28/06/2024 7 articles chroniquepalestine.com  10min #251472

 À Gaza, les enfants de moins de 5 ans sont privés de nourriture au moins un jour sur trois

Depuis des mois, les habitants de Gaza sont confrontés à une insécurité alimentaire catastrophique

« Israël a favorisé une très grave crise humanitaire et fait preuve d'une froide indifférence à l'égard du sort de la population de Gaza en créant des conditions qui, selon la CIJ, l'exposent à un risque imminent de génocide. À maintes reprises, Israël s'est abstenu de prendre les mesures minimales que les organisations humanitaires réclament et qui sont manifestement en son pouvoir pour alléger les souffrances des civils palestiniens à Gaza », a déclaré Heba Morayef, directrice régionale pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord à Amnesty International. - Photo : UNRWA

Par  Qassam Muaddi

L'ONU a mis en garde contre une famine « imminente » dans la bande de Gaza, qui se propage en raison du bouclage des frontières. Par ailleurs, à la suite de la visite du ministre israélien de la guerre Yoav Gallant à Washington, les États-Unis et Israël ont prétendu qu'ils ne voulaient pas d'une guerre avec le Hezbollah.

Victimes

  • Depuis le 7 octobre, 37 765+ ont été assassinés et au moins 86 429 blessés dans la bande de Gaza. Parmi les personnes tuées, 27 706 ont été identifiées. Parmi eux, on compte 7 779 enfants, 5 466 femmes et 2 418 personnes âgées. En outre, on estime qu'environ 10 000 autres personnes se trouvent sous les décombres (*).
  • 553+ Palestiniens ont été assassinés en Cisjordanie et à Jérusalem, dont  153 enfants (**) depuis le 7 octobre

(*) Le ministère de la santé de Gaza a confirmé le 23 juin 2024 ce chiffre sur la chaîne Telegram. Certains groupes de défense des droits de l'homme estiment le nombre de morts bien plus élevé si l'on tient compte des personnes présumées mortes.

(**) Le nombre de morts en Cisjordanie et à Jérusalem n'est pas mis à jour régulièrement. Il s'agit du dernier nombre communiqué par le ministère de la santé de l'Autorité palestinienne à la date du 23 juin.

Principaux développements

  • Depuis le jeudi 24 juin, Israël a tué 167 Palestiniens et en a blessé 397 dans la bande de Gaza. Cela porte à 37 765 le nombre de morts et à 86 429 le nombre de blessés depuis le 7 octobre, selon le ministère de la santé de Gaza.
  • Les États-Unis déclarent qu'ils ne veulent pas d'une  guerre à la frontière libanaise à l'issue de la tournée du ministre israélien de la guerre, Yoav Gallant. Ce dernier a déclaré qu'Israël préférait les solutions diplomatiques à la guerre avec le Liban, mais qu'il ne pouvait accepter la présence du Hezbollah à la frontière nord.
  • L'envoyé spécial américain Amos Hockstein déclare aux autorités libanaises que les États-Unis n'empêcheront pas Israël d'attaquer le Liban.
  • Israël transfère des troupes à la frontière libanaise et entame des exercices militaires.
  • Israël lance un nouvel assaut sur le quartier de Shuja'iyyah dans la ville de Gaza pour la deuxième fois depuis décembre de l'année dernière.
  • Le bureau des médias du gouvernement de Gaza déclare que 25 000 patients palestiniens ont été privés de traitement en dehors de Gaza en raison de la fermeture par Israël du point de passage de Rafah.
  • Le bureau des médias du gouvernement déclare que 15 000 camions d'aide humanitaire sont bloqués du côté égyptien du point de passage de Rafah.
  • Israël tue 11 personnes, principalement des femmes et des enfants, en frappant une école de l'UNRWA dans le camp de réfugiés d'al-Shati', dans la ville de Gaza.
  • La moitié des familles de Gaza ont vendu ou échangé leurs vêtements contre de la nourriture depuis octobre, et une sur cinq a passé plusieurs jours  sans manger, selon un rapport de l'ONU.
  • Israël arrête plus de 120 Palestiniens en Cisjordanie en moins de 24 heures.
  • L'armée israélienne admet la mort d'un officier et la blessure de 16 soldats dans une  embuscade tendue par des combattants palestiniens lors d'un raid nocturne sur Jénine.
  • Les groupes de défense des droits de l'homme affirment qu'Israël a considérablement réduit la quantité de nourriture destinée aux prisonniers palestiniens. Ben-Gvir admet que cette mesure fait partie d'une "politique de dissuasion".
  • Israël bombarde la ville d'Aitaroun, dans le sud du Liban, tandis que le Hezbollah attaque la base militaire israélienne d'al-Matalleh, en Galilée.

Les risques de guerre généralisée au Liban restent élevés après la tournée américaine de Gallant

Le ministre israéliende la guerre, Yoav Gallant, a déclaré, à l'issue de ses rencontres au plus haut niveau à Washington, qu'Israël ne voulait pas d'une guerre totale avec le Liban et qu'il préférait la voie diplomatique pour trouver une solution. La chaîne israélienne Channel 12 a rapporté que l'administration Biden était en colère après les remarques publiques de Netanyahu sur le refus des Etats-Unis de livrer des armes à Israël.

Selon les rapports, la Maison Blanche a dit à Israël que la livraison d'armes ne serait pas achevée même après la fin des opérations israéliennes à Rafah, qu'Israël a annoncé comme étant presque terminée.Les rapports indiquent que Washington est préoccupé par le fait qu'Israël pourrait utiliser les armes, principalement des bombes de précision avec des charges élevées, pour attaquer le  Hezbollah sur le front libanais.

Entre-temps, les attaques transfrontalières entre le Hezbollah et Israël ont diminué depuis la semaine dernière, bien qu'elles continuent à se produire quotidiennement.

Jeudi, Israël a mené des frappes aériennes sur la ville d'Aitaroun, dans le sud du Liban, tandis que le Hezbollah a attaqué une base de l'armée israélienne près d'al-Matalleh, en haute Galilée. L'armée israélienne a admis que deux soldats avaient été blessés.

Les combats transfrontaliers entre Israël et le Hezbollah ont connu une escalade sans précédent il y a quelques semaines, lorsqu'Israël a assassiné le commandant en chef du Hezbollah, Taleb Abdallah, lors d'une frappe aérienne sur une ville du Sud-Liban.

Le Hezbollah a répondu en tirant plus de 250 roquettes sur les positions israéliennes en Galilée. Les attaques mutuelles ont été suivies d'un échange de  menaces de guerre totale et d'une vague d'appels internationaux à la désescalade.

Le Hezbollah insiste sur le fait qu'il ne cessera ses opérations contre Israël que lorsque celui-ci aura mis fin à sa guerre génocidaire contre Gaza. Israël exige de son côté que le Hezbollah retire ses combattants de la frontière au nord du fleuve Litani afin d'assurer la protection des plus de 120 000 Israéliens qui se sont sauvés les villes du nord depuis le début de la guerre.

La famine sévit à Gaza alors qu'Israël continue de fermer les points de passage de Rafah

Un rapport produit par les Nations unies a montré que le risque d'une  famine à grande échelle à Gaza est imminent, car la majorité de la population souffre de niveaux « catastrophiques » d'insécurité alimentaire.

Selon le rapport, la moitié des familles palestiniennes de Gaza ont vendu ou échangé leurs vêtements contre de la nourriture depuis le début de la guerre en octobre. Le rapport indique également qu'une famille sur cinq à Gaza vit des journées entières sans nourriture.

Les alertes à la famine à Gaza se sont récemment multipliées, 34 personnes, dont  28 enfants de moins de cinq ans, étant déjà  mortes de faim à Gaza.

Israël a imposé un siège complet à Gaza dès les premiers jours de la guerre, bloquant l'entrée de la nourriture, de l'eau, de l'électricité et du carburant. L'aide humanitaire qu'Israël a autorisée à entrer à Gaza n'a pas dépassé, selon les rapports, plus de 50 camions par jour en moyenne. Avant la guerre, Gaza recevait en moyenne 500 camions de marchandises par jour, toujours sous le blocus israélien.

 La famine est une «mort lente et très cruelle»

Mardi, le bureau des médias du gouvernement de Gaza a déclaré que 15 000 camions d'aide étaient bloqués du côté égyptien de la frontière et ne pouvaient pas entrer en raison de la fermeture du point de passage par Israël.

L'entrée de l'aide a chuté à près de zéro après la fermeture par Israël des points de passage terrestres vers la bande de Gaza à Rafah, suite à l'invasion de la ville au début du mois de mai.

Plus de deux millions de Palestiniens vivent dans la bande de Gaza, dont la moitié a moins de 18 ans. Avant le 7 octobre, 80 % des familles dépendaient de l'aide humanitaire pour leurs besoins de base, y compris la nourriture, selon les Nations unies.

La résistance de Jénine impose son prix

Pendant ce temps, dans le nord de la Cisjordanie, des groupes armés de la résistance palestinienne à Jénine ont attaqué des véhicules militaires israéliens dans une « double embuscade » en utilisant des explosifs improvisés lors d'une invasion par l'armée du camp de réfugiés de Jénine, le jeudi 27 juin.

Cette opération sophistiquée a entraîné la mort d'un soldat israélien, la blessure de 16 autres et l'immobilisation d'un véhicule blindé de transport de troupes connu sous le nom de « Panther ».

Il y a un an, le même type de véhicule avait été immobilisé par un engin explosif improvisé [EEI] dans le camp de réfugiés de Jénine lors d'un raid en juin 2023.

L'armée israélienne avait alors été contrainte de demander des renforts et d'appeler un hélicoptère d'attaque Apache pour couvrir les équipes de secours chargées de récupérer le véhicule immobilisé.

Au cours du raid de jeudi, l'armée israélienne a déclaré que les EEI avaient été enterrés à plus de 1,5 mètre de profondeur sous une voie de sortie de l'armée, ce qui a empêché la détection des explosifs par les bulldozers israéliens D9 qui ont effectué des opérations de « balayage » de la zone avant l'invasion.

La détonation du premier EEI a provoqué l'immobilisation d'un véhicule, ce qui a conduit à l'appel d'une équipe de secours qui a également été visée par un second explosif.

Dans un entretien exclusif avec  Shatha Hanaysha, collaboratrice de Mondoweiss, un combattant de la Brigade de Jénine a déclaré que l'explosion n'était qu'une petite partie de ce que la résistance avait préparé pour les envahisseurs israéliens.

« Jénine sera le cimetière des Panthers », a-t-il  déclaré à Mondoweiss, faisant référence aux précédents incidents au cours desquels des véhicules militaires israéliens ont été pris pour cible.

Auteur :  Qassam Muaddi

* Qassam Muaddi est un journaliste palestinien basé à Ramallah. Il couvre l'actualité palestinienne : événements politiques, mouvements sociaux, questions culturelles... Il écrit pour les quotidiens libanais Assafir et Al Akhbar, le site  Middle East Eye et  The New Arab, ainsi que pour les journaux électroniques palestiniens  Metras et  Quds News Network.Son  compte twitter.

27 juin 2024 -  Mondoweiss - Traduction :  Chronique de Palestine

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