
Alors que l'écologie officielle déclare la guerre aux paysans et à leurs « méga-bassines », de formidables quantités d'eau potable sont tout tranquillement exportées hors d'Europe (et notamment de France) par tanker, à coups de centaines de milliers de mètres cubes. Un authentique pillage organisé - et qui a vocation à se systématiser au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer.
« La Nation a besoin de faire sur l'eau comme ce que l'on a fait sur l'énergie [...] Une forme de plan de sobriété. C'est la fin de l'abondance. » (Le président français Emmanuel Macron, en février 2023)
On se souvient en effet que le président français n'avait pas hésité à appeler à un « plan de sobriété sur l'eau » à la faveur d'un mois de février 2023 « au 4ème rang des mois de février les plus secs depuis 1959 », d'après Météo France. Or, il aura suffi de cette annonce alarmiste pour que des records de pluviométrie soient observés dans le pays au cours des mois suivants!




Malgré le caractère tragicomique de ce catastrophisme, l'idée d'un rationnement de l'eau potable en Europe ne doit cependant pas être prise trop à la légère.
« La fin de l'abondance a un synonyme : le rationnement.« (Le Monde, octobre 2022) 1
Car depuis de nombreuses années déjà, l'eau potable fait l'objet d'échanges internationaux aussi lucratifs que discrets :
« Daniel Zimmer, directeur général du World Water Council à Marseille, affirme qu'il y a de réelles chances pour que des flottes entières de tankers transportent [à l'avenir] de l'eau d'un pays à l'autre. L'expédition d'eau par voie maritime est déjà une réalité, par exemple entre la France et l'Algérie ou entre la Turquie et Israël. ( Reuters, février 2007)
Ainsi donc, si l'État français annonce son intention de forcer ses administrés à réduire leur consommation d'eau potable, cela ne l'empêche nullement de laisser des sociétés privées exporter cette « marchandise » à l'étranger à l'aide de tankers, contre monnaie sonnante et trébuchante !

Il faut dire qu'en plus d'héberger le puissant World Water Council, la France se trouve être la patrie de ces deux géants mondiaux de la « gestion des eaux » que sont Veolia et Suez (laquelle aura d'ailleurs co-fondé le World Water Council avec l'ONU et la Banque mondiale). Or, ces deux groupes affichent ouvertement leur ambition de maximiser le commerce international de l'eau potable ! Et ce via leur étroite collaboration notamment avec ces multinationales de l'eau en bouteille toujours assoiffées de nouvelles ressources que sont Coca-Cola et Nestlé...
« Coca-Cola assèche des sources dans un village indigène mexicain - forçant les habitants à acheter de l'eau en bouteille. L'usine d'embouteillage 'consomme plus d'un million de litres par jour'. » ( The Independent, septembre 2017)
« Alors que Nestlé extrait des millions de litres de leurs terres, ces résidents [indigènes de l'Ontario] n'ont pas accès à l'eau potable » ( The Guardian, octobre 2018)

Une approche prédatrice qui n'est manifestement pas incompatible avec la notion de « développement durable » telle que la conçoit l'ONU. (Source : Nestle.com / Traduction Google Translate)
Il faut dire que dans certains pays, la pollution des eaux semble avoir atteint des niveaux à la limite de l'imaginable, laissant des millions de citadins aisés en grand besoin d'eau minérale !
« En Chine [...] les autorités locales creusent des puits plus profonds pour accéder à l'eau potable, un accès devenu plus difficile, car 80% des eaux souterraines des principaux bassins fluviaux sont 'impropres au contact humain' [...] 85 % de l'eau des principaux fleuves de [Shanghai] était imbuvable en 2015, selon les normes officielles, et 56,4 % était impropre à toute utilisation [...] A Tianjin, la principale ville portuaire de Chine du Nord, qui compte 15 millions d'habitants, 4,9% de l'eau seulement peut être utilisée comme source d'eau potable. » ( The Guardian, juin 2017)

Marché de l'eau : de gigantesques débouchés mondiaux !
C'est ainsi qu'en mai 2019, la Chambre du commerce chinoise aux Pays-Bas avait expliqué que « les producteurs d'eau en bouteille doivent continuer à s'investir sur le marché chinois ». Après avoir bondi de 43 à 49 milliards (!) de dollars en un an, le marché chinois de l'eau en bouteille devait en effet continuer à croître de quelque 12,5% (soit plus de 5 milliards de dollars !) par année... 2 Une opportunité d'affaires tout simplement colossale !
Or, la Chine n'est évidemment pas le seul débouché pour les exportations de nos multinationales de l'eau en bouteille !
Dès 2009 en effet, une étude du cabinet de conseil McKinsey avait ainsi identifié les quatre marchés prioritaires suivants pour les exportations d'eau potable : l'Inde, la Chine, le district de Sao Paolo au Brésil - et l'Afrique du Sud.

Cette analyse avait d'ailleurs été co-produite par McKinsey « avec le soutien actif de chacun des membres » du Water Resources Group. Or, il faut bien le souligner : ce groupement d'intérêts « hébergé » par la Banque mondiale et animé par le World Economic Forum, rassemble non seulement Veolia et Suez, mais aussi Coca-Cola, PepsiCo, Nestlé, ainsi que Shell et BP (penser 'tanker')... et même la Confédération suisse, qui finance d'ailleurs activement les efforts de lobbying des entreprises en question ! 3
L'omniprésence, au sein des organes dirigeants du Water Resources Group, de Gim Huay Neo, la patibulaire directrice du « Centre pour la nature et le climat » du World Economic Forum, mérite ainsi d'être relevée... Car en 2024, au cours de la session annuelle du World Economic Forum en Chine, celle-ci n'aura pas hésité à réclamer une taxation punitive sur la consommation d'eau ! Au nom de « l'écologie », bien évidemment.
« Au-delà [des taxes] carbone, on peut penser à des aspects de la nature qui seraient plus faciles à quantifier. Comme l'eau, pourquoi pas ? » (Gim Huay Neo au « Summer Davos » de Dalian, en juin 2024)
Water Tax.. t.co
— Willem Middelkoop (@wmiddelkoop) September 9, 2024
Toujours est-il qu'au niveau de l'UE, l'équivalent du Water Resources Group s'appelle Water Europe et qu'il est, pour sa part, chapeauté par la Commission européenne. Or, là encore, il s'agit de mettre en rapport de grandes entreprises actives dans la commercialisation de l'eau potable (dont Veolia, Suez, Coca-Cola - et Shell !) avec leurs clients potentiels :
« Actuellement, Water Europe est engagée dans quatre activités [sic] de l'Union européenne : la Chine, l'Inde, l'Iran et l'Afrique du Sud. » ( Rapport annuel 2018-2019 de Water Europe, watereurope.eu)
Avec l'idée bien arrêtée d'inciter les Européens à réduire leur consommation d'eau au profit de ces partenaires économiques assoiffés d'eau en bouteille.
« Quel est le problème de l'eau bon marché ? Elle n'incite pas à un contrôle des comportements et ne génère pas suffisamment de revenus... » (« Combien l'eau devrait-elle coûter ? », Chambre de commerce de l'UE en Chine, septembre 2012) 4
En 2019, la présidence tournante de l'UE était sponsorisée par... Coca-Cola !
L'on sera donc peu surpris d'apprendre que l'idée de faire payer aux populations européennes leur consommation d'eau « au prix du marché mondial », correspond précisément à un projet déjà esquissé par la Commission de l'UE en 2007 !
« La Commission préconise fortement le recours aux instruments fondés sur le marché [...] Néanmoins, indépendamment des ressources financières dont ils disposent, les ménages devraient avoir accès à un approvisionnement en eau adéquat. » 5
Or, le terme « adéquat » peut revêtir des significations fort diverses...
Mais voyons plutôt ce texte voté par l'Assemblée nationale française le 15 juin 2016, qui expliquait les choses de façon plus précise... et même assez brutale !
« Le droit à l'eau potable et à l'assainissement comprend le droit, pour chaque personne physique dans des conditions compatibles avec ses ressources : 1° De disposer chaque jour d'une quantité suffisante d'eau potable pour répondre à ses besoins élémentaires ; 2° D'accéder aux équipements lui permettant d'assurer son hygiène, son intimité et sa dignité. » 6
C'est ainsi qu'au-delà de la satisfaction de nos « besoins élémentaires », l'accès à l'eau courante pourrait bientôt devenir fortement dépendant des « ressources financières » de tout un chacun ! Or, ces « besoins élémentaires » pourraient être beaucoup plus restreints qu'on ne le pense... Car le « droit à l'eau » tel que défini par l'ONU en 2010 (et auquel se réfère le texte de l'Assemblée nationale ci-dessus) se résume à « l'hydratation et à l'hygiène » des individus. Soit une consommation de l'ordre de 50 à 100 litres par personne et par jour, à en croire le site web de l'ONU. A titre de comparaison, une douche de 5 minutes consommerait 60 litres d'eau et un tour de machine à laver entre 45 et 110 litres...
« Peter Brabeck veut taxer l'eau [...] Selon lui, chaque être humain a droit à 25 litres d'eau par jour. Quiconque dépasse cette quantité doit payer [une taxe]. Si l'eau n'est pas reconnue comme un bien cher, elle est gaspillée, explique-t-il. » ( 20minutes .ch, avril 2009)
« Peter Brabeck [le président de Nestlé] a parfaitement raison. [...] Cette ressource, l'eau, va devenir plus chère.« (Doris Leuthard, ministre suisse de l'Environnement, juin 2013) 7

Une citation plus ancienne, qui remonte à 2005 . Si la rhétorique a quelque peu fluctué au cours des années, l'état d'esprit, lui, est bien resté le même...
En fin de compte, il faut bien admettre que l'authentique prédation silencieuse sur l'eau potable actuellement en cours en Europe est parfaitement cohérente avec la multiplication des « compteurs d'eau numériques » que l'on observe aujourd'hui à travers le continent... Car quelle utilité y aurait-il pour tout un chacun à suivre sa consommation d'eau en temps réel, à moins d'un renchérissement drastique du prix de celle-ci ?
Ainsi, notre consommation d'eau pourrait bien, un jour prochain, se voir fortement taxer à partir de certains seuils, comme le proposait, il y a plus de 15 ans déjà, le très-influent Peter Brabeck. Et comme le réclament aujourd'hui ouvertement le World Economic Forum et le Water Resources Group, auquel participe (comme on l'a vu) la Confédération suisse...

« Quand on lui demande si l'eau sera un jour plus chère que le pétrole, M. Chaussade [le directeur général de Suez] répond : « oui, probablement ». » (« L'eau va devenir plus chère que le pétrole« , Financial Times, mars 2017)
Mais les personnes privées ne sont évidemment pas les seules visées par les multinationales de l'eau en bouteille et leurs affidés de la sphère politique...
Consommation d'eau : l'agriculture et l'élevage dans le collimateur !
Car l'agriculture et l'élevage semblent bien, quant à eux, avoir été totalement exclus du « droit à l'eau » de l'ONU, celui-ci se résumant, comme nous venons de le voir, à « l'hydratation et l'hygiène » des individus. Un état de fait souligné par le « président émérite » de Nestlé Peter Brabeck, entretemps devenu président du World Economic Forum :
« [L']eau indispensable à l'hydratation et à l'hygiène ne représente qu'1,5% de l'eau utilisée par l'humanité. Pour préserver nos ressources, il est indispensable de donner de la valeur aux autres 98,5% qui servent notamment à remplir les piscines, laver les voitures, arroser les terrains de golf et surtout à l'agriculture. Laquelle, avec l'irrigation, représente 71% de la consommation totale. » ( Le « président émérite » de Nestlé Peter Brabeck, en juin 2018) 8
Ainsi donc, ce plaidoyer de Nestlé - qui met sur un pied d'égalité le fait d'arroser un champ ou un terrain de golfe, d'abreuver une vache ou de remplir sa piscine, est somme toute parfaitement logique.
Il s'agit en effet de réduire au strict minimum la consommation d'eau là où elle rapporte peu (agriculture, élevage, consommation des ménages modestes...), afin de l'offrir, dûment embouteillée, aux populations urbaines aisées de Chine, d'Inde, de la Péninsule arabique, etc.
L'on commence ainsi à comprendre comment, récemment encore, une intervenante un peu ahurie du World Economic Forum a pu comparer l'agriculture et l'élevage... à un « génocide », rien de moins !
Il est au demeurant tout à fait exact que l'agriculture traditionnelle peut aujourd'hui être largement remplacée notamment par des produits de synthèse (viande, lait et œufs synthétiques, etc.) et autres « produits à base d'insectes ». Des solutions à la fois plus rentables pour les investisseurs - et beaucoup moins gourmandes en eau !
Il suffit dès lors de ne pas trop se préoccuper de l'effet de ces productions sur la santé des populations appelées à les ingurgiter, pour comprendre leur époustouflant intérêt commercial.
BioTech: la commercialisation de la viande synthétique a déjà commencé ! Vincent Heldlilianeheldkhawam.com
C'est ainsi que l'eau pourrait finir par se voir rationner, dans nos contrées, au nom d'impératifs écologiques et autres « pénuries » plus ou moins inventées. Par exemple via l'introduction d'une taxation de plus en plus abrupte au-delà de certains seuils de consommation...

A l'occasion d'un début de mois de juin peu pluvieux, la télévision d'État suisse relançait sa propagande récurrente quant à de supposées pénuries d'eau à venir dans le pays. A partir du mois de juillet, la pluviométrie suisse redevenait excédentaire avec « de fortes précipitations » (d'ailleurs inhabituellement tenaces pour la saison), suivies par un automne spectaculairement pluvieux...



A ce propos, il serait d'ailleurs grand temps d'ouvrir enfin le débat sur les opérations de « pulvérisations aériennes » qui se déroulent juste au-dessus de nos têtes... Car ces épandages réputés non-existants - et pourtant largement confirmés par nombre de publications institutionnelles - sont notoirement susceptibles de causer des sécheresses plus ou moins localisées et plus ou moins durables ! Ou, à l'inverse, de fortes précipitations, tempêtes et autres « événements météorologiques extrêmes »...







