09/01/2026 ssofidelis.substack.com  5min #301347

 Groenland : la nomination d'un émissaire américain provoque la colère de Copenhague

L'Europe s'inquiète d'une potentielle intervention américaine au Groenland

Illustration du Groenland publiée sur X © Katie Miller

Par  Ana Vračar, le 9 janvier 2026

Les dirigeants européens ne se sont guère attardés sur la question de la souveraineté du Venezuela.

Les premiers ministres et chanceliers de toute l'Europe semblent  de plus en plus inquiets à la perspective d'une annexion du Groenland par les États-Unis, après les récentes déclarations du président américain  Donald Trump sur le rôle de ce territoire pour la sécurité nationale et internationale - ce qui, selon beaucoup, n'est qu'un euphémisme pour désigner les intérêts stratégiques états-uniens.

Ces derniers jours, une série de déclarations anxieuses ont été publiées, alors que la plupart de ces mêmes dirigeants ont remarquablement ignoré les attaques illégales des États-Unis contre le Venezuela. "L'annexion d'un autre pays, même au nom de la sécurité internationale, est inacceptable", a déclaré la Première ministre danoise  Mette Frederiksen (à propos du Groenland, et non du Venezuela). Le Premier ministre groenlandais,  Jens-Frederik Nielsen, a lui aussi déclaré :

"Notre pays ne peut pas être annexé ou envahi simplement parce que l'envie en prend quelqu'un.

"À cet égard, le soutien de nos alliés européens de l'OTAN est primordial", a également  déclaré M. Nielsen. "Le message est clair : l'intégrité territoriale, la souveraineté et les règles internationales continuent de s'appliquer et doivent être respectées".

Notons toutefois que les  dirigeants européens ne se sont guère attardés sur la souveraineté des États dans leurs commentaires sur l' attaque américaine contre Caracas et l'enlèvement du président Nicolás Maduro.

Les remarques de M. Nielsen font référence à une  déclaration commune de soutien attribuée aux chefs de gouvernement des principaux États membres de l'UE, dont l'Italie, l'Espagne, la Pologne, l'Allemagne et le Royaume-Uni. La déclaration en question omet toutefois de mentionner explicitement les actions du président Trump comme source de préoccupation régionale. Elle ne suggère en aucune façon que les responsables européens auraient tiré le moindre enseignement des récentes agressions américaines contre l'Amérique latine. Elle traduit plutôt la persistance de la croyance selon laquelle un partenariat équitable est possible entre l'Europe et les États-Unis. Outre cette idée absurde, certaines déclarations reflètent également ce qui semble une conviction très dépassée d'après laquelle les territoires européens compteraient davantage et seraient plus respectés que les autres.

"Lorsque le président des États-Unis dit qu'il a 'besoin du Groenland' et nous assimile au Venezuela et à une intervention militaire, non seulement c'est faux, mais c'est surtout irrespectueux", a  déclaré Nielsen.

Ces protestations surviennent alors que Trump a maintes fois ouvertement rabaissé, voire  humilié, ses homologues européens, sans susciter de réaction significative.

"Comment Trump peut-il craindre des interlocuteurs qui n'osent même pas le désigner comme étant le problème ?",

a récemment demandé  Jean-Luc Mélenchon.

Des personnalités de gauche, dont Mélenchon, ont rapidement établi le lien entre les attaques américaines en Amérique latine et l'absence de réaction de l'Europe.

"Encouragé par l'inaction de la communauté internationale après son opération militaire illégale au Venezuela, le président américain donne désormais libre cours à ses ambitions impérialistes", a écrit la députée européenne française  Emma Fourreau sur les réseaux sociaux. "Derrière le prétexte de la sécurité nationale se cache un projet colonial et productiviste. Comme pour le pétrole vénézuélien, les États-Unis veulent mettre la main sur les ressources minières du Groenland, en particulier les terres rares".

"Si l'Europe pratique le droit international à géométrie variable, sanctionnant ses rivaux et ménageant ses alliés, elle se prive de son seul rempart contre les agressions extérieures",

a averti  Peter Mertens, secrétaire général du Parti des travailleurs de Belgique (PTB-PVDA).

"Le résultat est prévisible : encore plus de chantage, de sanctions et de violence dans les pratiques de négociation. Le Groenland est la prochaine victime annoncée de cette soumission".

Traduit par  Spirit of Free Speech

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