09/03/2025 dav8119.substack.com  7min #271127

Sur les étiquettes

 Dav

Le thème des étiquettes est un fil que déterrer conduit à de nombreuses surprises.

D'abord on va ajouter une note sur la programmation et ensuite en verra le lien.

On a vu (dans le livre) qu'il y a une porosité entre les systèmes programmés et les TDI non spécifiquement programmés intentionnellement par une personne extérieure. En soi la programmation est un thème vaste. De même que les caractères du TDI s'appliquent à tout le monde, les critères de la programmation aussi.

On pourrait dire que c'est dans une moindre mesure, si tant est que toute pathologie est l'exagération de traits communs. Pourtant il s'agit bien d'un fait proéminent, voire-même qui caractérise une époque.

De même les étiquettes ne sont pas qu'un "ordre de frapper" tel que nous l'avons nommé, mais une couche superficielle de la réalité.

La programmation consiste à conduire la liberté à adopter des choix conditionnés. C'est donc une lésion de la liberté. Ces choix sont conditionnés dans la mesure où ils sont simplement proposés comme une réaction associée à une réaction. Mais c'est aussi un conduit.

Le fait de prévoir d'adopter cette solution théorique, en soi infléchit la perception des choses, ce qui fait tendre les événements vers cette finalité.

Croire qu'on ferait ceci si cela arrivait, le fait arriver, car c'est une mauvaise croyance. En elle, elle est porteuse d'une fausse-promesse, de résoudre le conflit qu'elle a secrètement créé.

Le Diable, on va l'appeler ainsi, veut faire subir la pire souffrance. Il expose sa victime à cette hypothèse, et lui propose une solution "Si cela m'arrivait, je ferais cela". L'autre répond "Non, quand même pas". Mais l'idée fera son chemin ; la graine est plantée.

"Mais ce n'est qu'une hypothèse", ajoute le démon. Il positionne cette solution en arrière-plan d'une réalité pour l'instant gouvernée par la conscience libre. "Pour avoir le cœur net, tu devrais essayer", dit le démon. "Peut-être trouveras-tu l'espoir que tu attends". Et il ajoute même "Je te le souhaite".

D'un espoir perdu d'avance à un échec patent, arrive le fameux moment du basculement, celui qu'on voit dans Star Wars. "Pour s'opposer à la défaite il faut être plus fort que le mal". L'obnubilé n'a pas l'idée, à ce moment-là, de changer de stratégie, de relativiser, de prendre du recul, d'adopter un point de vue philosophique, ou de s'extraire de la problématique en faisant preuve de sagesse. Il court vers sa déception avec les armes qu'on lui a mit entre les mains.

En soi notre théorie est qu'il teste les solutions possibles avant de se résigner. C'est là que la pensée démoniaque surgit. Mais en réalité il pourchasse des fantômes, autant qu'il fuit des craintes.

Dans Monster, la série animée culte, Yohann (le monstre) dit à l'enfant, né d'une prostituée, qu'il n'a pas été désiré, personne n'a voulu qu'il naisse, qu'il n'a aucune raison de vivre. Que la vie n'a pas de sens, qu'elle n'est rien, que la mort est tout. Et juste après il lui fait miroiter qu'il pourra sûrement trouver sa mère en allant dans un quartier malfamé tard le soir. Une prostituée le prend dans ses bras comme si c'était son enfant, puis se moque de lui et le rejette. Il est témoin de scènes effroyables. On le paie pour oublier ce qu'il a vu, et il se fait voler son argent aussitôt. Désespéré, il décide d'en finir avec la vie.

Sa programmation est activée par sa colère.

Le seul moyen de le sortir de cet état de choc lui est prodigué par un adulte qui lui-même était orphelin. Il opère en lui une disjonction inverse. Il lui dit des choses qu'il aurait aimé entendre : "Quelqu'un a voulu que tu naisses". Il active en lui son empathie, ce qui a pour effet d'abolir le souvenir traumatique programmé.

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Ce que nous apprenons sur les étiquettes est que ce sont des consommables. Elles peuvent servir à véhiculer une motivation qui sera utilisée à mal-escient. Les étiquettes sont avant-tout des déclencheurs d'une programmation.

Dans Monster, encore, il y a l'histoire du Dieu de la paix, qui joue de la trompette pour rendre les gens heureux. Il déverse une eau magique qui fait tout pousser pour que personne n'ait faim. Mais jamais il ne se regardait dans un miroir. Il donnait des noms aux enfants qui n'avaient pas de parents. Un jour, un enfant, nommé Yohann, nuit donna son chapeau en remerciement. Il alla se regarder dans un miroir, et vit un monstre. Le monstre lui dit : "Je suis toi, et toi tu es moi". Il su ce qu'il lui restait a faire. Il pointa son index sur son front, et dit : "Tire ici".

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Une étiquette est une promesse qui vient conforter une croyance.

Imaginez une autoroute déserte en pleine nuit. Elle est correctement éclairée mais conduit vers un ravin. L'étiquette, dans cette configuration, est ce qui va éteindre l'éclairage de quelques portions de route, de sorte à habituer à l'idée qu'on puisse conduire dans le noir.

La croyance est construite par l'idée selon laquelle la route est toujours là même si on ne la voit pas, grâce à ce jeu d'éclairages. Sans ce jeu, le conducteur se serait méfié.

De la même manière, une désinformation consiste à rendre inintéressante une information vitale ou déterminante. L'étiquette qui est posée sur une anomalie consiste à éconduire la curiosité.

Ainsi les étiquettes peuvent être positives ou négatives, au sens où elles peuvent raviver des traumatismes et activer des réactions, autant qu'elles peuvent conforter et justifier la cécité mentale.

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C'est l'histoire qui fait les jugements. La distinction entre ce qui est bien ou mal correspond à une distinction entre ce qui est réel ou imaginaire.

"Si vous voulez limiter les actes de trahison envers vous-mêmes, commencez par soupçonner les actes de trahison des personnes les plus insoupçonnables" (Monster).

On est dans un monde où "la paix" est presque un interdit. De nombreuses personnes souffrent de la pathologie qui consiste à avoir une haine inexplicable envers tout ce qui est "bien".

Un politicien correct, loyal, honnête (si cela existe) sera souvent jugé coupable d'office. Les plus malhonnêtes, les brigands de grands chemins, eux, connaissent parfaitement les ficelles pour paraître insoupçonnables.

Cela contribue pleinement à l'angoisse lancinante qui fait paraître coupables ceux qui ne le sont pas.

Et sans cesse, il semble à cette époque, on s'en prend à ce qui est bien et bon, car d'après l'expérience, cela ne peut que cacher une déception. Il y a des personnes dont, plonger dans leur esprit, fait voir un marasme infini. Ce n'est pas le cas de brigands, qui eux donnent à voir une image simple et rassurante.

Au fond, Orwell parle d'une société qui n'arrive pas à prendre conscience de son état traumatique.

Les conséquences de cet état traumatique sont nombreuses. La perte d'envie d'habiter le monde, la concupiscence pour prendre aux autres ce qu'ils sont, tout cela découle d'un non-discernement entre le moi et le soi.

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Le mécanisme du déni, procède du refus d'admettre des faits qui correspondent aux étiquettes auxquelles on refuse de s'identifier.

"Ce n'est pas ce que je veux", "ce n'est pas ce que je suis". Ta voiture est sale, je te dis que ta voiture est sale, et tu réponds que non. Pourquoi ? Parce que tu n'es pas le genre de personne dont la voiture est sale.

C'est l'étiquette qui prédomine pour transcrire la réalité, et non plus les faits. Les gens vivent dans un monde d'étiquettes, où tout est rattaché à une symbolique. Rien que l'argent est un symbole.

Dire la vérité, être sincère - nous disions dans le livre que si les médias s'y mettaient ils mettraient des décennies à y arriver - est un acte courageux car il s'agit d'affronter "les mensonges dont peuvent être porteurs" la vérité.

Finalement, la plupart des propos ont une façade "étiquette". L'exacerbation des étiquettes fait de la réalité un simple support pour les jugements. Les jugements priment. N'importe quoi suppose autre chose. Les débats portent sur la façade des choses.

Nous parlions du nazisme, stupidement caractérisé par sa façade, au lieu de l'être par sa psychopathologie. Mais sa psychopathologie, tant qu'elle n'est pas établie, tant qu'elle n'est pas NOMMÉE, a tout le loisir de muter et changer de façade. On la retrouve, ne serait-ce qu'aujourd'hui, quand on a donné une part des actifs russes confisqués à l'Ukraine pour qu'elle s'achète des armes pour tuer des russes. C'est cynique et vicieux : on utilise l'argent de l'ennemi pour acheter les armes qui vont le tuer. Elle est là, la psychopathologie ; il n'y a aucune dignité, aucune honorabilité, seulement le désir sourd de faire devenir réalité un jugement délirant.

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Une petite fille baisse la tête pour ne pas se prendre la balle qui est jetée dans le panier de basket. Que se passe-t-il ? Sa crainte, c'est à dire le monde de l'hypothétique, la valeur imaginaire de la réalité, une étiquette, domine son esprit. De ce fait elle se protège. Mais si elle n'était pas programmée pour agir de la sorte, elle suivrait la balle des yeux, et aurait tout le loisir de savoir s'il faut s'écarter quand elle revient. En se mettant dans une posture de protection, elle se met en danger. Le nazisme est de cette procédure. Comme toutes les pathologies, elles consistent à conduire les événements à faire que les pires craintes se réalisent.

(1) Logiciel mental :  amazon.fr

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