, mais ils s'en soucieront dans un avenir proche, lorsque leur liberté de choix disparaîtra complètement. »

Sa conclusion est logique, notamment par rapport à des références anciennes où des changements considérables, - dits "de progrès", - ont eu lieu sans que ceux qui s'opposaient à leur principe n'y prennent garde. La question est de savoir si le mouvement Woke connaîtra le même succès. Sa puissance est formidable, ainsi que la rapidité de sa progression, mais aussi le contenu de plus en plus fou et grossier de ce qu'il impose. Ces avantages peuvent se retourner contre lui. Les exemples du passé où certains "progrès" ont été effectués sans que ceux qui s'y opposaient sur le principe se mobilisent contre eux répondent à une situation d'évolution assez lente. Cette lenteur empêchait que l'on vit la réalité et les effets les plus destructeurs de ces "progrès". Avec le Woke, les choses vont tellement vite et elles sont tellement mises en évidence (cette mise en évidence est même leur moteur principal) qu'il est bien possible que leurs effets forcent à une résistance qu'on n'a pas connue dans le passé, dans le même cas. C'est d'ailleurs la démonstration qui est faite avec la chute radicale des fréquentations des films-Woke, chez Disney et chez Netflix notamment.

Comme dit Smith, il est très probable que les esprits hystériques qui font la promotion du mouvement-Woke vont effectivement avoir la même réaction que les bolchéviques les plus durs qui, une fois au pouvoir, accusaient les gens refusant ou soupçonnés de refuser d'être suffisamment communistes des plus grands péchés, - essentiellement celui de n'être pas communistes, -jusqu'à l'élimination physique. Dans le cas du Woke, certes, on dénoncera et on dénonce d'ores et déjà chez les manipulateurs le goût subversif du public refusant les nouvelles normes Woke. Mais c'est là que se pose le problème.

Les USA sont ce qu'ils sont, mais ils n'ont ni un appareil policier adéquat, avec les mœurs révolutionnaires de liquidation systématique des bolchéviques du temps de la Tchéka. Lorsqu'on en arrivera (tr ès vite, selon la rapidité du mouvement) à cette réaction de menace contre ceux qui ne sont pas Woke, il n'existera pas (pas encore ?) d'appareil policier semblable à celui du temps de Lénine, et les citoyens US seront beaucoup mieux armés (au propre et au figuré) pour se défendre à cet égard que ne l'étaient les Russes.

Le gros problème, aujourd'hui, pour tout mouvement collectif humain, surtout ceux qui veulent imposer des conditions de contrainte, c'est l'extrême rapidité des événements, et leur connaissance très rapide qui va de pair du fait de la formidable puissance du système de la communication. Cela laisse peu de temps, sinon pas de temps du tout, d'organiser des structures policières oppressives et idéologiquement orientées assez puissantes et assez radicales pour parvenir à un résultat collectif satisfaisant, en même temps que cela alerte plus rapidement les personnes qui en sont les victimes. Par contre, bien entendu, cette vitesse et cette accélération doivent renforcer les antagonismes et les mouvements séparatistes, toujours si féconds aux USA, d'autant que se poursuivent les mouvements d'autocritique politique par rapport aux lieux où l'on habite, avec des transferts volontaires de population vers des États où leurs conceptions politiques sont beaucoup plus fortement représentés.

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