03/04/2025 basta.media  16min #273734

Sommés d'abattre leurs vaches en bonne santé pour que la France continue d'exporter

Jocelyn Bertrand a dû faire abattre ses 305 vaches en 2023. Une seule d'entre elles était atteinte de tuberculose bovine.
©Emmanuel Blivet

« Le jour d'un abattage total, tout s'effondre, on n'a plus aucun point de repère quand les bâtiments sont vides. » Jocelyn Bertrand, agriculteur bio, a vu partir à l'abattoir ses 305 vaches en 2023. Une seule de ses bêtes était malade. Le territoire où il est installé depuis 1999, la Suisse normande, au sud de Caen, avec ses prairies vallonnées, est l'un des foyers de la tuberculose bovine.

Cette maladie infectieuse, dont l'agent principal est la bactérie Mycobacterium bovis, est transmissible à l'humain par l'ingestion de lait cru provenant de vaches infectées, ou par contact étroit avec des tissus infectés dans les abattoirs ou boucheries. À l'origine de milliers de cas en Asie du Sud-Est et en Afrique, elle concernerait moins de dix cas humains, non mortels, chaque année en France. Chez un animal infecté, « le lait pasteurisé ou stérilisé est consommable, la viande aussi », indiquent les vétérinaires interrogés.

Mais « la tuberculose bovine reste une zoonose majeure qu'il convient de combattre », affirme Fabrice Chevalier, en charge du dossier au ministère de l'Agriculture, dans un courriel à Basta!. Ainsi, toute détection de la maladie dans un troupeau en France entraîne l'application d'un protocole strict, et destructeur pour les éleveurs. Environ 45 élevages ont vécu des abattages depuis 2013 en Suisse normande.

C'est le cas de celui de Tom Hoppenreijs, 21 ans, qui a dû faire abattre ses 150 vaches et veaux début 2024, pour au final deux bêtes atteintes de tuberculose bovine. « En quatre mois, tout notre travail de sélection très pointilleuse pour parvenir à une production de qualité et des animaux avec qui nous pouvons travailler, a été balayé. C'est dur de s'en remettre », raconte Tom aux côtés de son père, Harrie.

Tom et Harrie Hoppenreijs, dans la salle de traite.

© Emmanuel Blivet

25 ans de travail balayés

Il est d'autant plus difficile de s'en remettre qu'en l'état actuel des tests, c'est seulement au moment de l'abattage que l'infection peut être confirmée ou infirmée. Dans le cas de Jocelyn, « toutes les semaines, un camion emportait 40 vaches ». Le lendemain de chaque départ vers l'abattoir, l'éleveur appelle les services de l'État pour savoir si des lésions sont retrouvées.

« Premier camion, aucune. Deuxième camion, aucune... Cela a été comme ça jusqu'au septième. Aucun cas positif, à part la première bête qui avait réagi au test intradermique, raconte Jocelyn Bertrand. Vous pleurez toutes les larmes de votre corps. Tout le travail depuis 25 ans, celui de vos ancêtres, est rayé de la carte. »

En discutant avec ses collègues et voisins concernés, Jocelyn Bertrand découvre qu'ils partagent tous ce même vécu : pour une ou deux bêtes positives, tous ont perdu la totalité de leur cheptel. « Cette situation est démesurée. On aurait eu 20 ou 30 vaches positives, on aurait compris qu'il faille tuer toutes les vaches. Mais une ou deux... » critique l'éleveur.

C'est aussi ce dont témoigne Guillaume Lefoulon, éleveur dans le Calvados : 560 de ses bêtes ont été abattues en 2021, pour sept vaches détectées avec le test et un cas de tuberculose confirmé. « Le plus dur, ça a été les petits veaux. Il y en a une cinquantaine qui naissent aux mois de février et mars. Ils ont été euthanasiés, parfois juste après être nés », dit l'homme.

Guillaume Lefoulon est à gauche sur la scène de la salle des fêtes de Cahagnes, dans le Calvados, le 27 mars dernier. Devant 80 personnes, il a témoigné avec d'autres éleveurs du calvaire subi, lors d'une réunion publique sur la tuberculose bovine.

© Emmanuel Blivet

« Aucune analyse n'est fiable à 100 %, atteste la vétérinaire Coralie Amar. Il peut y avoir des faux positifs : des animaux réagissent alors qu'ils ne sont pas atteints. Si l'animal réagit, c'est parfois parce qu'il a déjà rencontré le germe, mais pas celui de la tuberculose bovine. S'il y a bactérie, il n'y a pas forcément maladie. Or, aujourd'hui, s'il y a une suspicion pour un animal, on tue un troupeau. »

À l'inverse, il peut aussi y avoir des faux négatifs : un animal ne réagit pas au test, mais se révèle positif lors des analyses post-mortem. « Face au risque de ne pas détecter tous les bovins infectés en l'état des techniques disponibles, il est plus sûr de procéder à un abattage total quand la maladie émerge dans une zone saine », indique ainsi le site du ministère de l'Agriculture.

« Pourquoi n'abat-on pas seulement les bêtes qui sont susceptibles d'avoir la maladie ? » interpelle l'agriculteur Christophe Davy.

© Emmanuel Blivet

« On est dans une impasse scientifique, se désole Ugo Arbelbilde, éleveur et membre de ELB, syndicat pour la défense des paysan·nes du Pays basque. Son territoire connaît lui aussi plusieurs foyers. L'État cherche à éradiquer la tuberculose bovine avec des tests pas fiables à 100 %. On ne peut pas faire les deux, c'est impossible ! »

Dans l'Orne, Christophe Davy attend toujours des nouvelles du laboratoire. Devra-t-il faire abattre la quarantaine de vaches laitières qui composent son exploitation ? Le 22 novembre 2024, lors de contrôles vétérinaires imposés à tous les éleveurs de la région, deux vaches sont sorties douteuses du test intradermique visant à déceler la présence de la mycobactérie, qui peut être à l'origine de la tuberculose bovine. Une prise de sang a infirmé ce risque pour l'une ; mais l'a confirmé pour l'autre, Tanaisie, qui est donc partie à l'abattoir.

Son test PCR effectué à l'abattoir est sorti négatif. Mais ce n'est qu'après la mise en culture pendant trois mois de la trachée que les services vétérinaires sauront réellement si elle était porteuse de la maladie. Si Tanaisie était bien porteuse de la bactérie, tout le troupeau sera abattu, par mesure de précaution sanitaire.

95 % des animaux abattus sont sains

C'est la première fois que Christophe Davy se trouve dans cette situation d'attente. Et le paysan bio installé depuis 25 ans dans un « système autonome-économe », comme il aime le préciser, ne décolère pas contre les normes imposées à toute la profession pour tenter de prévenir la propagation de cette maladie. « On se fout complètement des éleveurs, de leur famille, résume-t-il. Pourquoi n'abat-on pas seulement les bêtes qui sont susceptibles d'avoir la maladie ? C'est trop brutal, humainement, d'abattre tout le troupeau, et ça ne règle pas le problème. » Le ministère souligne qu'entre 2002 et 2024, sur les 277 foyers de tuberculose bovine identifiés en France, 115 ont été assainis par le protocole d'abattage sélectif c'est-à-dire qu'une partie du troupeau a été abattue, les autres ayant subi un abattage total.

Au Pays basque, alerté par la situation dans sa circonscription,  le député socialiste Iñaki Echaniz a interpellé le ministère de l'Agriculture en mars 2024 à l'Assemblée nationale : « Moins de 5 % des animaux abattus sont infectés par la tuberculose, ce qui veut dire que 95 % d'entre eux sont sains. » Soit environ 15 000 vaches saines tuées chaque année en France dans le cadre de cette procédure, selon la zootechnicienne Jocelyne Porcher. « Nous devons d'abord éviter la progression de la tuberculose bovine dans le pays, a répondu Marc Fesneau, alors ministre de l'Agriculture. La France est en effet considérée comme indemne de tuberculose bovine par l'Union européenne et la perte de ce statut serait catastrophique pour l'ensemble de la filière. »

Garantir les exportations à tout prix ?

Le « statut indemne » est au cœur de cette affaire. Les pays qui comptent moins de 0,1 % de leurs élevages bovins infectés - un seuil fixé par l'Organisation mondiale de la santé animale - sont considérés comme « indemnes ». Autrement dit, il faut que moins de 1 élevage pour 1000 soit touché par la maladie. C'est ce statut qui conditionne le commerce des animaux et de leurs produits, lait et viande, au niveau européen et international.

« L'obtention de ce statut est le fruit d'efforts de lutte importants ayant débuté en 1955 » souligne la doctorante en médecine vétérinaire Marine Guérin dans une récente thèse : « À cette date, 25 à 30 % des élevages français étaient infectés. Grâce aux mesures de gestion mises en place, le pourcentage d'élevages infectés est passé sous le seuil de 0,1 % en 1995 et s'y est maintenu, permettant, six ans plus tard, l'obtention du statut officiellement indemne. » La France est ainsi considérée comme indemne de tuberculose bovine depuis 2001.

La France comptait, en 2018, 123 foyers de tuberculose bovine. « Les méthodes de surveillance développées depuis, ainsi que la mise en place de cet abattage sélectif raisonné ont permis de diminuer le nombre de foyers à 81 foyers pour l'année 2024 » souligne le ministère de l'Agriculture auprès de Basta! Seule la carte des foyers de 2023 est pour l'instant en ligne.

©  ministère de l'Agriculture

Fabrice Chevalier, le référent national tuberculose bovine au ministère de l'Agriculture, assume cette position : « Nous affichons l'objectif de conserver ce statut indemne pour préserver avant tout la santé humaine et animale, tout en limitant les freins aux échanges de bovins au sein de l'Union européenne, et en favorisant les exportations notamment de produit laitier français vers les pays situés hors Union européenne, pour qui ce statut indemne est également un préalable sanitaire à l'acceptation de nos produits. »

Harrie et son fils Tom ont le sentiment d'avoir dû sacrifier leur ancien troupeau pour maintenir l'objectif indemne de la tuberculose à 0,1 % du cheptel français - et garantir ainsi l'exportation du lait, de la viande et des animaux français à travers le monde.

© Emmanuel Blivet

« Ce statut indemne, ça nous pose un énorme problème, dénonce l'éleveur basque Ugo Arbelbide. Aujourd'hui, c'est le système économique qui définit la réglementation sanitaire. On veut éradiquer une maladie parce qu'elle ralentirait le commerce. Si on veut contrôler une maladie, il ne faut pas le faire sur des critères liés aux injonctions de partenaires commerciaux. »

« Ça fait des années que des troupeaux sont abattus et tous les ans on a le même nombre de foyers », ajoute Sylvie Colas, de la Confédération paysanne. Bien que le nombre de cheptels ait presque été divisé par trois en France depuis 1995, une centaine de foyers sont encore identifiés chaque année. « Il faut savoir quelle est l'origine de la maladie, ajoute l'éleveuse. On pourrait alors plus facilement lutter contre. » « On ne peut pas éradiquer une maladie qui survit dans la faune sauvage et qui reste vivante dans le sol plusieurs années, estime également Ugo Arbelbide. L'éradiquer est un mythe. On demande de la gérer plutôt que de courir derrière cet objectif utopique. »

Comprendre d'où vient le problème

D'où est venue la bactérie ? Chez Tom et Harrie comme chez Jocelyn, les regards se tournent vers la faune sauvage. Les blaireaux et les sangliers, qui prolifèrent dans la région et dont certains ont été retrouvés contaminés, peuvent-ils être à l'origine de la contamination ?

« Notre exploitation est isolée : nos animaux ne peuvent pas être en contact direct avec les animaux des autres fermes qui ont aussi été touchées », explique Harrie. Les éleveurs demandent aux services de l'État d'investiguer pour comprendre pourquoi la mycobactérie est plus présente sur leur territoire qu'ailleurs. Mais n'obtiennent pour l'instant pas de réponses.

La demande est similaire au Pays basque. « L'État a aujourd'hui une photographie de la situation sanitaire de l'élevage bovin, souligne Ugo Arbelbide. On veut qu'il dresse aussi une photographie de la situation sanitaire des populations de blaireaux et de sangliers, à l'échelle de tout le territoire, pour anticiper la maladie. Là on ne fait que courir derrière la maladie : quel est le sens d'un abattage total du troupeau ? Puis de mettre des vaches saines dans un environnement où la tuberculose bovine circule ? Il faut créer un nouveau protocole plus acceptable et renforcer la gestion de la faune sauvage. On ne demande pas l'extermination du blaireau ou du sanglier, mais des tests sur ces animaux qui sont aux abords de nos fermes. »

Sur la ferme de Christophe Davy

© Emmanuel Blivet

Chez Christophe Davy, ce n'est pas la faune qui inquiète, mais la qualité microbienne des sols de sa ferme et de ses vaches, que le paysan tente d'améliorer depuis des années. « Quand le protocole sanitaire est appliqué, que tout est désinfecté, vidé, on ne tient pas compte de l'équilibre du microbisme de la ferme, estime-t-il. Certaines bonnes bactéries s'occupent des mauvaises. C'est pour cela que plus de 95 % de la population se défend naturellement contre la tuberculose humaine, et que ce ne sont que les personnes immunodéprimées qui sont le plus à même de l'attraper. Mais quand on supprime tout, comme lors d'un vide sanitaire, les mauvaises bactéries peuvent se développer. » Et faciliter paradoxalement la prolifération de la mycobactérie tuberculosis bovine ? C'est ce que suppose Christophe Davy au regard des exploitations voisines où la tuberculose est réapparue après l'abattage total, à plusieurs reprises.

Stress permanent d'une nouvelle contamination

Après l'abattage, Jocelyn Bertrand a tout désinfecté pendant plusieurs mois, avant de racheter des animaux grâce aux indemnités versées par l'État. Il parcourt la France pour acheter progressivement 260 vaches venant de neuf exploitations, principalement au sud de la Loire. L'éleveur vérifie pour chacune d'entre elles qu'elle ne porte aucune des huit maladies testées susceptibles de se propager aux autres. Les bêtes ne sont pas habituées au climat et à l'herbe de la Normandie. Des conflits apparaissent entre elles. « La hiérarchie se crée sur une période très longue. Elles se battent pour désigner une patronne. Des bovins peuvent entrer en dépression », raconte le paysan.

Jocelyn Bertrand au milieu de son nouveau cheptel.

© Emmanuel Blivet

Des vêlages prématurés sont provoqués par les déplacements, des problèmes de délivrance... Des maux bien connus des éleveurs qui travaillent pendant des dizaines d'années pour constituer un cheptel adapté aux conditions de vie locales, réduire les maladies courantes, obtenir une production laitière de qualité, et apprendre à connaître leurs bêtes. En plus de ce travail fastidieux de reconstitution du cheptel, l'éleveur subit un stress permanent, confronté à l'idée de revivre un abattage total. Parmi ses voisins, certains sont « contaminés » une deuxième, puis une troisième fois. Les abattages se poursuivent, avec toujours le même taux de positivité, provoquant encore un peu plus la détresse des agriculteurs.

« La recontamination des anciens foyers de tuberculose est une des caractéristiques de cette maladie », reconnaît Fabrice Chevalier au ministère de l'Agriculture. Chaque année, 10 % des foyers de tuberculose sont des élevages ayant déjà été infectés par cette maladie. Le responsable du ministère avance plusieurs hypothèses : « Tout d'abord il peut y avoir une persistance de la mycobactérie dans les bâtiments de l'élevage si les protocoles de nettoyage et désinfection qui doivent être mis en œuvre à la fin de la période d'assainissement ne sont pas respectés. »

Fabrice Chevalier évoque aussi « la recontamination à partir d'un élevage voisin dont certains bovins ont été contaminés, mais ne sont pas encore détectables par les tests de dépistage ». Le troisième facteur identifié est une contamination des bovins via des animaux sauvages. « Dans les zones où l'infection est avérée sur les blaireaux, des opérations localisées de réduction des populations de ces animaux sont mises en œuvre », souligne le responsable.

La gronde monte dans les campagnes

« L'État s'entête sur un truc qu'il ne maîtrise pas », considère Christophe Davy. L'homme est à l'origine, avec Jocelyn Bertrand et d'autres agriculteurs de Normandie, d'un collectif pour réclamer une révision du protocole sanitaire. Eric Méens, un vétérinaire de la région, propose plusieurs pistes pour s'attaquer différemment à la problématique : identifier le génome des vaches à risque, vacciner les blaireaux, renforcer l'immunité des bovins lors de périodes critiques, travailler sur leur microbiote et sur la qualité des sols...

Un collectif d'éleveurs et d'éleveuses s'est aussi monté dans la Soule, province du Pays basque, où onze foyers de tuberculose bovine ont été détectés fin 2024 dans un petit périmètre d'une quinzaine de kilomètres. « Alors que seulement seize vaches sont positives, 1021 sont susceptibles d'être abattues. Bien sûr que l'on va s'y opposer »,  confiait en février dernier une des éleveuses touchées.

Les éleveurs ont bénéficié le 15 février d'une motion de soutien des élus de la communauté d'agglomération du Pays basque, appelant à mettre en place « des protocoles d'abattage adaptés [...] basés sur le principe de non-abattage des animaux sains ». Face au refus des éleveurs de procéder à l'abattage total, le préfet a fini par créer le 17 mars une zone de surveillance renforcée (ZSR). « Plus de 200 éleveurs sont concernés », souligne Ugo Arbelbide.

Tom, à 21 ans, aimerait prendre la suite de ses parents. Mais la tuberculose bovine est un gros point noir pour l'avenir.

© Emmanuel Blivet

Une partie de ces éleveurs prévoient dans les prochaines semaines d'emmener leurs animaux en estives, c'est-à-dire dans les pâturages de montagne. Or, l'arrêté pris contraint les éleveurs, avant de partir, à mettre en place des mesures de biosécurité comme des doubles clôtures, et à faire un nouveau test.

« L'État n'est pas conscient du poids mis sur les épaules des éleveurs », souffle Ugo Arbelbide. « Durant trois jours, dans l'attente du résultat du test, on a une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Surtout que des vaches réagissent au test alors qu'elles ne sont pas malades. La colère risque de monter. Il faut avoir la possibilité de retester avec une autre technique. » « On touche ici au modèle de production, au pastoralisme, aux vaches plein air, dénonce Sylvie Colas. Ce n'est pas possible en termes de réalité de fonctionnement de la ferme. »

La tuberculose bovine pourrait aussi dissuader des installations. « C'est un gros point noir pour l'avenir. Cela fait peur », raconte Tom, le fils d'Harrie. À 21 ans, il aimerait prendre la suite de ses parents, mais confie : « Beaucoup de mes camarades ne voudront pas se lancer dans l'élevage sur un territoire touché par cette bactérie. »

En versant des céréales dans l'auge de la stabulation, il montre une génisse de huit mois. « Elle, c'est Bulle, elle est née l'été dernier. C'est la première vache qui est née à la ferme. Elle signifie pour nous le début de la fin de la misère. » Début mars, tous les animaux ont subi une nouvelle fois le test intradermique. Une grande période de stress pour la famille qui s'est soldée par des résultats négatifs : aucun animal n'est douteux. Tom et Harrie peuvent respirer. Jusqu'à l'année prochaine.

Boîte noire 

Simon Gouin, de la revue Grand Format, m'a alertée mi-février sur ce sujet, à la suite de la  diffusion de cette pétition. Basé en Normandie, Simon s'est rendu avec le photographe Emmanuel Blivet dans plusieurs fermes où les éleveurs ont accepté de témoigner. Également alertée par des éleveuses et éleveurs dans le Pays basque, j'ai contacté de multiples parties prenantes. Une partie des questions posées au ministère de l'Agriculture restent en attente à l'heure où nous publions cet article.  L'article de Grand Format est à lire ici.

Auteurs / autrices

  •  Sophie Chapelle
  • Journaliste, basée en région lyonnaise : je m'occupe en priorité des sujets liés à l'écologie. Passionnée par les questions agricoles et alimentaires, je multiplie enquêtes et reportages depuis plus de dix ans, pour mieux comprendre les dessous de nos assiettes. Repérer et raconter des alternatives qui font système fait aussi partie de mon travail. Officie également pour le mensuel Campagnes solidaires. Retrouvez moi sur Mastodon et Bluesky.
  •  Simon Gouin
  • Journaliste permanent à Basta! de 2013 à 2020. Aime les enquêtes au long cours et les reportages de terrain. Vis et travaille en Normandie. Fondateur et animateur de  Grand Format depuis 2020.

 basta.media