18/01/2026 dedefensa.org  10min #302136

 The Duran: Regime Change Escalator w/ Robert Barnes

Orechnik'-chaos dans la basse-cour

 Journal dde.crisis de Philippe Grasset  

18 janvier 2026 (09H50) - Mercouris et Christoforou s'en sont payés une bonne  avant-hier : le commentaire par Mercouris avec un excellent renvoi de balle de Christoforou du discours aux ambassadeurs de Poutine. Les deux compères ont bien ri de ce que peut et doit être la réaction des Européens qui roulent des mécaniques depuis quatre ans aux frais du sang des Ukrainiens et qui sont soudain forcés de regarder la réalité, - lav réalité qui se nomme 'Orechnik', on y reviendra plus loin....

... Car, dit Mercouris, l'homme encyclopédique qui décortique avec une loupe les discours qui importent, - les médias de la presseSystème ont fait dire à Poutine le dixième faussaire de ce qu'il a vraiment dit. Mais les grands, dans leurs chancelleries, vont finir par comprendre ce dont il s'agit. Ce n'est pas du tout rassurant et nous pouvons anticiper la profondeur abyssale de leur réaction paniquarde.

Qu'a dit Poutine, selon Mercouris ? Trois choses principalement :

• D'abord, une longue critique de la politique des USA/de Trump : l'unilatéralisme, les actions brutales contre le Venezuela, l'Iran, etc., bref l'irrespect complet des lois internationales.

• Ensuite, la réaffirmation extrêmement insistante que Cuba est un allié effectif de la Russie et que la Russie s'engage à soutenir ce pays en cas de contrainte exercée sur lui, notamment et essentiellement par les USA. Poutine a été très insistant, comme s'il disait (en référence à l'Iran qui a refusé à plusieurs reprises l'aide de la Russie) : "S'il vous plaît, laissez-nous vous aider, économiquement, sanitairement, militairement".

• Enfin, et de loin la chose la plus importante : la crise et la guerre en Ukraine ont été déclenchés directement par l'élargissement de l'OTAN jusqu'aux frontières de l'Ukraine. En un sens, qui soit être un appel au bon sens et au bon sens triomphant, on ne peut espérer un complet rétablissement de l'équilibre et de l'apaisement qu'en repliant toutes les forces de l'OTAN en-deça des limites de 1998 de l'Alliance. Il faut complètement redessiner la géographie de la sécurité européenne.

Avant que le téléspectateur comme moi par exemple, ait exprimé leur complet scepticisme devant cette demande, Mercouris-Christoforou en convinrent catégoriquement à la vitesse de l'éclair, disant à peu près,

« ...et Poutine, et les Russes le savent bien également. Aucune chance que le Congrès, le DeepState, le Complexe Militaro-industriel, les neocon, la presse mainstream acceptent cela. Alors Poutine, préemptant cette évidente réaction, constatant : "Alors, la guerre se réglera par les armes". »

Un durcissement impitoyable

Poutine avait disparu depuis deux-trois semaines. Même le Noël orthodoxe ne justifie pas cela, dans le monde tourbillonnant où nous vivons. Mercouris avança l'hypothèse, au début de l'année, que cette absence signifiait sans doute que la direction russe étudiait une modification de la politique et de la stratégie russes en Ukraine et vis-à-vis de l'Occident-collectif. Selon lui, c'est chose faite et c'est un durcissement spectaculaire.

Il estime effectivement que les journalistes conformistes occidentaux, continuant à vivre dans leur rêve auto-entretenu d'une Russie faible et exsangue, n'ont retenu de l'intervention de Poutine que la volonté du Russe d'arrêter la guerre. Certains ont même vu  une coordination entre le discours de Poutine et le virage à 180° de Merz, comme s'il s'agissait de deux nouveaux-ex-partenaires incapables de se départager sur le champ de bataille et concluant à égalité à la nécessité de s'entendre. Quand on tient un simulacre, on ne le lâche pas.

Voyons les paroles de Poutine et observons l'opération de transfert destinée à ceux qui veulent donner des "garanties de sécurité" à une Ukraine au bord de la disparition ; ce que  veut Poutine, lui, ce sont des "garanties de sécurité" pour la Russie, et le retrait de l'OTAN fait l'affaire :

« S'exprimant jeudi au Kremlin lors de la réception des nouveaux ambassadeurs étrangers, Vladimir Poutine a déclaré que la Russie "est prête à rétablir le niveau de relations qu'elle souhaite" avec l'Europe.

» "On aimerait croire qu'avec le temps, la situation évoluera et que nos États renoueront avec un dialogue normal et constructif", a-t-il affirmé, tout en précisant que cela ne se produirait que si "le respect des intérêts nationaux [de la Russie] et la prise en compte de ses préoccupations légitimes en matière de sécurité" étaient assurés. »

Et les Européens, dans cette occurrence telle que  l'interprètent Mercouris-Christoforou, ont commencé à comprendre dans quelle situation ils se trouvent avec un Trump passionné par le Groenland bien plus que par l'Ukraine :

« Les Européens ont probablement entendu ces histoires selon lesquelles les Russes proposent une renégociation de l'architecture de sécurité de l'Europe, démontrant leur puissance militaire avec l'Orechnik, ce qui a clairement beaucoup inquiété les Européens. La tendance des événements en Ukraine devient de plus en plus claire. L'Europe est incapable même de régler correctement ce prêt de 90 milliards d'euros dont nous avons parlé et les Américains sont de plus en plus frustrés et pensent de plus en plus à eux-mêmes pour venir au Groenland et humilier le Danemark.

» On commence à voir les Européens se dire : "Mon Dieu, où sont-ils [les Américains]  ? Que pouvons-nous faire ? Il est temps d'entamer le dialogue avec les Russes." Meloni le dit. Euh... Macron le dit aussi.... maintenant, c'est incroyable. Même Friedrich Merz a fait les premiers commentaires, ce qui laisse penser qu'en Allemagne, la réalité commence à se faire jour. Il découvre que la Russie est un pays européen ! »

C'est donc l'interprétation de Mercouris et elle nous semble, elle me semble tout à fait juste parce qu'elle s'appuie sur une interprétation juste de la vraie-réalité poursuivie par nos deux compères depuis le début du conflit. Christoforou remarque que les Européens, s'ils veulent sauver les meubles et tenter désespérément d'empêcher les Russes d'atteindre leur objectif qui est Odessa bien plus que Kiev, et de là dicter leurs conditions d'une façon claire, doivent accepter "Istamboul +" et le proposer à Poutine. Mercouris accepte l'hypothèse mais observe que, si Poutine accepterait peut-être bien selon ses tendances tactiquement arrangeantes, son aile dure qui est devenue fortement majoritaire l'obligerait à refuser pour poursuivre le but d'une Europe redessinée pour que la Russie obtiennent la satisfaction de « ses préoccupations légitimes en matière de sécurité ».

Ainsi en serions-nous au résultat prévisible et absolument repoussé et haï par ces étranges dirigeants européens : durcir la Russie avec toute sa force. Aujourd'hui, s'ils accomplissaient leur vœu naïf, - se débarrasser de Poutine, - ils auraient Medvedev... Ambiance et bonne chance.

Comment expliquer un tel aveuglement volontaire ? C'est quasiment du La Boétie inverti quant à l'objet de son sujet passant des foules aux dirigeants de ces foules, changeant "servitude" par "aveuglement" ou "stupidité" (les deux s'équivalent), ce qui est bien plus grave, - et cela demande beaucoup d'intuition psychologique et de considération pour le système de la communication,. En attendant, on s'attarde à la cause directe de ce tournant européen selon la thèse de Mercouris-Christoforou, que je crois pouvoir expliquer par le pouvoir quasiment magique d'une quincaillerie, qu'on trouve dans le même domaine de la métapolitique que le La Boétie-inverti.

Un petit appendice rassurant pour la bêtise occidentaliste et anglo-saxonne ? Seuls les Britanniques, selon leur tradition du "splendid isolationnism", font bande à part. La secrétaire au Foreign Office, madame Cooper, - « une spécialiste des finances intérieures, apparatchik du Labour, sans aucune expérience internationale », - constate amèrement Mercouris qui demande qu'on excuse son pays, -  a annoncé qu'évidemment Londres ne suivaient pas les défaitistes européens. C'est la bureaucratie du Foreign Office, nourrie au lait du MI6 et vivant aux temps de la Reine Victoria et de la Bataille d'Angleterre combinés, qui en a décidé ainsi... Sic transit gloria mundi.

La magie métahistorique/métapolitique d''Orechnik'

La plupart des stratèges et généraux occidentaux, du Pentagone aux plateaux de LCI, ont été frappés, statufiés, effarés par les effets du missile IRBM hypersonique 'Orechnik' tiré au début janvier 2026, sans charge nucléaire ni même conventionnelle, - ce fut la bête brute toute seule, dans sa fureur déchaînée à Mach 10 et chauffée à 4 000-5 000 degrés centigrades. Je crois, - j'avance cette hypothèse, - que même les Russes ont été stupéfaits par l'extraordinaire ampleur des dégâts "extrêmement propres" (complètement limités à l'objectif précis), et par l'effet encore plus extraordinaire de communication (affectant la psychologie) des Occidentaux-compulsifs découvrant cette réalité.

Il n'y eut aucune protestation importante (sauf le Pentagone : ce n'est pas aux vieux singes maladroits qu'on tente d'apprendre les grimaces signifiantes), aucune dénonciation  affectiviste et larmoyante de la "barbarie russe" ; rien que ce choc terrorisant, stupéfiant, imposant la panique ou le silence effaré. Il faut se rappeler qu'au début de l'Opération Militaire Spéciale (OMS), quand les choses n'allaient pas très bien pour les Russes et qu'on fantasmait sur leur utilisation du nucléaire, certains en Russie suggérèrent un tir nucléaire "pour rien", en démonstration dans une région arctique inhabitée (une solution, la démonstration, qu'avaient suggérée en 1945 certains adversaires US de l'utilisation de la bombe atomique), pour montrer ce que les Russes n'hésiteraient effectivement pas à faire en cas de danger extrême.

La suggestion fut repoussée parce que la situation n'était pas désespérée à ce point et que l'effet de communication serait sans aucun doute désastreux pour la Russie dans le monde entier, y compris le Sud global. 'Orechnik' est tout à fait différent, à un point dont même les Russes n'imaginaient pas les effets. 'Orechnik' est bien de notre monde, sans cette brutalité aveugle et apocalyptique couronnée d'un poison mortel enfanté par le Diable. C'est de la ferraille pur jus, avec quelques arrangements habiles et une technologie qui laisse ébahie Silicon Valley. Pas une seule récrimination des pleureuses du Système, simplement un silence stupéfié illustré par la fleurette habituelle du gamin-Macron annonçant qu'ils allaient en faire un pareille, les Européens menés par lui, pour Kaja Kallas lorsqu'elle aura dessoulé, dans les 15-20 ans à venir.

Ainsi se dessine mon hypothèse : l'essence transcendante jusqu'à la magie de cette chose nommée 'Orechnik' ; et justement ce deuxième tir, purement opérationnel, en fait attendu par tous pour voir de quel bois l'on se chauffe. Au moment opportun, justifié opportunément par un acte à mesure (l'attaque contre la résidence de Poutine), alors que les conscience commençant à s'éveiller sont mûres. L'effet est une détonation nucléaire d'une centaine de mégatonnes dans le champ de la communication qui dirige le monde aujourd'hui. Et l'on commence à chuchoter que les objectifs seraient d'abord Londres et Berlin, - mais non, pas Berlin puisque Merz a fait comme von Paulus à Stalingrad...

Mais non (suite), ne prenez pas cela comme une analyse objective disant la vérité car nous sommes dans les temps de la postvérité... Tout comme l'analyse des deux compères Mercouris-Christoforou. Prenez-les comme une tentative de débusquer une " vérité-de-situation" qui est enfant de la Vérité qui nous a désertés, pour nous sortir du  déterminisme-narrativiste dont notre belle modernité soignant sa stupidité maléfique sans limite, a accouché.

Ainsi suis-amené à convier nos lecteurs à envisager l'interprétation que cette  chose terrible qu'est 'Orechnik', faite d'une matière brûlante et filant comme l'éclair, plus matérialiste qu'on puisse imaginer, se dote d'une essence et devient le temps d'un éclair essentiel et d'une flamme différente pour notre destin, d'une essence métahistorique bien entendu, et ainsi élevé au rang d'un outil décisif des dieux. Ainsi la Matière majusculé pour l'occasion du simulacre, sorte d'icône sortie du Mordor qu'encensent nos nihilistes, devient-elle en abandonnant sa majuscule, sans tambour ni trompette sinon un bruit de tonnerre, en un instant et pour un instant, une actrice à part entière de la Vérité qui a déserté notre monde catastrophique.

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