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Par Davy Hoyau
Quand on nous raconte une ère de terreur vue de l'extérieur, on en retient des images sombres d'un monde qui vit sous un ciel obscurci, avec des cendres qui volent dans l'air, des monceaux de poussière sur le sol soufflés par le vent qui attaque les poumons des habitants qui courent, avec les cheveux hirsutes et les yeux révulsés, en criant, hurlant, beuglant, sans vraiment savoir où aller.
C'est pratique pour le cinéma. Cela réveille en nous un instinct primaire, une crainte sourde, de ce que pourrait devenir le monde. On ne sait pas trop comment lutter contre cela, comment l'empêcher ? On regarde ces pauvres fous, sortis de notre imaginaire, comme les semi-complices de leur folie. Ils n'ont aucune liberté, on les menace, on les intimide, un pouvoir tyrannique les domine par la force et ils s'y soumettent bêtement parce qu'ils sont intimidés par ce pouvoir.
On se dit qu'ils sont bêtes ; que si on était à leur place on agirait, peut-être de manière héroïque à leurs yeux, mais de façon parfaitement naturelle pour nous, en refusant la bêtise, l'illogique, l'absurde, et en le dénonçant paisiblement. Ce serait terrain le parfait pour briller en société, monter sur un cageot et dire au peuple : "Ne vous laissez pas faire, vous valez mieux que cela !".
"Ensemble nous pourront remonter la pente".
"Ils suffit de nous organiser rationnellement".
"Chacun doit faire sa tâche là où il est ; commencez par déblayer les rues, et le ciel s'éclaircira de lui-même !".
"Un monde meilleur nous attend, si on s'y met tous ensemble".
"Ne vous laissez pas intimider par ces prétentieux, ils ne valent pas mieux que vous !".
Mais est-ce que cela marcherait ?
Est-ce aussi facile ?
Quand on est dans la machine, les choses ne sont pas si simples.
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Dans Logiciel Mental, ouvrage à paraître, nous examinons les tréfonds de la psyché humaine avec les mêmes outils que dans l'ouvrage précédent, Logiciel Social, paru en 2017, où il s'agissait de déterminer une infrastructure systémique fondée sur la technique pure, dans le but d'obtenir des fonctionnements efficaces.
Il s'agit toujours d'une idéalisation de la réalité, mais en établissant des ponts logiques qui permettent de passer de l'utopie au concret. Mais en réalité les blocages sont nombreux, et c'est pour cela qu'il a fallu examiner la psyché humaine.
Quand on imagine un monde en ruine, sombre, désespérant, on ne peut pas comprendre vraiment ce que ressentent ces gens qui y vivent. Et inversement, quand depuis ce monde chaotique et absurde à tous les niveaux, jonché de routines et de façons de faire parfaitement inadéquates, qui ne font qu'accentuer le chaos, on s'imagine un monde meilleur, on a l'impression de vouloir que le monde ressemble à ce à quoi on croyait que le monde ressemblait.
No repères sont flous et nos objectifs nobles, sont empêtrés.
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Avoir le contrôle de notre destinée collective, comprendre les mécanismes à l'œuvre et pouvoir juguler les leviers qui font changer les choses, ne relève ni de la technique seule ni de la psychologie seule, mais de la manière de les combiner, afin de leur conférer à la fois une image désirable et à la fois une efficacité mesurable.
Car s'il est certain que le monde utopique que nous avons décrit dans le premier ouvrage, Logiciel Social, ne suscite aucune envie, ne fait pas rêver, semble lointain et inconsistant, il est pourtant parfaitement logique et rationnel, efficace, et permettrait de mettre fin à toutes les guerres, la famine, et la stupidité humaine.
Mais le monde dans lequel nous vivons actuellement est l'inverse. Seule l'image de marque compte, et peu importe l'efficacité, la teneur morale, et la mesure des effets. Ce qui compte est l'impression d'être dans le bon camp, qui change tous les printemps.
Même les pires défauts, les plus évidentes horreurs et les plus absurdes croyances, sont niées pourvu que l'image de marque apporte un souffle d'air frais et un semblant d'énergie mentale pour avoir l'impression que les choses avancent, d'elles-mêmes, encouragées par nos simples applaudissements.
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S'il y a une chose dont nous sommes désormais certains, c'est le manque de discernement. Dans Logiciel social nous avons opéré une "séparation de l'église et de l'état" qui correspond à la définition de la valeur, et en fait des nombreuses sortes de valeurs. À partir de là, toute la mécanique, l'infrastructure systémique, coule de source, et ne procède que d'une simple déduction pour obtenir une utilisation rationnelle des ressources afin de répondre aux besoins de chacun, sans condition, puisque c'est cela le but du système.
Dans Logiciel Mental, le discernement élémentaire qui a échappé jusqu'ici à la conscience, à la connaissance, est ce qui sépare la réalité de la mentalisation de la réalité. On ne peut pas, on n'a pas le droit, et il n'est pas logique de croire que la mentalisation de la réalité puisse avoir le moindre effet sur la réalité. Il faut d'abord savoir comment marche le cerveau, comment marche la vision, et comment fonctionne la psychologie humaine, de nature biologique et animale.
Parfois, souvent, tout le temps même, les gens sont abattus, déprimés, au bord du gouffre, même s'ils n'en ont pas l'air et clament des boutades violentes pour se moquer de leurs adversaires. Et s'il faut leur remonter le moral, la simple et salvatrice compassion tombe dans le piège qui consiste à dire "Mais non, tu n'es pas un débile mental, ce que tu fais sert à quelque chose, tu apportes ta pierre à l'édifice !" alors que ce n'est qu'un grossier mensonge, car en fait la personne est parfaitement stérile et complètement aliénée, et la rassurer ne fait que l'enfoncer davantage dans l'illusion qui est la cause de sa souffrance intériorisée.
C'est à cela que ressemble un monde dévasté, en ruine, avec des cendres fumantes et des habitants hagards qui errent dans les rues avec les cheveux hirsutes et les yeux exorbités.
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On leur prodigue une énergie mentale qui leur permet de continuer à fonctionner de façon à peu près minimale, qui sera mal utilisée et ne fera qu'aggraver leur psychisme, c'est à dire la façon dont ils utilisent leur énergie mentale.
Ils ne peuvent même plus la générer par eux-mêmes, cette énergie mentales, ils sont dépendants de sources externes pour pouvoir continuer à respirer mentalement. Ils aspirent les émotions des autres, d'une culture taillée sur mesure pour les induire encore plus en erreur, ou se mettent en stase devant des feuilletons télé pour arrêter de penser.
Pour s'accrocher à la vie, par reflex animal, il ne leur reste plus qu'à brimer toute émotion, toute compassion et toute empathie, pour ne pas perdre le peu d'énergie mentale qu'ils arrivent encore à piller chez les autres en les rabaissant, et pour garder un semblant de clarté d'esprit. C'est sûr que les idées sont plus claires quand la pensée est plus simple ; et qu'il ne reste plus qu'à tout détruire.
Comment remonter le niveau de conscience ? Comment observer qu'ils ont été conduits jusque là uniquement par leurs seules croyances ? Suffira-t-il de leur en implanter des nouvelles ?
Les crimes abominables jonchent les réseaux sociaux, les insultes à l'intégrité humaine sont institutionnalisées, et chacun se bat dans son quartier mental, dont il se rend propriétaire, où il chasse les intrus qui voudraient prendre leur place, afin de planter le drapeau de leur vision du monde qu'ils espèrent voir vaincre tout le reste, dominer, et devenir la seule vraie vérité autorisée.
Ils sont tous complètement fous, dans leurs cases microscopiques, à se prendre pour les prêcheurs d'une compréhension qui devrait être la seule qui vaille, pour que le monde corresponde enfin à leurs besoins, et qu'ils s'y sentent enfin en paix. Mais ça ne marchera pas, et par anticipation la Nature ne cesse de les en empêcher. Ils se battent même contre la nature pour imposer leurs idées, et ne voient toujours pas où est le problème.
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Comprendre la psychologie est un enjeu de société.
La nature est bien faite : la psychologie est interne et dissociée de la réalité. La réalité ne peut être abordée que par le cumul des psychologies, et des visions du monde.
Et il n'y a qu'en prenant soin de la psychologie de l'autre, de celui qu'on a en face de soi, que cela inspire une énergie nouvelle, qui procure une vision du monde renouvelée, de moins en moins démente et de plus en plus concrète et objective.
Et en même temps, il ne s'agit aucunement de vouloir opérer des changements dans les psychologies des autres. Personne n'est plus à-même de changer, de progresser, et de grandir, que soi-même, par sa volonté propre, et par son besoin intime de progresser, grâce à cette énergie nouvelle.
Et même là, il ne s'agit pas de s'adapter, se conformer, et entrer dans un moule, de se sentir submergé et dominé par le regard des autres, mais avant tout de se juger soi-même, dans l'intimité de son âme.
Tant de principes sont confus. On ne peut pas se conformer, on ne peut pas être intrusif, on doit progresser en conscience, mais pour cela les autres doivent le faire aussi. On est donc bloqués de partout, si personne ne veut se prendre en charge lui-même.
C'est pourquoi il faut, là aussi, tout reprendre depuis le début.
Ce n'est pas pour rien qu'à notre époque les enfants sont des rois, car leur pensée est pure, inspirante, ils ont un regard neuf et limpide sur ce monde, bien plus que n'importe quel adulte dont la psychologie s'est enfouie sous le tapis du déni de réalité.
Et leur énergie vitale qui veut être dévorée par les fébriles sénescents, est la dernière ressource qui n'a pas encore été pillée, dévastée, et ruinée, avec pour finalité de conduire le monde à sa perte. Mais à quel moment les gens commencent à réfléchir ?
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Ceci nous amène au sujet du jour, qu'on ne peut pas mettre dans un livre puisqu'il est temporel, l'élection "flamboyante" d'un président américain fier de ses hamburgers.
C'est lui qui a décrété que la capitale palestinienne deviendrait la capitale israélienne, et on lui a même promit une ville à son nom. C'est le grand ami des génocidaires, le fer-de-lance de la finance, l'exemple parfait de la réussite par soi-même, dit "le rêve américain" (par opposition à "la réussite" par les liens du sang, fussent-ils congénitaux).
Son clan n'a pas de valeur intéressante, il s'agit de chasser les étrangers et agir pour son intérêt financier immédiat à court-terme, exactement comme le clan d'en face, mais dont l'image, pour se justifier, consiste à homogénéiser, normaliser, aplanir les différences pour n'avoir besoin de haïr personne, et forcer une soumission qui doit se prétendre librement consentie pour être acceptable.
Seule l'image de marque les différencie, mais il faut dire que dans la précipitation, le clan d'en face est allé un peu vite en besogne, en conditionnant une génération d'esclaves sexuels, et en forçant un peu trop le trait sur la sexualisation des enfants. ç'en était trop.
Le monde s'est senti soulagé, il a l'impression d'avoir échappé au pire, et les résidus restants dans les pays sous influence, l'Europe surtout, ont du coup un train de retard. On peut noter que dès l'annonce du résultat du scrutin, deux petits pays anecdotiques et sans importance, situés au milieu de l'océan pacifique, ont subitement arrêté toute relation avec Israël, enfin soulagés de pouvoir le faire.
il ne faut pas s'y Trumper, les élections ne sont plus que le rejet du pire, et ce "pire" empire israélowoke, quand il n'est pas content, par son mépris et sa vanité, s'il ne peut plus punir, peut au moins se venger.
On a véritablement le profile d'un pervers-narcissique qui vient de se faire refouler, par un gros beauf facilement manipulable qui vient de gagner une bataille. La défaite est cuisante. Et le peuple rit beaucoup de cette situation. Sauf les esclaves sexuels qui eux évidemment, pleurent la défaite de leurs maîtres. Qui va les dominer à présent ?
Mais tout cela, ce n'est qu'une bataille de l'image. Une façon de décrire les choses.
La réalité, pendant ce temps, continue son humble chemin, vers l'auto-annihilation.
S'il y a un moyen de s'en sortir, il ne consistera qu'à être gentils les uns avec les autres. Et on saura qu'on s'en sera sortis, le jour où les élections seront festives et bienveillantes, que les perdants seront bon perdants, et les gagnants de bons gagnants.
