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Stéphanie Rist, ministre française de la Santé.
Les médecins libéraux vont protester contre certaines dispositions du budget de la Sécurité sociale, l'accusant de mettre en danger leur « liberté d'exercice ». Face à la mobilisation qui s'annonce très large, la ministre de la Santé n'a pas exclu de réquisitionner des médecins pour garantir des soins aux concitoyens.
Les médecins de ville et les cliniques entament un mouvement de grève pour une durée prévue de dix jours, dès le 5 janvier, en signe de protestation contre les mesures qui les concernent dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2026 et « des politiques qui les piétinent ». La fermeture des cabinets, l'arrêt des blocs opératoires et des manifestations dans toute la France, le caractère « massif » de la protestation, espéré par les syndicats médicaux, risque d'avoir des répercussions au sein de l'hôpital public. Selon le syndicat de la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF), le « mouvement sera excessivement suivi », annonçant que 85 % de ses adhérents avaient fait part de leur intention de participer à la grève.
Les mesures contestées du budget de la Sécurité sociale 2026
Les organisations professionnelles de médecins pointent des politiques qui « mettent en danger » leur « liberté d'exercice », avec notamment le contrôle renforcé des prescriptions d'arrêts de travail ainsi que des mécanismes permettant aux pouvoirs publics de réduire « de façon autoritaire » les tarifs de certains actes, en « contournant », selon elles, le dialogue social, rapporte l'AFP. Des textes en cours d'examen à l'Assemblée nationale suscitent également les craintes des médecins qui appréhendent la restriction de leur liberté d'installation.
80 % des blocs opératoires privés à l'arrêt
Les médecins libéraux prévoient des protestations diverses allant de la réduction des activités, avant leur arrêt total dès le 10 janvier. Une grande manifestation à Paris est aussi prévue, ainsi qu'un « exil » symbolique à Bruxelles, organisé par le syndicat Le Bloc, qui devrait réunir plus de 2 000 médecins, chirurgiens, gynécologues obstétriciens et anesthésistes réanimateurs. Lamine Gharbi, président de la Fédération de l'hospitalisation privée (FHP), estime pour sa part « 80 % des blocs opératoires » seront arrêtés dans les cliniques.
L'hôpital public risque de subir les conséquences de ce mouvement social, notamment après l'annonce de la FHP, qui dénonce le gel des tarifs des prises en charge hospitalières malgré l'inflation, de sa décision de maintenir les soins de patients déjà hospitalisés tout en transférant vers l'hôpital public les personnes arrivant aux urgences ou à la maternité, sauf urgences vitales, d'où les craintes accrues d'une tension supplémentaire pour l'hôpital public, déjà éprouvé par un pic d'épidémies hivernales, selon la presse locale.
Permanence des soins et « réquisitions » prévues par la ministre de la Santé
À la veille du mouvement de grève, la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a expliqué dans un entretien à La République du Centre, publié ce 4 janvier, qu'elle avait pris depuis plusieurs jours « des mesures pour organiser la permanence des soins avec les agences régionales de santé, les établissements, les professionnels eux-mêmes pour que nos concitoyens ne soient pas en danger pendant cette mobilisation ». Elle a également évoqué la possibilité de recourir « aux réquisitions, en cas de besoin », affirmant prendre ses « responsabilités pour que nos concitoyens puissent être soignés, tout en respectant la possibilité de faire grève pour les professionnels ».