07/07/2024 mondialisation.ca  21min #252080

Les déjections journalistiques de Jean-Pierre Sereni

Par  Ahmed Bensaada

Chaque élection présidentielle algérienne offre à des journaleux saltimbanques, des analystes troubadours et autres professeurs Nimbus, un grand chapiteau de fête foraine avec femme à barbe, cracheur de feu et homme-canon.

Dans ce registre, on se rappelle de l'« éminent » professeur américain Robert Zaretsky qui, à peine deux semaines avant les présidentielles algériennes de 2019, en plein Hirak, avait proféré la plus grande idiotie jamais énoncée dans le domaine politique : « L'échec de l'élection [présidentielle algérienne] sera un succès démocratique »(1). Et ce, dans la célèbre revue « Foreign Affairs » ! C'est dire à quel point le niveau intellectuel de la bienpensance occidentale rase les pâquerettes. Même quand l'article relève du mercenariat journalistique, ne peut-on pas faire un petit effort pour ne pas être la risée de la confrérie des analystes stipendiés ? N'est-ce pas Bob ?

On pensait avoir atteint le fond du gouffre avec « Bob le démocrate de pacotille », mais non, pas du tout. Un quinquennat plus tard, un autre membre de cette confrérie, un certain Jean-Pierre Sereni, a pris la relève pour essayer de remporter, à la fois, le Nobel du « navet journalistique », le Guinness des « Fake News » et le Goncourt de l'insulte gratuite, mesquine et abjecte. Tout ce salmigondis nauséabond de déjections journalistiques a été malaxé dans un article au titre provocateur : « Élection présidentielle en Algérie. En avant toute vers la stagnation »(2).

Pourtant, Jean-Pierre Sereni ne se prive pas de plastronner avec son CV clinquant qu'il accroche pompeusement sur sa poitrine comme une médaille en toc. En effet, qualifié de « spécialiste du Maghreb », il se présente comme « ancien directeur du Nouvel Économiste et ex-rédacteur en chef de l'Express », rien que ça. Cela montre en fait le niveau de décrépitude avancée atteint par le journalisme français.

Les attaques ad personam

La première remarque qui vient à l'esprit lorsqu'on parcourt l' « article » de Sereni, c'est l'énorme quantité de qualificatifs grossiers, offensants et insolents qu'il a utilisés pour insulter le Président algérien : pas un seul mot respectueux ou neutre. Cette profusion d'épithètes désobligeants envers le premier magistrat du pays dénote aussi bien d'un manque de professionnalisme crasse que d'une haine viscérale contre l'Algérie et ses institutions. Qu'on se le dise : les attaques ad personam ne sont que l'apanage de gens dont l'analyse est faible et dénuée d'argumentation solide, de méprisables personnes qui confondent le journalisme et les vulgaires ragots. Surtout lorsqu'ils sont proférés par un soi-disant « directeur » de je ne sais quelle feuille de chou hexagonale qui est censé connaitre la déontologie du métier !

Mais à y regarder de plus près, on trouve une certaine similitude entre le langage ordurier de Sereni et celui de certains minables « opposants offshore » dont la mission réelle est de « printaniser » l'Algérie. Chaines TV aux couleurs de la décennie noire, youtubeurs experts en parlote et autre faune indescriptible squattant les médias sociaux. Installés en Europe, ils sont passés maitres dans l'utilisation des noms d'oiseaux quand il s'agit de décrire l'Algérie et ses institutions. De vrais « ornithologues » de la médisance, de la médiocrité et de l'imposture protégés et utilisés par certains gouvernements sous le fallacieux prétexte de la « liberté d'expression ». En effet, ces mêmes pays nous ont récemment montré à quel point ils étaient sensibles à ce principe en poursuivant manu militari toute personne qui daigne afficher publiquement un quelconque soutien à la Palestine ou s'opposer au génocide barbare perpétré par l'État hébreu contre les populations civiles palestiniennes.

Sereni aurait-il quelque chose à dire à ce sujet ou alors la France n'est pas dans son champ de compétence ?

Et ces similitudes sont-elles le fruit du hasard ou celles d'une connivence entre Sereni et les « opposants offshore » dont certains revendiquent leur appartenance à des groupes classés « terroristes » par le gouvernement algérien ?

Fact Checking

L' « article » de Sereni est tellement truffé de faussetés, d'informations tendancieuses et de mensonges par omission qu'ils serait fastidieux d'y répondre de manière exhaustive. Nous allons cependant nous intéresser à quelques-uns d'entre eux pour illustrer notre propos.

  • « […] de milliers de logements sociaux aussi laids que décatis […] »

Sereni admet que des logements sociaux ont été construits en Algérie, mais il en diminue l'importance en ajoutant sciemment des épithètes dévalorisantes. S'il possédait un zeste d'honnêteté, il aurait fait l'éloge des différents programmes pharaoniques de construction de logements accessibles à tout algérien. Il ne s'agit pas de l'édification de milliers, mais de centaines de milliers de logements dans toutes les villes algériennes qui ont permis l'éradication de milliers de bidonvilles « aussi laids que décatis » qui défiguraient les villes. Pas plus tard que le cinq juillet dernier, anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, plus de de 250 000 logements ont été distribués aux citoyens algériens (3).

Sereni doit certainement savoir que dans des pays aussi riches que ceux du G7, comme en France ou au Canada, une sévère crise du logement bat son plein.

Selon le Monde, en France (le propre pays de Sereni) « 2,6 millions de personnes étaient sur liste d'attente pour obtenir un logement social en 2023, un record »(4).

Au Canada, « pour rétablir l'abordabilité d'ici 2030, le pays a besoin de 3,5 millions de logements de plus que le nombre de logements qui seraient construits au rythme actuel […] »(5).

Selon l'ONU, 1,6 milliard de personnes vivent dans des logements précaires ou inadéquats à travers le monde, chiffre appelé à doubler d'ici 2050(6).

Il est intéressant de noter que cette stupide critique concernant la construction de logements sociaux a aussi été reprise par certains « opposants offshore »(7). Comme quoi, la convergence de mission entre Sereni et ces individus se précise de plus en plus.

Très peu de pays à travers le monde ont les moyens et, surtout, la volonté politique d'investir de manière aussi colossale afin de permettre à leurs citoyens d'accéder à une propriété décente. Mais ça, Sereni ne le reconnaitra jamais : il est toujours nostalgique du temps « béni de la colonisation » pendant lequel les colons habitaient dans les beaux quartiers alors que les « indigènes » étaient parqués dans des taudis insalubres, des gourbis en torchis et autres sordides baraquements.

Ah, la mission civilisatrice de la colonisation française si chère à Sereni !

  • « Sauf pour les carburants et l'électricité bradés par l'État […] »

Là encore, Sereni n'est pas content. Au lieu de se réjouir de voir l'État algérien offrir les carburants et l'électricité à des prix abordables à tout citoyen algérien, il trouve le moyen de dénigrer cette politique sociale qui est en contradiction avec sa vision capitaliste ultralibérale et sauvage. Vision qui a mené la France dans la situation désastreuse dans laquelle elle se trouve actuellement. Il aurait certainement préféré que le carburant soit payé au prix exorbitant de son pays et que l'électricité soit rationnée comme c'est le cas dans de nombreux pays. Rappelons qu'en France, la cherté de l'électricité a contraint une proportion inquiétante de ménages à diminuer leur qualité de vie et à vivoter dans le froid pour ne pas voir leurs factures exploser(8). Pas plus tard qu'en avril dernier, le journal Les Échos reconnaissait l'état de précarité énergétique de la population française en titrant : « Les Français ont de plus en plus de mal à payer leur facture de gaz et d'électricité »(9).

  • « Trois millions de chômeurs touchent 70% du SMIC à ne rien faire, ce qui encourage l'inactivité de masse […] »

Le journaleux Sereni continue à nous bassiner les oreilles avec des inepties indignes de quelqu'un dont le CV mentionne qu'il a été un jour « directeur du Nouvel Économiste » (sic !). On aura tout vu, tout lu et tout entendu ! Le gouvernement algérien offre une allocation chômage au profit de trois millions de jeunes demandeurs d'emploi pour leur assurer un revenu de subsistance, et notre économiste du dimanche n'est pas content sous le prétexte farfelu d'encourager l'inactivité !

Primo, il faut savoir que très peu de pays africains octroient des allocations de ce type à leurs ressortissants et, selon le « Rapport mondial sur la protection sociale 2020-2022 » publié par l'Organisation Internationale du Travail (OIT) : « moins d'un cinquième des chômeurs dans le monde reçoivent effectivement des allocations de chômage »(10).

Secundo, si cette subvention encourageait l'inactivité, peut-il nous expliquer pourquoi elle existe depuis des décennies dans son pays et dans tous les pays occidentaux ?

Ne vous en déplaise M. Sereni, l'État algérien continuera à construire des appartements pour ses concitoyens, à leur fournir l'électricité, le gaz et le carburant à des prix modiques et à offrir des allocations à ses chômeurs.

Occupez-vous plutôt de la rogne des « gilets jaunes », de la colère contre la réforme des retraites en France, de la violence policière, de la paupérisation galopante de la population française et des coups de boutoirs de l'extrême-droite fasciste contre les institutions de la « république » au lieu de cracher vos âneries contre l'Algérie qui fête ses 62 ans d'indépendance. J'ai bien dit « I-N-D-É-P-E-N-D-A-N-C-E », M. Sereni ou faut-il vous le seriner ?

  • « Un journaliste courageux, Ihsan El Kadi, y a consacré un article informé sur son site, Radio M. Il a récolté cinq ans de prison ! »

Ah ! Le courage des barbouzes ! On l'a déjà entendue celle-là ! Sereni continue à utiliser les fake-news même si cette affaire a été longuement discutée. Il utilise le langage de ces ONG payées rubis sur l'ongle pour leur travail de subversion en Algérie. Le langage de ces « opposants offshore » dont il a été question auparavant et dont il doit s'inspirer ou avec qui il doit se concerter.

Tout d'abord, il faut dire que Radio M n'était pas un espace de liberté d'expression. Bien au contraire, ce media suivait un agenda bien précis qui préconisait la phase de transition, de concert avec certaines organisations classées « terroristes », et toute autre voix était ignorée. Cette option a été concoctée en vue de la « printanisation » de l'Algérie comme ce fut le cas en Libye, en Syrie et ailleurs dans le monde arabe.

Mais le plus important, c'est que Radio M a été financée par le Quai d'Orsay, le Ministère des affaires étrangères de France et de Navarre, le pays de Sereni. Les détails de cette affaire ont été consignés dans quelques-uns de mes articles(11). Je recommande vivement à M. Sereni de les lire pour ne pas passer plus corniaud qu'il ne l'est déjà.

  • […] un malheureux poulet se vend 2 000 dinars (DA) à Alger […]. « A Sétif, les bananes, le fruit préféré des Algériens, se vendent aux prix de Paris » rapporte un jeune parti au bled pour les vacances.

Je ne sais pas de quel poulet parle M. Sereni mais, à ma connaissance, les poulets géants n'existent pas en Algérie, ni ceux atteints d'éléphantiasis. Serait-ce par hasard le prix d'une « malheureuse » autruche ? En effet, j'ai demandé à deux amis, un à Paris et l'autre à Alger, de me photographier le prix moyen des poulets entiers dans ces deux villes le même jour, c'est-à-dire le 28 juin 2024. Voici les photos :

Prix du poulet à Paris (28 juin 2024)

(5) ,25 le Kg

Prix du poulet à Alger (28 juin 2024)

(34) 9 DA le Kg

Ainsi, on constate que le prix du kilogramme de poulet à Paris est, « au taux de change parallèle » comme le souligne si bien Sereni, 3,6 fois plus cher qu'à Alger. C'est-à-dire qu'à poids égal, pour le prix d'un poulet à Paris on peut en avoir presque quatre à Alger !

Quant aux bananes, plusieurs remarques peuvent être émises. Tout d'abord, la France et l'Algérie n'étant pas des producteurs de bananes, il n'y a aucune raison pour que les prix soient différents dans les deux pays. Mais même dans ce cas, on constate que les bananes sont plus chères à Paris comparativement à Alger.

Prix des bananes à Paris (28 juin 2024)

(1) ,99 le Kg

Prix des bananes à Alger (28 juin 2024)

(32) 0 DA le Kg

Toujours « au taux de change parallèle », les bananes sont en effet 1,5 fois plus chères à Paris comparativement à Alger.

Mais en fait, ce n'est pas ça qui attire réellement l'attention. Ce sont plutôt les deux expressions « fruit préféré des Algériens » et « rapporte un jeune parti au bled pour les vacances ».

Qui a dit que la banane est le fruit préféré des Algériens ? Y a-t-il eu un sondage qu'on ignore sur la question ? Ce qui est remarquable, c'est la ressemblance avec une raillerie souvent répétée à travers les médias sociaux marocains dans le but de manquer de respect aux Algériens. Qui a pu donner cette information à Sereni ? Serait-il aussi de connivence avec des youtubeurs marocains ou leurs patrons ?

Quant à l'identité de l'informateur spécialisé dans le prix des bananes, on reste quand même étonné sur les sources du journaleux français. Un blédard en vacances en Algérie ! Ça donne une idée sur le sérieux du travail de M. l'ancien rédacteur en chef ! Cette personne a juste oublié de l'informer du casse-tête des douanes algériennes qui doivent composer avec des « émigrés partis au bled » et qui retournent en France avec d'énormes provisions de nourriture, victuailles et autres produits de consommation car beaucoup moins chers en Algérie.

Si ça ne devenait pas lassant, nous aurions pu continuer longtemps dans cette veine tant le nombre de bêtises au cm(2) dans l'article de Sereni est astronomique ! Mais intéressons-nous à un autre aspect de la prose pondue par Sereni.

Pour qui roule Jean-Pierre Sereni?

Autant d'animosité envers un Président de la République, autant de haine déversée à l'égard d'un pays, autant de fake news utilisées pour nuire à la stabilité d'une nation en période pré-électorale ne peut être le fruit du hasard, surtout de la part d'un citoyen étranger.

À titre de comparaison, rappelons qu'un simple tweet pro-RN (Rassemblement National) du ministère russe des Affaires étrangères entre les deux tours des législatives françaises a été considéré comme une « provocation » et une « ingérence »(12). Comment peut-on alors qualifier cet article grossier et répugnant ?

M. Sereni est très certainement en mission commandée et ce, depuis belle lurette comme nous allons le montrer dans ce qui suit. Certes, il est difficile de prouver ces allégations sans avoir accès à ses fiches de paie ou à son compte en banque, mais nous allons essayer d'y voir plus clair en analysant les écrits de ce « journaliste » publiés durant la dernière décennie sur Orient XXI.

Sereni, qui se présente comme un « spécialiste du Maghreb », devrait normalement s'intéresser à tous les pays de cette région de manière égale. Mais ce n'est pas du tout le cas. Voici deux graphiques représentant respectivement le nombre et la proportion d'articles écrits par Sereni sur Orient XXI en fonction des différents pays du Maghreb.

Nombre d'articles écrits par Jean-Pierre Sereni en fonction des pays du Maghreb

(Orient XXI – de mai 2013 à juin 2024)

Pourcentage des articles écrits par Jean-Pierre Sereni en fonction des pays du Maghreb

(Orient XXI, de mai 2013 à juin 2024)

Remarque : Dans les deux graphiques, il s'agit des articles spécifiquement écrit sur chacun des pays.

On constate donc que l'Algérie est traitée de manière disproportionnée par Sereni, comparativement avec les autres pays du Maghreb. À titre de comparaison, alors que 73 articles sont consacrés à l'Algérie, seuls cinq (5 !) traitent du Maroc en 11 ans d'exercice ! Ce journaleux n'est donc pas un spécialiste du Maghreb, mais un expert attitré de l'Algeria-bashing. Pour avoir une idée de l'hostilité de Sereni envers l'Algérie, voici les titres de quelques-uns de ses articles :

Et les dizaines d'autres articles sont du même acabit. À lire les qualificatifs utilisés par Sereni pour décrire l'Algérie, rien de ce qui se passe dans ce pays n'est intéressant, tout y est mauvais. Selon ses prédictions d'oiseau de mauvaise augure, l'Algérie aurait dû péricliter il y a longtemps. Mais, malheureusement pour lui, l'Algérie est toujours debout, contre vents et marées, malgré les multiples tentatives de déstabilisation. La teneur nauséabonde de son article discuté ici est un signe clair de son désarroi.

Déjà, en février 2012, il était impatient de voir l'Algérie emportée par le « printemps »(13). Pendant le Hirak, il a été déçu de voir le peuple algérien choisir la voie constitutionnelle au lieu de celle de Radio M et de ses acolytes.

Par contre, Sereni semble être en bons termes avec le Maroc. Seulement cinq articles, avec des titres bienveillants. Exemples :

Comme par hasard, Sereni n'a pas vu passer les exactions des autorités marocaines contre les militants sahraouis, les tribulations honteuses du monarque chérifien, le Hirak du Rif, le scandale de l'affaire Pegasus, la corruption massive des eurodéputés par le royaume mise en évidence lors du Marocgate, l'expansion inquiétante du narcotrafic, etc.

Non, rien, niet, nada. Ni vu, ni connu. Motus et bouche cousue.

Cette volubilité malsaine contre l'Algérie et ce mutisme complice envers le Maroc nous rappelle le comportement du Parlement européen : très sévère contre l'Algérie et muet contre le Maroc pendant les 25 années qui ont précédé le Marocgate. Et une question se pose tout naturellement : Sereni serait-il, comme certains députés européens, un client aux frais payés de la Mamounia et des chaudes nuits de Marrakech ? Aurait-il été, lui-aussi, recruté par le Makhzen pour nuire à l'Algérie ?

Cela apparait encore plus nettement dans une tribune co-écrite par Sereni dans le journal le Monde où il déclare :

« C'est en effet Paris qui a fixé les frontières actuelles algéro-marocaines en élargissant le territoire algérien »(14).

Cette tirade pro-marocaine n'est pas sans nous rappeler celles de Bernard Lugan, un autre sulfureux employé du royaume marocain, militant d'extrême-droite et grand « haïsseur » de l'Algérie devant l'éternel. Pour bien cerner le personnage, notons que Lugan a été sympathisant de l'Action française, membre du Front National et conseiller d'Éric Zemmour lors de l'élection présidentielle de 2022(15).

Petite cerise sur le gâteau : en plein génocide palestinien exécuté sauvagement par l'entité sioniste, Sereni se permet d'écrire : « Israël. Une économie résiliente malgré la guerre »(16). On peut y lire, entre autres énormités, « En réalité, Israël peut autofinancer la guerre avec ses propres ressources et l'aide américaine »(17). Il voulait juste dire que l'état hébreu peut exterminer les Palestiniens avec ses propres moyens et un « petit » coup de pouce de l'Oncle Sam. Sereni était inquiet : le voilà rassuré.

Un petit mot sur la tragédie palestinienne?

Non, rien, niet, nada. Ni vu, ni connu. Motus et bouche cousue.

D'ailleurs, l'axe Rabat-Tel-Aviv semble subjuguer Sereni. Il n'hésite pas à l'utiliser comme menace contre l'Algérie :

« Alger n'a pas d'allié alors que Mohamed VI dispose de l'appui d'Israël, de ses armements sophistiqués et de conseillers militaires » (18).

Sérieux ? Parle-t-il vraiment de cette armée et de ses conseillers emportés par le « déluge d'Al Aqsa » ?

Conclusion

Cette étude mène aux conclusions suivantes :

  • Durant les 11 dernières années, c'est-à-dire depuis la création du webzine Orient XXI, Jean-Pierre Sereni a nettement plus écrit sur l'Algérie que sur tous les autres pays du Maghreb réunis. Pourtant, il se prétend « spécialiste » du Maghreb tout entier.

  • Les articles de cet individu sont toujours à charge contre l'Algérie : il n'a jamais écrit quelque chose de positif ou même de neutre sur ce pays.

  • Sereni est très (très) peu loquace sur le Maroc et lorsqu'il s'y intéresse, les mots utilisé sont très aimables.

  • Ce journaleux s'abstient d'écrire sur tous les scandales à répétition qui ont secoué le régime makhzénien durant toute cette période. Par contre, même des mesures socio-économiques positives prises par le gouvernement algérien en faveur de sa population sont transformées par cet analyste du dimanche en catastrophe économique.

  • La foultitude d'insultes proférées par cet énergumène contre le Président de la république algérienne est indigne pour toute personne qui les prononce, surtout celle se disant liée au journalisme, ce qui donne une piètre idée de cette profession en France.

  • Les éléments de langage utilisés par Sereni dans cet article en particulier (et dans ses autres en général) montrent une similitude avec ceux des « opposants offshore » algériens, des groupes classés « terroristes » par l'Algérie, des cyberactivistes marocains anti-algériens et certains « intellectuels » stipendiés par le Makhzen.

  • À propos de l'état hébreu, Sereni plébiscite sa normalisation avec le Maroc et utilise l'axe rabat-Tel-Aviv comme menace à peine voilée contre l'Algérie.

  • Finalement, tous ces faisceaux d'information convergent vers un seul point : Jean-Pierre Sereni est très certainement financé par le Maroc. Aucun journaliste digne de ce nom ne se comporterait aussi servilement.

Ma dernière remarque s'adresse à M. Alain Gresh, fondateur et directeur du site Orient XXI : « qu'attendez-vous pour mettre cet hurluberlu à la porte? »

Ahmed Bensaada

Références

(1) Ahmed Bensaada, « Algérie : Empêcher de voter, est-ce un acte démocratique ? », AhmedBensaada.com, 10 décembre 2019,  ahmedbensaada.com

(2) Jean-Pierre Sereni, « Élection présidentielle en Algérie. En avant toute vers la stagnation », Orient XXI, juin 2024,  orientxxi.info

(3)  Zitouni Mustapha, « Opération nationale de distribution de plus de 250 000 logements », Jeunesse d'Algérie, 3 juillet 2024,  jeunessedalgerie.dz

(4) Claire Ané, « Le logement social en crise : pourquoi manque-t-on de HLM ? », Le Monde, 2 avril 2024,  podcasts.lemonde.fr

(5) Rania Massoud, « La crise du logement, un problème qui dépasse les frontières du Canada », Radio-Canada, 24 août 2023,  ici.radio-canada.ca

(6) Ibid.

(7) Al Magharibia TV, Youtube, 4 juillet 2024, في الذكرى الـ 62 للاستقلال.. تبون يُحيي تقاليد عهد "العصابة"..!؟

(8) Marine Richard, « Plus d'un quart des Français souffrent du froid dans leur logement », Le Figaro, 15 novembre 2023,  immobilier.lefigaro.fr

(9) Les Échos, « Les Français ont de plus en plus de mal à payer leur facture de gaz et d'électricité », 2 avril 2024,  lesechos.fr

(10) OIT, « World Social Protection report 2020-2022 », 2022,  ilo.org

(11) Lire, par exemple, Ahmed Bensaada, « Hirak : la barbouzerie de Radio M », ahmedbensaada.com, 5 avril 2021,  ahmedbensaada.com

(12) Par John Timsit, « Soutien de la Russie au RN : Marine Le Pen dénonce une ″provocation″ et une ″ingérence″ en pleines législatives », Le Figaro, 3 juillet 2024,  lefigaro.fr

(13) Jean-Pierre Sereni, « Un printemps qui se fait attendre », Le Monde diplomatique, Février-mars 2012,  monde-diplomatique.fr

(14) Collectif d'universitaires, à l'initiative de Khadija Mohsen-Finan et Jean-Pierre Sereni, « Sahara occidental : ″Le règlement du conflit doit désormais être pensé dans le cadre d'une conférence internationale″ », Le Monde, 16 février 2023,  lemonde.fr

(15) Charlotte Lalanne, « Au Rassemblement national, les étranges alliés de Mohamed VI», L'Express, 5 juillet 2024,  lexpress.fr

(16) Jean-Pierre Sereni, « Israël. Une économie résiliente malgré la guerre », Orient XXI, 12 décembre 2023,  orientxxi.info

(17) Ibid.

(18) Jean-Pierre Sereni, « Élection présidentielle en Algérie. En avant toute vers la stagnation », Op. Cit.

La source originale de cet article est  ahmedbensaada.com

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