01/01/2026 reseauinternational.net  7min #300523

 Washington frappe l'État islamique au Nigeria : plusieurs morts

Trump bombarde trois pays pour Noël en faveur d'Israël

par Kevin Barrett

Aucun d'eux ne se trouve au Moyen-Orient. Préparez-vous à une année 2026 sanglante.

Donald Trump, le président soi-disant défenseur de «l'Amérique d'abord»,  a été élu par des électeurs exaspérés par les guerres absurdes, surtout celles menées par Israël. Cette semaine, il a trahi ces électeurs en offrant à Israël un cadeau de Noël : le bombardement de trois pays qu'Israël souhaitait voir bombardés. Curieusement, aucun de ces pays ne se situe au Moyen-Orient.

Le 24 décembre, veille de Noël, Trump a bombardé le Venezuela. Deux jours plus tard,  il a affirmé avoir bombardé un port vénézuélien et «neutralisé» une «importante installation» servant au «trafic de drogue». Ce dernier point n'est évidemment qu'un prétexte. Mais s'il a réellement bombardé un port, Trump vient de déclencher une guerre, et le Venezuela est parfaitement en droit de bombarder des ports américains, voire de couler des navires américains, en représailles.

Puis, le 25 décembre, jour de Noël, Trump a bombardé le Nigeria. Une fois de plus, il a avancé une excuse absurde : il prétendait sauver les chrétiens des persécutions des extrémistes musulmans. Mais les zones bombardées par Trump dans l'État de Sokoto, au Nigéria, ne comptent aucun chrétien, et les  autorités locales étaient déconcertées par ces bombardements, qui semblaient totalement aléatoires et absurdes. Selon  CNN, «les habitants du village de Jabo, touché par des débris de missile,  n'ont signalé aucune victime et ont affirmé qu'il n'y avait aucune activité de l'EI dans la région».

Le même jour de Noël, Trump a bombardé la Somalie, à 9656 kilomètres de là, à l'autre bout de l'Afrique. Une fois de plus, le prétexte absurde invoqué était «l'EI». Et comme pour l'attaque au Nigéria, les bombardements en Somalie étaient totalement inutiles : « Trump bombarde la Somalie sans le moindre résultat».

Du point de vue des intérêts géostratégiques américains, aucune raison valable ne justifie ces campagnes de bombardements étranges. Le Venezuela  a proposé de vendre son pétrole aux États-Unis à des conditions extrêmement avantageuses et n'est pas à l'origine du  fentanyl américain. Le Nigeria entretient des relations amicales avec les États-Unis, tout comme la Somalie, et dans ces deux pays,  l'«État islamique» est en grande partie une fiction créée par les États-Unis : l'argent des contribuables américains sert à recruter des mercenaires qui reçoivent l'ordre de hisser le drapeau de l'EI un jour, puis les drapeaux américain et israélien le lendemain, à l'instar du groupe «État islamique-Al-Qaïda»,  créé et soutenu par les États-Unis, qui contrôle actuellement la Syrie.

Dès lors, si les trois campagnes de bombardements de Noël de Trump n'ont aucun sens stratégique, quel était leur véritable objectif ? En un mot : Israël.

Ces campagnes de bombardements, prétendument menées contre l'EI en Afrique, sont en réalité des opérations de relations publiques pour le compte d'Israël, qui s'emploie activement depuis la  conférence JCIT de 1979 à créer l'illusion d'un ennemi civilisationnel «islamiste radical».  Le prince héritier d'Arabie saoudite a admis que tout le phénomène du terrorisme wahhabite «islamiste radical» avait été créé sur ordre des États-Unis (qui, eux-mêmes, étaient dirigés depuis Tel-Aviv). Aujourd'hui, alors que le visage hideux et génocidaire d'Israël est révélé au monde entier,  les Israéliens redoublent d'efforts dans leur stratégie d'instrumentalisation de l'islamophobie, car c'est plus facile que de se faire apprécier. Les bombardements insensés de Trump en Afrique renforcent l'illusion fabriquée de toutes pièces que les terrifiants épouvantails de Daech (que nous avons créés) s'apprêtent à vous anéantir.

Les bombardements en Somalie ont eu lieu au moment même où Trump diabolisait les Somaliens dans le Minnesota, et où  Israël venait de devenir le premier pays à soutenir les sécessionnistes du «Somaliland», une province sécessionniste de la Somalie. Israël tente de démembrer la Somalie et d'en annexer une partie dans l'espoir d'y installer une base militaire à la confluence de l'océan Indien et de la mer Rouge, l'un des points névralgiques de la géostratégie mondiale.  Toute la région, et même l'Asie occidentale et l'Afrique tout entières, sont unies contre ce projet de «Somaliland sioniste». Mais Trump, instrumentalisé par Israël, s'en prend à la Somalie dans l'espoir de concrétiser ce projet.

On comprend aisément pourquoi Israël souhaite que Trump instrumentalise et bombarde «Daech» en Afrique. Mais pourquoi bombarde-t-il le Venezuela ?

La réponse la plus probable : Israël voue une haine farouche au Venezuela et à la  gauche latino-américaine, unie pour la cause palestinienne. Or, le Venezuela joint le geste à la parole en entretenant des liens économiques, culturels et (prétendument) militaires étroits avec divers groupes de l'Axe de la Résistance au génocide sioniste. De ce fait, le gouvernement de Maduro est pris pour cible par Tel-Aviv.

À son crédit, Maduro, malgré les  importantes réductions qu'il accorde aux États-Unis sur le prix du pétrole, refuse de laisser Washington, sous influence sioniste, dicter sa politique étrangère. À l'instar de Saddam Hussein, Mouammar Kadhafi, Bachar el-Assad et, dans une certaine mesure, des dirigeants iraniens actuels, Maduro souhaite de bonnes relations avec les États-Unis, mais pas au prix de la trahison de la Palestine ou du sacrifice de sa souveraineté.

Il est facile de discerner les dirigeants américains fidèles aux États-Unis de ceux fidèles à Israël. Tous les dirigeants américains qui ont accepté sans réserve les propositions de Hussein, Kadhafi, al-Assad, de l'Iran et de Maduro, forgeant des relations mutuellement avantageuses tout en permettant à ces nations de s'opposer à Israël, sont loyaux envers les États-Unis. Et tous les dirigeants américains qui ont préféré l'hostilité dictée par les sionistes à une amitié mutuellement bénéfique avec ces pays sont des traîtres aux États-Unis. On peut supposer qu'ils sont victimes de chantage ou de corruption - probablement les deux - de la part des Israéliens.

Aujourd'hui, Thomas Massie est pratiquement le seul haut responsable américain loyal aux États-Unis. Étant donné que la majeure partie du gouvernement «américain» est sous influence - à commencer par le président qui se vante d'être à la solde d'Israël et  qui vient d'offrir son soutien à Netanyahou pour une nouvelle guerre d'envergure contre l'Iran - il faut s'attendre à ce que 2026 soit marquée par de nouveaux bains de sang insensés et absurdes, gaspillant le sang et les ressources américaines dans des efforts vains pour sauver les sionistes génocidaires des conséquences de leur folie maligne.

source :  Kevin Barrett via  Marie-Claire Tellier

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