
Par Finian Cunningham, le 10 janvier 2026
Les médias occidentaux font ce qu'ils savent si bien faire : minimiser et couvrir l'agression criminelle des États-Unis.
L'attaque militaire manifestement illégale de Trump contre le Venezuela, le kidnapping de son président, le meurtre de ressortissants étrangers et le vol des immenses ressources pétrolières du pays ne sont pas dénoncés pour ce qu'ils sont réellement, à savoir l'enchaînement de crimes graves. Cette agression perpétrée par les États-Unis correspond à la norme de Nuremberg du "crime suprême".
Pourtant, les médias américains et européens, contrôlés par les grandes entreprises, ne rapportent et ne commentent pas ces faits. La BBC britannique a même interdit à ses journalistes d'utiliser le terme "enlèvement".
Illustration © SCF
Au lieu de condamner fermement les multiples violations de la Charte des Nations unies et du droit international par Trump, les médias occidentaux tentent de faire diversion en diffamant grossièrement la Russie et la Chine.
Le New York Times, prétendu journal de référence américain, a déclaré :
"L'audacieux raid nocturne du président Trump au Venezuela a envoyé le message suivant : si vous êtes assez puissant, vous pouvez attaquer un pays, renverser son dirigeant et peut-être accéder aux ressources que vous convoitez. Les dirigeants de la Chine et de la Russie, qui partagent depuis longtemps une vision du monde fondée sur des sphères d'influence dominées par les grandes puissances, en tireront leurs propres conclusions".
Quid de la diversion de l'attention du public ? Les États-Unis viennent de commettre des crimes de guerre et de bafouer l'ordre international de la manière la plus flagrante qui soit, et pourtant le New York Times cherche à focaliser l'attention sur ce que la Russie et la Chine pourraient supposément entreprendre.
Le Daily Beast et le Guardian ont tous deux utilisé l'expression
"la poutinisation de la politique étrangère américaine".
Ils affirment que Trump "imite" désormais le président russe Vladimir Poutine.
Ces médias occidentaux tentent de minimiser l'ampleur des crimes commis par les États-Unis en établissant une pseudo-équivalence avec la Russie et la Chine.
Selon cette hypothèse, Trump imiterait Poutine en Ukraine, tandis que Xi Jinping se préparerait à envahir Taïwan.
Moscou et Pékin réfutent toutefois cette distorsion, condamnant avec virulence l'agression américaine envers le Venezuela et la violation de la Charte des Nations unies.
En réalité, si Trump imite quelqu'un, ce sont tous les anciens présidents américains. Tous ont en effet envahi à plusieurs reprises des pays d'Amérique latine et du monde entier pour faire tomber des gouvernements et s'emparer de leurs ressources naturelles.
Le casier judiciaire des États-Unis surpasse de loin celui de toutes les autres nations. Depuis la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis ont engagé des opérations de changement de régime dans pas moins de 100 pays étrangers et mené d'innombrables guerres illégales et conflits par procuration sur tous les continents.
Au cours des huit dernières décennies de cet "exceptionnalisme américain" marqué par le chaos et la barbarie, les médias occidentaux ont dissimulé ces crimes en propageant des prétextes tels que la guerre froide, la défense du monde libre contre le communisme, la protection des droits de l'homme, la promotion de la démocratie, l'élimination des armes de destruction massive, etc.
Le prélude à cette dernière agression contre le Venezuela s'est traduit par cinq mois de propagande colportée par les médias américains et occidentaux pour blanchir les allégations absurdes de Trump concernant la lutte contre le narcoterrorisme. Maintenant que l'agression criminelle a eu lieu, la propagande de guerre sans le moindre fondement a été abandonnée, tandis que Trump se vante haut et fort de prendre le contrôle de l'industrie pétrolière du pays.
L'impérialisme flagrant des États-Unis est désormais exposé aux yeux du monde entier. Mais au lieu de crier que l'empereur est nu, les médias occidentaux collabos doivent détourner l'attention de leur propre complicité propagandiste en affirmant que Trump imite Poutine et Xi, ou que la Russie et la Chine se féliciteraient de la perspective d'avoir les mains libres dans leurs "sphères d'influence".
Une pure invention des médias occidentaux. La Russie est impliquée en Ukraine en raison d'une guerre par procuration que le bloc de l'OTAN, dirigé par les États-Unis, provoque depuis des décennies. Quant à la Chine, Taïwan fait partie intégrante de son territoire en vertu du droit international. Les tensions ont été attisées par l'ingérence incessante des États-Unis dans les affaires intérieures de la Chine, notamment par la vente massive d'armes à Taïwan.
Moscou et Pékin ont maintes fois plaidé en faveur du respect de la Charte des Nations unies et d'un ordre mondial multipolaire pacifique, fondé sur le respect du droit international.
Ce sont les États-Unis et leurs partenaires occidentaux serviles qui ont corrompu le droit international et semé le chaos en poursuivant leurs objectifs impérialistes et en violant la souveraineté de divers pays à leur guise.
Trump n'est pas différent des autres présidents américains par sa présomption que la force fait le droit et son recours à la diplomatie de la canonnière. Les présidents précédents étaient politiquement contraints de recourir à des prétextes hypocrites pour dissimuler leurs crimes. Les médias occidentaux, en tant que système de propagande contrôlé, se sont toujours pliés à cette obligation en colportant des récits mensongers.
Trump s'empresse d'ouvrir la voie à la barbarie et de se passer d'excuses futiles. C'est la violence impérialiste à l'état pur. Les médias asservis sont dans une impasse. La triste vérité saute aux yeux. Mais ils ne sont pas en mesure de la rapporter. Ils ont donc recours à leurs petits tours de passe-passe pour dissimuler leur abjecte complicité en dénigrant la Russie et la Chine.
Traduit par Spirit of Free Speech
* Finian Cunningham est coauteur de Killing Democracy: Western Imperialism's Legacy of Regime Change and Media Manipulation.