18/01/2026 francais.rt.com  3min #302189

 Groenland : la nomination d'un émissaire américain provoque la colère de Copenhague

Les États-Unis pourraient s'emparer de la capitale du Groenland en moins d'une demi-heure

Source: Gettyimages.ru

[Photo d'illustration]

Selon le chercheur russe Nikita Lipounov, l'intérêt de Donald Trump pour le Groenland s'explique par des calculs stratégiques, économiques et personnels. L'expert estime qu'en cas de recours à la force, les États-Unis pourraient prendre le contrôle de la capitale groenlandaise en moins d'une demi-heure, au prix d'un choc politique pour l'OTAN.

Pourquoi le président américain Donald Trump accorde-t-il une importance si particulière au Groenland ? Cette question a été analysée par Nikita Lipounov, chercheur russe à l'Institut d'études internationales du MGIMO, dans une interview accordée à RTVI.

Selon l'expert, l'intérêt de Washington s'explique d'abord par la position stratégique de l'île. Le long de sa façade sud passent des voies de communication essentielles entre l'Europe et l'Amérique du Nord, dont l'importance augmente avec l'ouverture progressive de nouvelles routes arctiques liée au changement climatique. Le sud-est du Groenland accueille, en outre, la zone entre les îles Féroé et l'Islande, un élément clé de la défense de l'OTAN dans l'Atlantique Nord.

À ces facteurs s'ajoute la richesse exceptionnelle du sous-sol groenlandais, notamment en métaux rares, aujourd'hui au cœur d'une concurrence mondiale accrue.

L'obsession personnelle de Donald Trump pour le Groenland relève, selon l'analyste, de sa vision entrepreneuriale. Homme d'affaires avant d'être homme politique, le président américain considère l'île comme un actif précieux mal géré, qu'il conviendrait d'acquérir plutôt que de louer. Trump l'a lui-même affirmé : seule la propriété garantirait durablement les intérêts américains, les accords ou la location lui paraissant peu fiables. Dans le même temps, cette logique s'inscrirait aussi dans la volonté de Trump d'entrer dans l'histoire par une expansion territoriale des États-Unis.

Sur le plan militaire, Nikita Lipounov rappelle que la défense du Groenland relève juridiquement du Danemark, mais repose de facto sur les États-Unis depuis 1951. Dans l'hypothèse d'un recours à la force, l'expert souligne que l'opération serait techniquement rapide. Selon des estimations danoises qu'il cite, la prise de la capitale groenlandaise pourrait être réalisée en moins d'une demi-heure avec un contingent très réduit. Mais les conséquences politiques seraient, selon lui, considérables : un choc interne majeur pour l'OTAN et un coût réputationnel élevé pour Washington, rendant ce scénario hautement risqué.

À la lumière des évolutions actuelles dans le domaine des relations internationales, la rédactrice en chef du groupe médiatique Rossiya Segodnia et de la chaîne RT, Margarita Simonian, a également présenté son interprétation de la figure de Donald Trump, le comparant à plusieurs anciens présidents des États-Unis.

« Trump n'est pas Reagan. Il n'est pas Kennedy. Trump, avec ses ambitions de défier le statu quo et de créer quelque chose de nouveau, ressemble à Lincoln. Je ne sais pas s'il réussira ou non. Est-ce que c'est bon pour les Américains ? Pour les Américains, oui, bien sûr. Est-ce que c'est bon pour le reste du monde ? Pas vraiment. Car chaque fois que quelque chose est bon pour l'un, c'est mauvais pour l'autre. Quand le loup est rassasié, l'agneau est mort. Et quand l'agneau est vivant, le loup a faim », a-t-elle notamment observé.

 francais.rt.com