
par Caitlin Johnstone
Une Australienne handicapée mentale est poursuivie pour incitation à la haine antisémite après avoir accidentellement composé le numéro d'une nutritionniste juive. Le message vocal laissé sur sa messagerie était vide, ce qui a provoqué chez cette dernière une «peur et une nervosité immédiates», car elle a cru entendre des bruits de fond ressemblant à des coups de feu.
On nous dit qu'il nous faut davantage de cas similaires. Une loi sur les «discours de haine» est en cours d'élaboration et ne fera qu'aggraver la situation. Le projet de loi australien controversé de lutte contre l'antisémitisme, la haine et l'extrémisme semble conçu spécifiquement pour amplifier considérablement l'ampleur, la fréquence et les conséquences de ce type de situation, et pour éradiquer toute opposition à Israël dans le pays.
Voilà à quel point la panique australienne autour de l'«antisémitisme» est déjà disproportionnée. On peut très bien être assis là, sans rien dire ni faire, et se retrouver arrêté et poursuivi pour incitation à la haine antisémite. Les autorités en ont le pouvoir actuellement, en vertu des lois existantes. Ce projet de loi est présenté comme une affirmation selon laquelle notre système actuel, terriblement tyrannique et abusif, est insuffisamment autoritaire et tyrannique, et que les procureurs ont besoin de davantage de pouvoirs pour contrôler la liberté d'expression avec beaucoup plus de fermeté.
La police a traduit en justice une jeune femme de Meadowbank, l'accusant d'avoir laissé un message vocal antisémite à une nutritionniste réputée.
On demande aux Australiens de faire confiance à un système qui poursuivrait en justice une femme handicapée mentale pour un simple appel accidentel à une personne de confession juive ayant le pouvoir d'emprisonner des individus pendant des années pour leurs opinions politiques. Et cela se produit après des années passées à observer les autorités australiennes mettre en place des mesures autoritaires pour étouffer toute critique d'Israël et réprimer les manifestations contre un génocide en cours.
C'est de la folie, et il faut y mettre un terme immédiatement. Ce pays tout entier a perdu la raison.
L'attaque de Bondi n'est pas la cause, c'est le prétexte. Toutes ces lois mises en place pour étouffer toute critique d'Israël en Australie étaient prévues depuis des années avant la fusillade.
Immédiatement après l'attentat du mois dernier, j'ai tweeté : «Peu d'informations sur la fusillade de Bondi pour l'instant, mais on peut supposer sans trop se tromper qu'elle servira de prétexte pour cibler les militants pro-palestiniens et interdire davantage toute critique d'Israël en Australie, comme c'est le cas de plus en plus fréquemment dans ce pays depuis deux ans».
Ils auraient pu me donner tort, mais au lieu de cela, ils n'ont fait que me donner raison. Les efforts frénétiques déployés ces dernières semaines pour réprimer les manifestations contre le génocide et faire taire toute critique d'Israël et du sionisme l'ont clairement démontré.
Labor is rushing a 144-page omnibus mess through parliament with just 48 hours for public submissions. Communities are fearful this is designed to criminalize people calling out genocide in Gaza. You have my word that we won't let Labor silence dissent.- David Shoebridge (@DavidShoebridge) January 15, 2026
Il n'y a aucun lien entre les manifestations pro-palestiniennes et l'attentat de Bondi. Aucun. Cela n'avait rien à voir avec les Palestiniens, ni avec les manifestations contre le génocide. C'est une allégation totalement inventée que les partisans d'Israël répandent en Australie à force de répétition. Ils font semblant d'y croire pour servir les intérêts informationnels d'un État d'apartheid génocidaire.
Les partisans d'Israël ont recours à la propagande, à la tromperie, à la censure et à l'oppression pour faire avancer leurs intérêts, car c'est tout ce dont ils disposent. Ils n'ont ni vérité, ni arguments, ni morale. Seule la force brute compte. Ils nous imposent leur soutien à Israël et à ses atrocités, que cela nous plaise ou non, et si nous refusons ce qu'ils nous inculquent, ils nous puniront. C'est leur seul outil.
Il faut s'y opposer farouchement. Plus Israël et ses alliés s'attaquent à notre droit de nous opposer à leurs exactions, plus nous devons les combattre avec vigueur. Nous ne luttons plus contre la guerre et le génocide au Moyen-Orient, mais contre une atteinte à nos propres libertés civiles. C'est une affaire personnelle. Ils nous attaquent directement.
source : Caitlin Johnstone via Marie-Claire Tellier
