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Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, lors d'une conférence de presse à Bruxelles le 20 mars 2025 [Photo d'illustration].
Lors d'un discours à Davos, ce 20 janvier, la chef de la Commission européenne a plaidé l'unité entre Européens et Américains sur le dossier de l'Arctique, sur fond de crise autour du Groenland. Un territoire où, a-t-elle assuré, les Européens planchent sur une «augmentation massive» de leurs investissements.
« Nous plonger dans une spirale descendante dangereuse ne ferait qu'avantager les adversaires que nous sommes tous deux déterminés à tenir à l'écart de notre paysage stratégique ». Lors de sa prise de parole à la tribune du Forum économique international (WEF), dont le rendez-vous annuel à Davos débute ce 20 janvier, la présidente de la Commission européenne a tendu la main aux États-Unis sur le dossier du Groenland où Donald Trump ne cesse de brandir la présence russe présumée pour justifier ses visées.
« Nous considérons le peuple américain non seulement comme notre allié, mais aussi comme notre ami », a-t-elle affirmé tout en invoquant une réponse « ferme, unie et proportionnée » des Européens. Européens qui, d'après elle, travailleraient à un « ensemble de mesures visant à soutenir la sécurité dans l'Arctique ». En l'occurrence, a détaillé Ursula von der Leyen, une « augmentation massive des investissements européens au Groenland», dont la « souveraineté et l'intégrité de leur territoire ne sont pas négociables ».
«La sécurité de l'Arctique ne peut être assurée qu'ensemble»
« Je pense en particulier que nous devrions consacrer une partie de l'augmentation de nos dépenses de défense à la mise en place d'une capacité européenne de brise-glace et d'autres équipements essentiels à la sécurité dans l'Arctique », a-t-elle notamment avancé. Invoquant la « sécurité commune », la présidente de la Commission européenne a également appelé à « collaborer avec tous nos partenaires régionaux ».
« L'Europe est pleinement engagée en faveur de la sécurité de la région arctique », a-t-elle encore plaidé face aux menaces américaines planant sur le Groenland, assurant « nous partageons d'ailleurs les objectifs des États-Unis à cet égard » et évoqué la vente aux États-Unis de brise-glaces par la Finlande, « un des tout nouveaux membres de l'OTAN ». « Nos membres nordiques de l'OTAN disposent actuellement de forces prêtes à intervenir dans l'Arctique », a-t-elle encore avancé, insistant sur cette «sécurité de l'Arctique» qui ne saurait être, selon elle, « assurée qu'ensemble ».
Ces déclarations surviennent alors que la tension monte entre les deux rives de l'Atlantique autour du Groenland, territoire danois que Donald Trump a assuré à maintes reprises que les États-Unis en prendraient le contrôle, par la force si nécessaire. Le président américain a récemment confirmé son intention d'imposer dès le 1er février des droits de douane à huit pays du Vieux continent, dont la France, si aucun accord n'était conclu sur le Groenland.