22/06/2024 dedefensa.org  6min #250992

 La terreur woke

Le vice fondateur de Woke

• Notre idée que ce que nous avions tendance à prendre comme un délire temporaire s'avère complètement fausse devant ce phénomène de plus en plus fortement implanté. • Pour nous, l'aspect informationnel et de simulacre de la guerre d'Ukraine est typiquement Woke, et c'est principalement sur ce terrain que se poursuivra l'affrontement avec la Russie et ses alliés. • Ici, un texte nous invite à explorer les racines métaphysiques du Woke qui font fondamentalement partie de la création de la modernité nihiliste jusqu'à en être les géniteurs.

Il est vrai que nous mettons un deuxième texte important sur le mouvement Woke (wokisme ou wokenisme, c'est selon), sans raison, extérieure nécessaire (événement, prise de position). Il s'agit du signe de l'importance de ce mouvement, une importance révolutionnaire et civilisationnelle (ou anti-civilisationnelle) qui n'a plus besoin de causes extérieures pour se signaler.

De même, notre appréciation est que le Woke a dominé indirectement le sens de la guerre en Ukraine en introduisant l'interprétation d'une guerre culturelle dont Woke est à la fois un composant essentiel et le véritable étendard. Cela doit aussi nous faire comprendre que les véritables antiWoke sont à l'Est, ce qui posera bien des soucis et des interrogations angoissées à ceux qui, en Occident, du côté des conservateurs et des traditionnalistes, ont épousé avec enthousiasme la cause antirusse.

Note de PhG-Bis : « Chez nous, excusez-nous de parler à notre avantage, ce n'est pas vraiment nouveau. Rappelez-vous le  6 avril 2021 un texte intitulé "L'Ukraine aux couleurs du wokenisme", et pardonnez-moi pour cette citation un peu longuette :

« "Je comprends mal, pour mon compte, pourquoi et comment l'on ne fait pas le lien entre cette soudaine résurgence du sentiment de guerre (et non la résurgence des neocons ou des warmongers qui n'ont jamais cessé d'exister), qui s'exerce contre la Russie, mais également contre la Chine, contre l'Iran, contre la Syrie, etc., - et la démence qui s'exprime dans le mouvement du  wokenisme. La folie n'est pas une pandémie qui se limite à telle ou telle catégorie, c'est au contraire la pandémie la plus universelle qui soit lorsqu'elle se déclare dans un milieu, dans un segment de pensée, dans un courant idéologique, dans un sentiment collectif d'"exceptionnalité"comme celui qui continue à entretenir, à bercer, et même à renforcer l'addiction de Washington D.C. dans son simulacre.

« "Oui, j'ai du mal à comprendre pourquoi l'on ne fait pas le lien entre cette soudaine renaissance d'un désir de guerre dans le champ clos, pourri et corrompu, et  si familier au nouveau président, de l'Ukraine, et la dynamique du wokenisme qui bouleverse absolument les fondements sociaux, sociétaux, psychologiques. Pour moi, l'un ne va pas sans l'autre, et aucun ne demande d'explication "rationnelle", ou même "idéologique", ou ethnique et religieuse, etc. ; au contraire, cette sorte d'explication diminue l'idée même de la démence et nous fait rater la véritable ampleur et la signification de la situation ; bref, elle nous fait rater la  vérité-de-situation. »

Il faut donc s'attendre à des effets parallèles ou communs aussi bien dans la posture antirusse que pour les mouvements Woke lorsque la tournure de la guerre en Ukraine, comme on la voit évoluer, deviendra de plus en plus critique pour l'Ukraine. C'est effectivement à ce moment que les conservateurs-tradi ayant choisi le camp ukrainien (comme c'est surtout le cas en France) feront face à des nécessités de révisions déchirantes.

Le Woke, facteur de l'histoire de l'esprit

Le texte que nous vous proposons ci-dessous s'attache notamment à placer le mouvement Woke dans le cours de l'histoire des idées et des civilisations. Il le définit selon les normes philosophiques générales et, - notamment et particulièrement, - selon les normes de l'esthétique en montrant combien le mouvement Woke favorise la laideur en toutes choses et dans tous les arts, - certes, aux dépens de la beauté, mais par la force des choses, comme "sans le vouloir", parce que le Woke semble en fait n'avoir aucune considération pour la beauté jusqu'à ignorer son existence.

C'est une idée qui nous intéresse depuis longtemps que cette évolution invasive et irrésistible de la laideur comme  instrument de subversion caractérisant la modernité, notamment par le biais de la d éconstructuration, et qui finalement précéda largement le mouvement Woke. De ce point de vue, Woke est un développement maximal dans ce sens qui nous conduisit à le considérer comme une pathologie de la psychologie, à l'image de la  politiqueSystème, dont il est un reflet dans d'autres domaines que ceux de la violence guerrière de toutes les sortes. Tout cela correspond bien au jugement général que l'on peut porter sur la modernité lorsqu'on est capable d'en mesurer les effets.

Woke intégré jusqu'à l'explosion

Comme nous l'avons vu, l'abondance des analyses du mouvement Woke montre la puissance de sa présence, voire de son intégration. Il est vrai que ce mouvement bénéficie du même simulacre que celui dont a bénéficié la guerre en Ukraine, ce qui autorise tous les excès de la folie sans qu'il soit autorisé par les polices des pensées de les désigner comme tels. Mais nous croyons, comme dans le cas ukrainien, que c'est l'excès lui-même qui va porter à ce mouvement les coups les plus fatals.

Il ne faut bien entendu pas compter sur les institutions dites-démocratiques, toutes parties prenantes, ni sur les restes agonisants du christianisme pour la moindre défense, d'autant que le christianisme notamment porte une très lourde responsabilité dans le développement de tels mouvements depuis  la Renaissance. (Il nous semble plus logique de mettre en cause le christianisme dans certaines de ses origines, plutôt que Nietzsche, adepte d'un haut esprit aristocratique et adversaire résolu de l'égalité tant chéri par Woke, - comme le fait l'auteur.)

D'une certaine façon, si la guerre en Ukraine évolue comme elle le fait, soit une victoire russe, soit une décomposition des américanistes-occidentalistes devant l'absence de victoire ukrainienne, le cas du Woke reviendra au premier plan jusqu'à susciter lui aussi des épisodes agressifs. Les Russes et tous les pays du "Sud global" qui s'opposent à lui, finiront par en faire un argument d'affrontement de première importance. Notre civilisation poursuivra donc avec zèle son processus d'effondrement.

(Le  texte original est de Sietze Bosman, publié dans sa version française par 'euro-synergie.hautfort.com'.)

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