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L'établissement de Crans-Montana où s'est produit le drame, sous la neige en janvier 2026.
Douze jours après l'incendie meurtrier du bar «Le Constellation» à Crans-Montana, qui a fait 40 morts et 116 blessés, l'enquête se concentre sur les propriétaires français Jacques et Jessica Moretti. Le premier reste en détention provisoire, tandis que des zones d'ombre persistent autour de certaines victimes.
Bientôt deux semaines après le drame qui a endeuillé la station suisse de Crans-Montana, les investigations avancent, focalisées sur les négligences potentielles ayant conduit à l'embrasement rapide du bar « Le Constellation ». L'enquête pénale met notamment en lumière le rôle des gérants et les failles de sécurité.
Les propriétaires au cœur des suspicions
Jacques Moretti, 52 ans, a été placé en détention provisoire le 9 janvier par le parquet valaisan, qui craint un risque de fuite en raison de son parcours judiciaire et de ses liens à l'étranger.
Condamné en 2008 pour proxénétisme aggravé en France, il a été auditionné plus de six heures à Sion, aux côtés de son épouse Jessica. Celle-ci, libérée sans charge immédiate, s'est exprimée publiquement : « Mes pensées constantes vont vers les victimes et les gens qui se battent aujourd'hui. C'était une tragédie inimaginable. » Des internautes sur X ont relevé qu'elle avait répété mot pour mot son discours à deux reprises, évoquant son passé d'actrice dans la série française « Petits secrets entre voisins ».
Jessica Moretti, originaire de la Côte d'Azur, a également posé en 2012 à Cannes aux côtés de Sacha Baron Cohen pour la promotion de The Dictator, ajoutant une coloration « people » au drame.
EN IMAGES - Bien que soupçonnée au même titre que son mari « d'homicide par négligence, de lésions corporelles par négligence et d'incendie par négligence », Jessica Moretti a été remise en liberté ce vendredi 9 janvier par la justice Suisse.... t.co- Paris Match (@ParisMatch) January 10, 2026
L'enquête révèle des antécédents troubles pour le couple : en 2020, ils ont été soupçonnés d'avoir utilisé des fonds Covid pour acheter une Maserati, une affaire classée après présentation de justificatifs.
Les soupçons portent sur des accusations d'homicide par négligence, de lésions corporelles et d'incendie par négligence. Alors que le départ du feu est lié à des « fontaines » pyrotechniques, des questions subsistent sur les matériaux isolants, notamment la mousse au plafond, potentiellement inflammable. L'atmosphère entourant l'enquête apparaît opaque, avec notamment la suppression de preuves et l'absence de contrôles de l'établissement pendant 5 ans.
La publication indépendante L'Antipress, dirigée par l'essayiste Slobodan Despot, s'est largement fait l'écho des interrogations autour de cette affaire, susceptible de prendre une dimension politico-judiciaire dans le canton suisse du Valais.
Ce dimanche dans l'Antipresse 528: notre point de vue sur la tragédie de Crans-Montana. t.co pic.twitter.com/hdyJh3mjEP- Antipresse (@antipresse_net) January 10, 2026
Par ailleurs, la caricature de Charlie Hebdo intitulée « Les brûlés font du ski », en référence au film mythique Les Bronzés font du ski, a suscité l'indignation, conduisant au dépôt d'une plainte pénale en Valais pour atteinte à la dignité humaine.
Le dessin du jour, par #Salch pic.twitter.com/YbmVqpO3X2- Charlie Hebdo (@Charlie_Hebdo_) January 9, 2026
En France, la préfecture de Savoie a intensifié les contrôles de sécurité dans les établissements festifs, avec 47 inspections programmées en janvier.
La justice italienne a, de son côté, ouvert une enquête criminelle parallèle concernant six victimes italiennes. Tandis que la décision sur le maintien en détention de Jacques Moretti est attendue ce 12 janvier, les entreprises spécialisées en sécurité incendie dans le Valais font face à un afflux de demandes, signe d'une prise de conscience accrue.
Enfin, en sus de l'enquête pénale, un mystère entoure la mort du jeune golfeur italien Emanuele Galeppini, 16 ans : son corps, intact et sans brûlures apparentes, a été retrouvé sans qu'une autopsie ou une cause officielle du décès ne soit communiquée, tandis que sa famille réclame des explications.