par Thierry Laurent Pellet
Cette très célèbre phrase de James Carville, conseiller économique de Bill Clinton est très souvent citée dans les médias et elle a tout son sens dans l'explication de la résolution du conflit, ce que 99% des experts et autres géopolitologues de tous bords oublient d'intégrer pour comprendre les dynamiques de pouvoir et de négociations...
Mais pourquoi est-ce si important aujourd'hui ? Question que m'a posée un ancien colonel de l'armée française hier soir en conversation privée... C'est simple : «Follow the money...». Plusieurs forces s'opposent de manière violente, antinomique et avec chacune des intérêts presque communs, un véritable saladier de spaghettis.
Trump, tel un éléphant dans un magazin de porcelaine a aplati les déviants «woko-globalistes» de l'État profond Américano-Européen, avec sa trompe massive, utilisant ses soldats en armure Boudo-judéo-chrétienne Vance, Gabbard, Musk, Patel... Il a compris que les BRICS ont un potentiel terrible à vaporiser l'Amérique plus durement qu'un missile Oreshnik et l'envoyer dans les abysses du tiers-monde. Quoi ? L'Amérique un futur pays du tiers monde ? Mais vous plaisantez... Et bien non ! L'économie US conditionne totalement la politique générale de Trump. Il suffit de regarder les chiffres du dashboard du gouvernement US. 1er chiffres, la dette totale, $36 000 Milliards, soit $323K par citoyen imposable, quand on sait que le revenu moyen aux USA est de $43K, cela représente donc 7.5 années de salaire par employé capable de payer des impôts. Maintenant le chiffre qui fâche, les intérêts de la dette annuelle : $20K par adulte, soit 1 2000 Milliards par an.
Ce qui n'intègre pas les dettes personnelles de chaque citoyen. Voyons ce qu'il en est ! Dettes étudiantes $38K pour chaque diplômé (moyenne, chez les étudiants en médecine, cela s'élève jusqu'à $1M), dettes sur carte de crédit $8.4K par possesseur, dettes hors crédit à la consommation ~$76K. La moyenne des Américains se noie dans un océan de dettes insoutenables. Si l'on considère le contexte inflationniste, le prix médian d'un bien immobilier aux USA a augmenté de 260% les 24 dernières années quand les salaires ont augmenté de 37%, l'accroissement du prix de base année 2000, hors coût de crédit représente 5 années pleines de salaire moyen avec des taux d'emprunt rédhibitoires. Aujourd'hui, l'accès à la propriété du neuf est quasi impossible, fini le rêve américain, le CPI s'est envolé...
Certains diront que le pays est très riche de par sa production industrielle et technologique, une illusion en trompe-l'œil car 1% du top de la population possède 11 fois plus que les 50% de la population bottom, soit $66 000 milliards. Cette disparité est extrêmement dangereuse d'un point de vue social, ça été l'arme électorale de Trump mais cela peut devenir aussi un problème s'il déçoit. On note que le nouveau département D.O.G.E est représenté sur le dashboard, en compétition avec le budget fédéral, le rapport montre que Musk est arrivé à économiser 1.8% du budget fédéral en un peu plus d'un mois. Le secrétaire à la défense Hegseth a d'ailleurs demandé au Pentagone de réduire sa dépense tous postes confondus de 8%, sur budget qui en 2024 s'élevait à $824 Milliards, soit une économie de $64 Milliards. Ce qui, additionné au score du D.O.G.E en termes d'économie potentielle fin février, représente ⅕ des intérêts de la dette annuelle. Donald a sorti la machette et mis un cadenas sur les folies dépensières de la pin-up «high maintenance» démocrate.
Pourquoi Trump n'a pas le choix ? Il sait très bien qui sont les producteurs de matières premières et sources d'énergie : Les BRICS. Il a compris ce qui s'est passé à Kazan avec l'annonce de la mise en place de la plateforme de trading de commodités avec laquelle ils vont trader hors dollars hors SWIFT. Ils commenceront avec le marché du blé, que les BRICS contrôlent à 54% (soit $52 milliards), les diamants ($200 milliards), que se passerait -il s'ils se mettent à trader toutes commodités ? Adieu NIMEX, COMEX à New York. La Chine ayant eu l'autorisation de s'asseoir à la table a commencé le siphonage de ces marchés en achetant pour revendre sur le leur à Shangaï, dixit Richard Wolff et Peter Schiff. Ils émettent aussi des bonds en dollar pour aider le remboursement des pays de la Belt & Roads Initiative en mode anticipé pour éviter les intérêts de la dette contractée au FMI (en fait à la Fed US). La chine se fait rembourser en matières premières (dont la valeur économique n'est même pas à prouver), véritable machine à laver pour nettoyage total de papier toilette vert renvoyé immédiatement à oncle Sam après impression. C'est simplement brillant !
L'Euro a pris 14% de part de marché des devises au détriment du dollar, le plan du Rand corp était de détruire la zone Euro par les sanctions appliquées à la Russie, et les députés à Bruxelles ont tous plongé dans le piège malgré les différents warnings envoyés par notre groupe. Il faut dire que lorsqu'on voit le niveau des élus aujourd'hui, on peut s'inquiéter. Ils sont nuls ! Par contre l'effet boomerang BRICS n'était pas prévu au programme, le judoka Vladimir leur assène un Uchi Mata ippon Seoi Nage : le premier qui bouge se fait casser le bras au sol par Xi avec une clef Wushu. Les «bombe-torse» du bas et du marais n'ont qu'à bien se tenir.
La dette US est le talon d'Achille de Trump, il a 3 mois pour réduire ce déficit abyssal, il sait qu'il peut être tenu responsable d'une crise économique sans précédent, avec le Covid cela commencerait à faire beaucoup ! Ses ennemis le savent et malgré les apparences de soumission des 2 psychopathes envoyés à Washington lundi, il se tient sur ses gardes et essaye d'aller le plus vite possible dans la résolution du conflit alors qu'il n'a aucun levier de négociations. Son plan de «pousser des troupes armées européennes» entre les deux belligérants est une fin de non-recevoir depuis le début (confirmé par Lavrov à Ryad), il persiste et signe dans cette déclaration totalement dépourvue de sens puisque c'est une des raisons sous-jacentes du conflit. Est-ce une forme de piège tendu aux dindons européens pour les accuser ensuite de ne pas être capable de mettre en place ce plan ? Cela y ressemble beaucoup mais... Sans oublier le fait que si le repas de la thanksgiving (les dindons) insiste à adopter cette posture, alors oui, nous aurons droit au troisième volet de la saga «World War» et le producteur ne sera ni Spielberg ni Oliver Stone. «Vladimir, fais chauffer les moteurs d'Oreshnik, on a besoin de piscine olympic'XXL».
Trump doit réduire la dette et donc les taux d'intérêts, l'inflation qui demanderait à augmenter les taux ce qui me semble une formule un peu trop bateau à la façon de cette pauvre Christine Lagarde, lorsque celle-ci peut avoir différentes sources non liées à la surconsommation (Coût de l'énergie lié au manque d'approvisionnement, donc coût des matières premières à transformer et à transporter...). Mais pour supporter la dette, il faut qu'elle soit attractive donc avec des taux élevés dans un contexte BRICS abandonnant le dollar la demande baisse... Il doit aussi lutter contre la banque fédérale, ou il n'a pas que des amis, Jerome Powell refuse de baisser les taux ! Fort heureusement les Européens ont mis leurs œufs dans le même panier et sont les plus gros propriétaires de dettes US (7 600 milliards en 2023). Vous avez compris que c'est ironique bien sûr... Voilà d'où vient l'alignement aveugle des excités Bruxellois au drapeau jaune et bleu mains attachées dans le dos par la dette US et le cerveau embué par leur ignorance des rouages financiers. Non je ne parlerai pas de la fuite de capitaux en provenance de Bruxelles ou du Luxembourg vers une île à crocos des Antilles dont la possession de dette US s'élève à $4.6M per capita, il paraît que les restos font recette là-bas !
Pour résumer, le problème de Trump c'est de devoir appliquer des politiques économiques totalement opposées pour régler le même problème... À moins de serrer la ceinture de manière violente au budget ce qui veut dire l'abandon d'une géopolitique hégémonique agressive. L'Amérique n'a plus les moyens de son ambition, de grandeur et de puissance. Elle se recentre sur elle-même pour résoudre ses propres problèmes en laissant les clochards ukrainiens et européens sur le bord de la route, main tendue, assis dans la boue en bégayant : «Donnez sécurité, donnez monnaie... Monsieur Donald s'il vous plaît !»
La Russie est donc l'arbitre de son destin sécuritaire à travers les négociations et le déroulement des opérations militaires dans le Donbass (ou pas), elle reste très prudente en se gardant bien de toute déclaration à l'emporte-pièce ainsi que de décisions prématurées. Le fiasco organisé des accords de MINSK II est encore bien présent à l'esprit sachant qu'il existe un après mid-term ou après Trump...