par Yoann
Israël est actuellement secoué par une vague de contestation sans précédent contre le Premier ministre Benjamin Netanyahou. Accusé de dérive autoritaire et de mauvaise gestion des crises sécuritaires, Netanyahou fait face à une opposition grandissante. Les manifestations, qui ont culminé le 30 mars avec des dizaines de milliers de personnes dans les rues, témoignent d'une exaspération croissante.
Les manifestations du 30 mars : un tournant décisif
Le 30 mars, la contestation a atteint son paroxysme. À Tel-Aviv, plus de 100 000 personnes, selon les organisateurs, ont envahi la place Habima, brandissant des drapeaux israéliens et des portraits d'otages. À Jérusalem, près de la Knesset, des heurts ont opposé manifestants et police, tandis qu'à Haïfa, 30 000 personnes ont défilé. Les slogans, tels «Élections maintenant» ou «Bibi, criminel», reflétaient une exaspération face à un dirigeant jugé responsable des échecs du 7 octobre 2023 et de la prolongation de la guerre à Gaza.
Violences policières ce soir à Tel Aviv, dans la seule démocratie de l'univers. pic.twitter.com/dbBj1ORq1n- Claude El Khal (@claudeelkhal) 𝕏 March 29, 2025
Les griefs contre Netanyahou : otages et justice
La mobilisation était alimentée par deux griefs majeurs : le refus de Netanyahou de négocier la libération des otages à Gaza - une soixantaine d'entre eux sont toujours captifs, dont 34 présumés morts - et son attaque contre la Justice israélienne. La décision de limoger Ronen Bar, chef du Shin Bet, suspendue par la Cour suprême, ainsi que la motion de censure contre la procureure générale Gali Baharav-Miara, ont cristallisé les accusations de «coup d'État judiciaire».
Une crise plus large : autoritarisme et tensions régionales
Cette vague de colère s'ancre dans une crise plus large. Netanyahou, à la tête d'une coalition d'extrême droite, est critiqué pour sa gestion autoritaire et son refus de compromis avec le Hamas, torpillant les espoirs de trêve. Les frappes au Liban et à Gaza, ajoutées à la présence israélienne persistante au sud du Litani, ont ravivé les tensions régionales, tandis que ses purges institutionnelles menacent l'État de droit.
🔴💥🔥 #TelAviv
Manifestation des familles des otages pour un deal.
Incroyable violence de la milice de Netanyahu contre une manifestante.- Neruda57 🐝🕊️🔻 (@Neruda57) 𝕏 March 30, 2025
La chute de popularité de Netanyahou
Les sondages récents montrent une chute de la popularité de Netanyahou : seuls 28% des Israéliens le soutiennent, selon Maariv. Les familles d'otages, rejointes par le mouvement anti-réforme judiciaire de 2023, ont uni leurs voix, accusant Netanyahou de privilégier sa survie politique à la sécurité nationale. «Netanyahou sacrifie la démocratie à son pouvoir», ont scandé des manifestants à Jérusalem.
source : Le Média en 4-4-2