09/01/2026 europalestine.com  2min #301361

L'image d'Israël est désastreuse : à qui la faute ?

Un restaurant israélien, figurant dans le Top 10 des guides de Lisbonne, met la clé sous la porte, sous l'effet d'un boycott généralisé de clients dégoûtés par cet établissement, représentant assumé d'Israël dans la capitale du Portugal.

Ses deux propriétaires, Itamar Eliyahuo et Elad Bodenstein, avaient eu l'impudence de nommer leur resto « Tantura », ce village palestinien théâtre de l'un des plus monstrueux massacres commis par l'armée sioniste pendant la Nakba de 1948.

« Nous, on avait choisi de l'appeler Tantura, parce que c'est sur cette plage que nous sommes tombés amoureux l'un de l'autre et avons choisi de nous marier. On n'était pas au courant des événements de 1948 », se justifient les deux hommes auprès de Haaretz.

La méconnaissance, coupable, des origines de la nourriture qu'ils servaient à leur clientèle au titre de la « gastronomie israélienne » en dit également long sur la mentalité coloniale des gérants.

« Tantura » vantait ainsi son Houmous (mot arabe signifiant « pois chiche »), sa Chakchouka (plat d'origine maghrébine), ou encore ses Samboussek (des chaussons farcis à la viande, qu'on retrouve un peu partout au Proche et Moyen-Orient) !

Mais avec le génocide de Gaza à partir d'octobre 2023, la roue de la fortune a commencé à tourner : appels de la campagne BDS, manifestations à l'entrée du restaurant, graffiti sur les vitres, etc.

La clientèle a alors fondu comme neige au soleil, à mesure que le bilan du génocide s'est alourdi : « Nous faisions environ 120 couverts par jour, à peine plus de 20 maintenant », confesse la direction de « Tantura ».

La présence au Portugal d'un certain nombre d'émigrés israéliens (le plus souvent, des gens qui ont pu ces dernières années acquérir la nationalité portugaise en produisant des certificats, authentiques ou bidons, attestant la présence dans le pays d'ancêtres juifs massacrés ou expulsés par l'Inquisition catholique il y a 500 ans !) n'a été d'aucun secours, se lamentent Bodenstein et Eliyahuo. «Ces gens ne sont pas chauds, eux non plus, pour être associés à Israël », confessent-ils.

Un ami du couple leur a suggéré, lors de leur descente aux enfers, d'afficher dans le restaurant une affichette disant qu'ils « n'approuvaient pas » la guerre de Gaza, histoire de tenter d'inverser le courant de désaffection. Mais refus des intéressés : « On veut bien changer notre enseigne, et ne plus s'appeler Tantura, mais pas question de renoncer à notre identité ». Tant pis pour eux.

CAPJPO-EuroPalestine

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