04/04/2025 francesoir.fr  4min #273874

 Orbán et Netanyahou insultent la Cpi

La Hongrie accueille Netanyahou et annonce son retrait de la Cour pénale internationale

France-Soir

La Hongrie n'entend pas se conformer aux décisions de la Cour pénale internationale (CPI). Bien au contraire, Budapest a annoncé sa décision de se retirer de ce traité, peu après l'arrivée du Premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, visé par un mandat d'arrêt international, pour une visite d'État. Le gouvernement hongrois affirme que les mandats d'arrêt de cette Cour ne peuvent être exécutés dans le pays, d'autant plus que la CPI est devenue "un organe politique".

Le 21 novembre 2024, la Cour pénale internationale (CPI) a émis un mandat d'arrêt contre Benjamin Netanyahou, Premier ministre d'Israël, l'accusant de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité commis lors de la guerre à Gaza. Parmi les accusations figurent l'utilisation de la famine comme méthode de guerre, le meurtre, la persécution et d'autres actes inhumains dirigés contre des civils. Ce mandat, qui vise également l'ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, oblige les 125 États membres du Statut de Rome à arrêter Netanyahou s'il entre sur leur territoire.

La Hongrie "tenue de coopérer" selon la CPI, Budapest dit niet

Bien que certains pays aient exprimé leur soutien à cette décision, d'autres, comme la Hongrie et les États-Unis, ont refusé de coopérer, qualifiant les actions de la CPI de politisées ou illégitimes.

Le PM israélien rappelle le cas du président russe Vladimir Poutine, tout aussi visé, depuis mars 2023, par un mandat d'arrêt en raison du conflit ukrainien. Le chef du Kremlin s'est tout de même rendu dans certains pays à l'étranger, comme la Chine, la Corée du Nord ou l'Azerbaïdjan, qui ne sont pas signataires du statut de Rome, traité fondateur de la CPI. Il avait d'ailleurs fait l'impasse sur le Sommet des BRICS, qui s'est déroulé en août 2023 en Afrique du Sud et le sommet du G20, qui s'est déroulé en septembre de la même année en Inde.

Mais il s'était rendu, en septembre 2024, en Mongolie, un pays membre de la Cour pénale internationale, c'est-à-dire signataire du Statut de Rome en 2000, avant de le ratifier en 2002. Moscou avait affirmé "ne rien craindre" et le président russe n'a pas été inquiété.

Le PM israélien ne le sera pas non plus. Benjamin Netanyahou a entamé jeudi une visite d'État en Hongrie. Son premier voyage en Europe depuis 2023. Dès l'annonce de son déplacement, les appels à l'interpeller se sont multipliés. L'Autorité palestinienne a formellement demandé au gouvernement hongrois de respecter le mandat d'arrêt. Human Rights Watch ou encore Amnesty International ont également exhorté la Hongrie à s'acquitter de ses obligations légales en tant qu'État membre de la CPI et à procéder à l'arrestation du Premier ministre israélien.

Mais peu après son arrivée, Gergely Gulyás, le chef de cabinet du Premier ministre Viktor Orbán, a écarté une interpellation de Benjamin Netanyahou. De surcroît, il a annoncé la décision de son pays de se retirer de la Cour pénale internationale. "Le gouvernement entamera la procédure de retrait jeudi, conformément au cadre juridique constitutionnel et international", a-t-il déclaré.

La Cour, située à La Haye, tout comme la Cour internationale de Justice, un organe de l'ONU, a réagi, expliquant avoir pris note de cette décision. Toutefois, son porte-parole, Fadi El Abdallah, rappelle que "la Hongrie reste tenue de coopérer" jusqu'à la fin de procédure de retrait, qui peut prendre jusqu'à un an.

Un "organe politique"

Bien que Budapest ait signé le Statut de Rome en 1999 et ratifié en 2001, lors du premier mandat de Viktor Orbán, le pays affirme ne pas avoir l'obligation de se conformer aux décisions de la CPI. La convention associée au Statut de Rome n'a jamais été validée pour des raisons de constitutionnalité. La Hongrie n'a jamais inscrit dans son droit interne le Statut de Rome de 1998, et de ce fait, les mandats d'arrêt de la Cour ne peuvent s'appliquer dans le pays. Pas question pour Budapest de proclamer le statut, préférant se retirer.

Gergely Gulyás a aussi jugé "inacceptable que la CPI", "une initiative honorable", soit récemment devenue "un organe politique". En témoigne, de son avis, le mandat émis contre Netanyahou. Viktor Orban, soutien de son homologue israélien, avait déjà annoncé qu'il ne respecterait pas la décision de la CPI, "effrontée, cynique et totalement inacceptable".

En outre, le chef de cabinet a cité les pays qui n'ont jamais été membres de la CPI, comme la Chine ou la Turquie, rappelant par la même occasion les récentes sanctions de Washington contre l'organisation. En outre, Gergely Gulyas a cité Varsovie, qui a annoncé en janvier que le PM israélienne ne serait pas arrêté s'il se rendait en Pologne, pourtant membre de la CPI.

Plusieurs pays se sont déjà retirés de cette cour, comme le Burundi en 2017 ou encore Les Philippines. L'Afrique du Sud, jugeant que la CPI est partiale à l'égard des pays africains, a déjà menacé de se retirer avant de revenir sur sa décision. Sur environ 60 mandats d'arrêt émis depuis 2022, seulement 22 ont été exécutés.

 francesoir.fr

newsnet 2025-04-04 #14687

incroyable
mais mais à pat les papiers administratif, qu'en est-il de la morale ?